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Florence Servan-Schreiber : « Pour être heureux, il faut créer, contribuer et transmettre »

David Bonhomme - Progressif Media
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Pour le blog Fabuleuses au foyer, Florence Servran-Schreiber, formatrice en psychologie positive et auteur des best-sellers « 3 kifs par jour » et « Power Patate », partage ses expériences de la maternité.

Avoir des enfants, est-ce que ça rend heureux ?
Florence Servan-Schreiber : Quand on demande aux femmes ce qui les rend heureuses, dans la majorité des cas elles répondent : les enfants. Or une enquête a mesuré le bonheur des femmes dans différentes situations (au travail, dans les transports, à la maison etc.), et il en ressort que le moment où les femmes sont le moins heureuses, c’est quand elles sont… avec leurs enfants !
La réponse n’est donc pas aussi simple que la question. En fait, le bonheur est fait de trois choses : le sens, le plaisir et l’engagement. Les enfants donnent du sens à une vie, c’est assez évident. Les enfants exigent beaucoup d’engagement. Or l’engagement est une source de satisfaction (on ne s’ennuie pas) mais aussi de pénibilité (on donne beaucoup). Donc du côté de l’engagement, le niveau de bonheur n’est pas au top. Être avec ses enfants ne procure pas toujours du plaisir… il faut le dire, il y a des moments où c’est très chiant ! Alors, est-ce qu’avoir des enfants, ça rend heureux ? Ce n’est ni tout blanc ni tout noir…

D’où vient cette frustration d’avoir envie d’être avec ses enfants, mais de ne pas y prendre de plaisir ?
F. S.-S. : Elle vient du fait nous ne sommes PAS QUE avec eux. Nous faisons plusieurs choses à la fois : être avec ses enfants tout en cuisinant, tout en faisant les courses, tout en planifiant son travail etc. C’est la multitude d’activités qui défie le temps qu’on passe avec nos enfants…
 
Faut-il alors faire des choses « en dehors des enfants » ?
F. S.-S. : Comme je l’explique dans Power Patate, notre responsabilité à chacun, c’est de vivre la vie qui est la nôtre et la vie qu’on a envie de vivre. Pour être heureux, il faut créer, contribuer et transmettre. On a chacune des particularités que l’on se doit d’exercer, que ce soit dans l’éducation des enfants et/ou dans notre travail et/ou nos activités extérieures. Soyez attentive à ce qui vous permet de faire du bien autour de vous : écrire, cuisiner, encourager… Trouvez quelles sont les capacités qui vous rendent spéciale. Donnez-vous à fond dans ces domaines.Que ce soit au sein du foyer ou à l’extérieur, avec ou sans les enfants, vous avez de belles choses à apporter au monde.

Pour vous, c’est quoi être une maman ?
À la naissance de mon premier-né, Arthur, c’est comme si tous les domaines de ma vie passaient en vrac à la machine à laver. Professionnellement, j’étais dans un monde masculin. Après le congé maternité, je suis retournée travailler comme si rien ne s’était passé, comme si je n’étais pas la personne que j’étais en train de devenir. Le monde avait continué sans moi. J’étais complètement déconnectée mais j’étais contente de revenir. C’était important pour moi de retrouver cette étiquette professionnelle. Quand on me demandait : « qu’est-ce que tu fais dans la vie ? », j’étais incapable de répondre : « je suis maman. » Pour certaines femmes, « être maman » donne un rôle suffisant. Moi, je n’ai pas été élevée comme ça. Être maman « tout court » ne suffisait pas. Il fallait être une maman « qui écrit », une maman « qui milite », une maman « qui s’engage »…Être maman pour moi, c’était une occupation. J’accordais moins de valeur à ce métier (qui est en fait un sacré métier !), parce qu’il ne rentrait pas dans mes repères. C’était une activité non reconnue par moi-même. Deux ans et demie plus tard, j’ai eu Pénélope. Ca a été une révolution totale : « quelles valeurs vais-je transmettre à cette petite fille ? »  J’étais complètement larguée. Ayant été élevée par des parents féministes, j’ai fait une grande découverte : les garçons et les filles, ce n’est pas pareil…! C’est là que j’ai commencé à laisser grandir cette  personne à l’intérieur de moi, une personne plus « animale ». Je ne voulais pas être un petit soldat dans un univers masculin. J’ai quitté mon job. J’ai complètement pété mes plombs intellectuels parce que je voulais enseigner à Pénélope des valeurs créatives. J’avais besoin d’être plus libre. Je suis devenue rideaulogue* et j’ai même lancé une école de couture d’ameublement. Aujourd’hui, être maman pour moi, c’est perdre tous ses repères et accepter de devenir une nouvelle personne.

Fabuleuses au foyer est un blog collaboratif de mamans  lancé par Hélène Bonhomme en mars 2014. Sa mission : révéler la Fabuleuse en chaque maman. Huit chroniqueuses y partagent leurs humeurs et leurs astuces sur l’art d’être une maman qui aime sa vie au XXième siècle. Fabuleuses au foyer, c’est aussi une communauté de mamans sur Facebook et une newsletter au contenu inédit.

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