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Pakistan : le meurtre d'un couple de chrétiens, « un crime inacceptable »

Flickr / MEP

Pakistan Masih

Eglises d'Asie - Publié le 05/11/14

Le Premier ministre promet une réaction ferme après l’assassinat d’un couple de chrétiens accusés de blasphème, lynchés et brûlés vifs par une foule déchaînée.

Au lendemain de l’assassinat d’un couple de chrétiens accusés de blasphème et morts brûlés vifs dans un four de la briqueterie qui les employait (Aleteia), le Premier ministre Nawaz Sharif a dénoncé « un crime inacceptable », précisant qu’« un Etat responsable ne pouvait tolérer qu’une foule se livre au lynchage au grand jour et dans l’impunité ». Il a appelé le ministre-président du Pendjab, où l’incident s’est produit, à se montrer « ferme » dans l’application de la loi afin de « punir ceux qui portent la responsabilité de cet acte ». Sur place, la police a interpellé une quarantaine de personnes et des forces de l’ordre ont été déployées pour assurer la sécurité des villages et quartiers habités par les chrétiens.

Parents de trois enfants, ils attendaient le quatrième
Selon la presse pakistanaise, la mort du couple de chrétiens a eu lieu hier, 4 novembre. Mariés depuis quelques années, parents de trois enfants, Shahzad Masih, 26 ans, et son épouse, Shama Masih (1), 24 ans (les âges varient selon les sources), s’étaient installés dans le village de Chak 59 (2), non loin de la petite ville de Kot Radha Kishan, à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Lahore, capitale du Pendjab. Ils avaient trouvé à s’employer dans une briqueterie appartenant à un musulman – un emploi caractéristique de ceux dans lesquels sont cantonnés les membres des minorités religieuses et les plus pauvres de la société pakistanaise. Shama Masih était enceinte de son quatrième enfant.
Dimanche 2 novembre, Shama Masih était occupée à nettoyer l’habitation de son beau-père, décédé il y a peu, et brûlait des vieux papiers considérés par elle comme inutiles (3). Constatant la scène, un contremaître de la briqueterie, Muhammad Afzal, a accusé la jeune femme de brûler des pages du Coran, un acte criminel selon le Code pénal pakistanais – qui prévoit la peine capitale pour toute offense faite à Mahomet et la prison à vie pour toute profanation du Coran. Criant au blasphème, le contremaître a alors rameuté des habitants des environs et le couple de chrétiens a été enfermé dans un local de la briqueterie.

Une foule de trois à quatre cents personnes
Selon un autre témoin musulman cité par le chrétien et défenseur des droits de l’homme Sardar Mushtaq Gill, des annonces ont ensuite été faites au haut-parleur de la mosquée locale, accusant Shama Masih de blasphème. Une foule de trois à quatre cents personnes s’est rassemblée mardi, 4 novembre, pour extraire les deux jeunes chrétiens de leur cellule improvisée et les rouer de coups. La suite des événements n’est pas clairement définie. Selon certaines sources, le couple aurait été lynché à mort avant que leurs corps ne soient poussés dans un four de la briqueterie. Selon d’autres, les deux chrétiens étaient encore vivants lorsqu’ils ont été jetés dans le four. Selon Sardar Mushtaq Gill, qui s’est rendu sur place, « les corps ont été brûlés au point de les rendre méconnaissables ».

« Les lois anti-blasphème  doivent être réformées d’urgence »
Au Pakistan, les réactions ont été nombreuses après ce nouvel acte de lynchage à mort sous prétexte de blasphème. Du côté des autorités, outre la déclaration du Premier ministre, le ministre-président du Pendjab, Shahbaz Sharif, a mis sur pied un comité de trois personnes chargées de l’enquête et déclaré que « l’oppression des minorités et les meurtres dont elles sont l’objet devaient cesser ». Au plan international, Amnesty International a pressé les autorités pakistanaises de déférer devant la justice les coupables de la mort du couple et mis en cause les lois anti-blasphème, qui « doivent être réformées d’urgence, en pourvoyant une protection efficace contre leur usage abusif, jusqu’à leur éventuelle abrogation ».

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Tags:
loi anti blaspheme pakistan
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