Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Démarrez la journée avec la newsletter d'Aleteia
Je m'abonne gratuitement !

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

Le bienheureux Paul VI, serviteur souffrant, roseau dans les tempêtes

© Archives CIRIC
Partager

C’est un homme fort de ses faiblesses qui aura subi un martyre non sanglant que l’Eglise béatifie ce 19 octobre. Alors que l’histoire, peu à peu, rend justice au pontife.

Le 6 août 1978, fête de la Transfiguration, Paul VI ne put prononcer devant les pèlerins de Castel Gandolfo  la prière qu’il avait préparée pour l’angélus. Le soir même, épuisé, miné par la maladie, il s’éteignait dans la résidence d’été des papes. Quelques années plus tôt, il avait écrit dans son testament : « Je fixe mon regard avec une humble et sereine confiance vers le mystère de la mort et de ce qui l’accompagne dans la lumière du Christ qui seul l’illumine. » (1)
Humble et confiant, Jean-Baptiste Montini le fut assurément tout au long de sa vie. Mais c’est sans doute dans la mort qu’il obtint la sérénité que son esprit inquiet et sa santé déficiente lui avaient dérobée depuis sa jeunesse. L’itinéraire largement méconnu de ce fils de notables de Brescia, devenu grâce à ses dons intellectuels et à son ardeur au travail au service d’une foi indéfectible, l’indispensable collaborateur de Pie XII (qui, pourtant, ne le ménagea pas), est opportunément retracé par Christophe Henning (2).

Comme saint Paul, « l’apôtre des gentils »,  sous le patronage duquel il plaça son pontificat, Paul VI fut fort dans la faiblesse. Plongé dans les tempêtes inouïes du XXe siècle, il éprouva jusqu’à l’extrême de sa sensibilité féminine les douleurs de l’enfantement du monde contemporain : « Paul VI sentait, s’angoissait, souffrait, comme les modernes » a écrit son ami Jean Guitton. Mais il épousa la souffrance au lieu de la fuir, prenant à la suite du Christ Jésus « courageusement la route de Jérusalem » : celle « du grand mouvement de l’humanité : elle va vers une destination …sans doute redoutable », commentait le cardinal Lustiger (« Paul VI à travers son enseignement » cité par Christophe Henning).  Aussi fut-il aussi, comme son patron de baptême, Jean-Baptiste, le précurseur traçant pour tous ses successeurs la voie de la papauté moderne. Premier pape à sortir du Vatican depuis un siècle pour voyager, premier pape à prendre l’avion, premier pape depuis  saint Pierre à se rendre en Terre Sainte, premier pape à s’exprimer à l’ONU, il inaugura une autre façon d’être pape jusque dans la symbolique : abandon de la tiare, adoption de la férule avec un crucifix qu’ont reprise ses quatre successeurs.
Il leur légua aussi l’ouverture au monde, l’œcuménisme, le dialogue interreligieux, les appels à la paix, voix criant dans le désert, inlassablement, chargées « de dire, non de faire croire », comme disait Bernadette.
Il hérita du Concile Vatican II qu’il savait prophétique, inspiré à saint Jean XXIII par l’Esprit Saint, mais mal préparé, et le mena à son terme, vaille que vaille (1962-1965), alternant enthousiasmes et accablements. Il assista douloureusement à l’enfumage du Concile par ce qu’il nomma lui-même « les fumée de Satan ». Pourtant ce diplomate se montra inflexible pour imposer une réforme  liturgique elle-aussi improvisée qui a laissé des plaies ouvertes dans l’Eglise -comme ne l’a pas caché Benoît XVI- spécialement en France d’où est partie la révolte lefebvriste qui ne s’est plus éteinte.

Trois ans après la fin du Concile, la France, encore elle, déclenchait une révolution sexuelle et sociétale toujours à l’œuvre dans un mortel engrenage (pilule, avortement, libéralisation du divorce, pacs, mariage homosexuel, euthanasie, car tout cela est lié).  Mais 1968 fut pour l’Eglise universelle et pour le monde, celle de la profession de foi d’un pape rectifiant ses frères égarés avec son Credo proclamé trois jours après l’hérétique Catéchisme hollandais (juin 1968), suivi de l’encyclique Humanae Vitae publiée au cœur de l’été.
Ce ne fut pas une tempête, mais un tsunami ! De bas en haut de l’Eglise, jusque dans l’entourage du pape, et bien sûr dans les medias, on cria son incompréhension, on propagea la révolte. Par une intense campagne d’opinion menée depuis des années, tout le monde ou presque, et nombre d’évêques, des épiscopats entiers, s’étaient persuadés que ce pape moderne allait dire oui à la pilule, concéder la pratique de la contraception. Même la commission de théologiens, de cardinaux et d’évêques chargés  par le pape de dégager l’avis majoritaire sur la licéité de la contraception venait de la déclarer conforme à la doctrine de l’Eglise.

Pages: 1 2

Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]