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Synode sur la famille : dans la droite ligne de la Nouvelle Evangélisation

© Sabrina Fusco

Alex et Maud Lauriot Prévost - Publié le 21/10/14

Bien au-delà des sujets polémiques, le rapport final du synode dessine une forte ambition évangélisatrice des pères synodaux pour les familles et par les familles.

Alors que vient de se conclure le Synode extraordinaire sur la famille, il nous parait opportun de souligner sans tarder le caractère très missionnaire et novateur de nombreux passages du rapport final approuvés par les pères synodaux ce samedi : tous ceux qui sont impliqués ou concernés par la pastorale conjugale et familiale relèveront que ce premier synode du pape François est fortement empreint de son soucis constant d’annoncer  avec beaucoup de conviction, de bienveillance et d’attirance, l’essentiel de Evangile de la famille aux périphéries, à ceux qui ne croient pas ou ne croient plus, à ceux qui ne correspondent aux ‘normes’.

La mission assignée à l’Eglise
Cette ligne est dans la droite ligne de la Nouvelle Evangélisation, le fil conducteur majeur de la mission assignée à l’Eglise depuis 1975 par les papes successifs et désormais par une grande majorité de cardinaux et d’évêques dans le monde entier.
Nous avons sans doute suivi ou tout au moins été informés des débats ouverts et assez ‘toniques’ de ce synode durant ces 15 jours et, particulièrement, des 3 paragraphes du rapport final non approuvés par la majorité des 2/3 des pères synodaux, et qui portent sur la question des divorces remariés et des homosexuels  : cela va occuper (sinon monopoliser) le devant de la scène médiatique profane et même catholique ces prochaines semaines, et sans doute toute l’année avant le Synode 2015, tant une certaine presse – pour attirer le chaland – attise ces polémiques stériles traitées le plus souvent sous un angle très étroit ou biaisé, dans lequel beaucoup veulent nous y enfermer; le pape François a d’ailleurs refusé très clairement de se prêter à ce petit jeu très mondain et a même fustigé dans son discours de clôture les travers et les tentations pernicieuses de ce faux débat[1].

Un fil conducteur : l’Evangile de la famille
Là n’est donc pas ici notre propos, mais au contraire, en vue de cette année de réflexion et de débat sérieux qui va se mettre en place dans l’Eglise et les diocèses durant toute cette nouvelle année, nous voulons attirer dès maintenant l’attention des baptisés et des pasteurs sur ce fil conducteur évangélisateur et novateur qui irrigue  une grande partie de ce rapport, et qui, selon nous, caractérise bien davantage la vraie nouveauté de la cuvée synodale 2014.
Voyons plutôt dans le détail (relevés non exhaustifs) :
-une affirmation assez explicite et condensée du kérygme appliqué au couple, de l’œuvre de bénédiction de Dieu et de Salut du Christ dans le sacrement du mariage, et donc par conséquence dans la famille qui est fondée sur lui (§ 15 et 16)
– la claire proposition à tous de l’Evangile de la famille pour répondre à l’urgence et au besoin d’une nouvelle évangélisation, au regard de la mission de tendresse, de miséricorde et de témoignage du kérygme dont l’Eglise est dépositaire pour tous (§ 29)
– la mise en évidence, plus explicite que dans des textes précédents du magistère, que l’Evangile de la famille correspond aux aspirations existentielles (souvent inconnues) des hommes et femmes de tout temps et donc d’aujourd’hui (§33), point d’appui majeur pour l’annonce explicite et universelle de cet évangile conjugal et familial
– la nécessité d’impliquer de manière bien plus conséquente les couples croyants dans cette annonce et, en premier lieu, par leur témoignage de vie et explicite, par une annonce ancrée dans cette  « expérience de l’Evangile de la famille » de la part de ceux qui le confessent et l’annoncent (§31 et 33)
– l’ancrage et l’appel à évangéliser des couples croyants à d’autres couples a sa source dans la sacrement de mariage lui-même (le texte parle même de « ministère »), et doit s’exercer en premier lieu dans les « églises de maison », c’est dans les familles elles-mêmes (§30), tant vis-à-vis des enfants que de ceux de l’extérieur qui y sont accueillis
– le caractère « libératoire », dans le sens existentiel et spirituel, du sacrement de mariage (§31) : le sacrement de mariage est bien plus qu’une bénédiction ou une reconnaissance religieuse officielle d’un engagement mutuel des époux, mais bel et bien  le don du Salut du Christ aux époux afin qu’ils reçoivent les grâces indispensables pour vivre durablement et fidèlement les promesses échangées durant leur mariage
– l’importance  de réviser profondément les méthodes missionnaires, c’est-à-dire de ne plus se focaliser sur la doctrine ou la morale dans la proposition de l’Evangile du Mariage, mais avant tout sur une annonce existentielle et kérygmatique qui soient des réponses aux vrais problèmes et souffrances des gens, qui corresponde à leur attentes et leurs besoins (§32) : en effet, un tel levier missionnaire donne beaucoup de fruits apostoliques au travers d’une telle première annonce
– l’impératif d’un renouvellement radical de la pastorale familiale (§32 et 37), et notamment par la « remise à plat » de la préparation au mariage dans une perspective missionnaire, et la proposition des parcours de type initiation baptismale, qui s’appuient en particulier sur le témoignage crédible de couples  chrétiens (§39)
– la nécessité de réfléchir sérieusement avant le prochain synode à l’inclusion de la foi comme un des critères de reconnaissance de la validité d’un mariage sacramentel (proposition déjà avancée à plusieurs reprises par le cardinal Ratzinger, puis Benoit XVI depuis 15 ans) (§ 48) : comment en effet peut opérer concrètement l’œuvre de Salut du Christ reçu dans le sacrement de mariage sans le levier de la foi des époux ?…
– l’importance de voir les situations « non conformes » (cohabitation, mariage uniquement civil…), non comme des contraintes  ou des écueils à l’annonce de l’Evangile du Mariage, mais au contraire, comme de vraies opportunités missionnaires (§ 42 et 43) où doivent s’impliquer des couples attrayants pour témoigner (§ 44), en s’appuyant sur les ressorts existentiels et l’aspiration de tous les couples à vivre – de fait – un lien conjugal et familial tel que le proposent l’Eglise et l’Evangile du Christ.

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evangelisationFamille
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