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Ebola : quand ceux qui mouraient étaient noirs…

AP

Au Sierra Leone lors du pic de la fièvre hémorragique en 2014.

Inma Alvarez - Publié le 09/10/14

Il suffit que l'Espagne signale le premier cas d’Ebola hors d’Afrique pour qu'un vent de panique souffle sur le pays et l'Europe.

Le virus Ebola sème la panique en Espagne : ce lundi, lors d’une conférence de presse, le gouvernement espagnol a informé le monde entier du premier cas de contamination hors de l’Afrique. Une aide-soignante qui avait soigné le missionnaire Manuel García Viejo, l’un des centaines de héros qui luttent en Afrique contre la terrible maladie et a été rapatrié pour lui permettre de mourir chez lui, a contracté le virus dans le même hôpital. 

Une vague de panique a déferlé sur le pays : la ministre de la Santé est apparue avec cinq autres fonctionnaires pour expliquer  l’inexplicable, offrant le spectacle honteux  de responsables se renvoyant la balle les uns aux autres. Les infirmières et  autres membres du personnel de l’hôpital  écrivent de façon anonyme aux médias pour dénoncer les improvisations et les maladresses commises par les autorités sanitaires, en admettant un patient  dans un hôpital sans les équipements adéquats ni la formation nécessaire. L’opposition politique saute sur l’occasion… 

Pendant ce temps, la majorité des Espagnols se demande avec effroi si cette nouvelle peste noire va ravager le pays, et proteste contre un gouvernement qui a pris le risque de faire entrer la maladie dans le pays, pour faire bien devant l’opinion publique. Ceux qui ont vitupéré contre l’ « insensibilité » du gouvernement  qui hésitait à rapatrier les missionnaires qui luttent contre le virus Ebola, à présent déplorent leur « irresponsabilité » parce que, après tout, si ces missionnaires ont été là-bas, c’était leur affaire, non ? Ils l’ont voulu.  Ah, la peur

L’Occident ne s’est guère soucié de l’Afrique
Oui, il faut établir les responsabilités pour ce qui s’est passé. Oui, c’est gravissime. Les Espagnols ont raison d’avoir peur, leur réaction est tout à fait compréhensible. Mais regardons au-delà : l’Afrique saigne depuis le début de cette année, et lance des appels à l’aide depuis des mois pour lutter contre le virus. Avons-nous couru pour aider cette partie de l’humanité qui agonise ? Les gouvernements se sont-ils solidarisés  et ont-ils envoyé des aides suffisantes ? Les multinationales pharmaceutiques ont-elles  étudié les vaccins possibles pour aider à combattre le mal? Ont-elles consacré des ressources ? L’opinion publique s’est-elle suffisamment émue ? Bref, avons-nous pleuré en voyant que des êtres humains comme nous mouraient par milliers ? L’OMS a averti que nous assisterions à une pandémie aux proportions gigantesques, que le mal pourrait s’étendre. Mais cela se passait en Afrique, et l’Occident n’avait pas à s’en faire. C’est la triste réalité. Le cynisme et la peur conduisent à chercher des boucs émissaires, qui nous justifient. Mais la vérité est que si le mal avait été combattu là-bas, il ne serait pas arrivé ici. Si les peuples du tiers-monde avaient eu de l’importance pour nous, nous serions allé les secourir et nous aurions concouru à notre propre sécurité. Et c’est pareil avec le virus Ebola, avec l’islamisme, avec la faim, avec la sécheresse…

Le mal s’est glissé par la serrure
Mais non, nous avons fermé la porte, et le mal s’est glissé par la serrure. Il s’est introduit dans le corps d’un missionnaire qui voulait juste mourir chez lui. Mais cela aurait pu être dans celui d’un touriste, d’un immigrant ou d’un marchand d’armes. Aujourd’hui c’est le virus Ebola, demain autre chose, peut-être pire. Et nous n’apprenons pas; notre égoïsme est notre faiblesse. Tant que nous nous désintéressons d’une partie de l’humanité, nous courons le risque de saigner à mort de leurs blessures sans nous en rendre compte. Et maintenant, certains Africains auraient raison de penser : "ah, maintenant, vous aussi, vous avez peur…"

Traduit de l’édition hispanophone d’Aleteia par Elisabeth de Lavigne

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