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Synode sur la famille: un couple marié depuis 30 ans témoigne

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aleteia - Publié le 04/10/14

À la veille du synode, Radio Vatican a rencontré Maud et Alex Lauriot Prévost, mariés depuis 30 ans, parents de cinq enfants, sont délégués épiscopaux à la Nouvelle Evangélisation du diocèse d’Avignon.

Pour le coup d’envoi du synode sur la famille ce dimanche, évêques, prêtres, laïcs et experts du monde entier affluent à Rome. Pendant deux semaines, ils débattront ensemble des défis qui se posent aux couples et aux familles, à l’aune des mutations économiques et sociales des sociétés contemporaines.

Préparation au mariage, accompagnement des couples, communion des divorcés-remariés, contraception, etc. : autant de thématiques brûlantes, sur lesquelles l’Eglise est attendue, autant par les fidèles que le clergé. Manuella Affejee, de Radio Vatican, a rencontré un couple chrétien engagé. Maud et Alex Lauriot Prévost, mariés depuis 30 ans et parents de cinq enfants, sont délégués épiscopaux à la Nouvelle Evangélisation du diocèse d’Avignon.

Que regard portez-vous sur ce synode sur la famille ?
Maud et Alex Lauriot :
Il y a un premier point important, c’est que l’Église et les pères synodaux ne se laissent pas enfermer dans questions qui sont plutôt internes à l’Église mais mobilise vraiment l’Église sur une vraie Évangélisation de l’amour conjugal. Le Pape François tient beaucoup à cet aspect de l’Évangélisation. Que ce synode soit vraiment une mobilisation de toute l’Église et une sensibilisation à l’aspect de l’Évangélisation en profondeur du couple. Aujourd’hui, le couple est malade et cela rend la famille malade. Il faut vraiment conduire à la guérison du couple et c’est pour cette raison qu’il faut vraiment le conduire à Jésus sauveur.

Qu’attendez-vous de ce synode sur la famille ?
Maud et Alex Lauriot : La chose la plus importante que nous attendons de la part de ce synode, c’est qu’il dissipe le quiproquo entre l’Église et le monde sur la question de la sexualité. Le monde perçoit le langage de l’Église sur la sexualité et le mariage comme repoussant alors qu’il est complètement dilatant, libérant, guérissant. Il faut dissoudre ce quiproquo. Et au contraire, que l’Église se mobilise dans une annonce kérygmatique. Le Pape François insiste beaucoup sur ce point pour que cet accueil de la bonne nouvelle du Christ soit dilatant, soit un « plus » dans la vie conjugale et dans la vie sexuelle de nos contemporains alors que cela est perçu exactement comme le contraire.

On le voit souvent, on le dit souvent et on l’entend souvent,  l’Église peine à prendre la mesure de certaines réalités au sein des couples et des familles. Certains parlent même d’un véritable fossé entre la doctrine de l’Église en termes de chasteté, de contraception et de communion pour les divorcés-remariés et les réalités existantes. Qu’en pensez-vous ?
Maud et Alex Lauriot : Je pense que sur ces sujets, on s’est souvent vraiment laissé enfermer dans un échange stérile, un débat entre ce qu’on pourrait appeler des « conservateurs » et des « progressistes ». Les uns se crispent sur la rigueur dogmatique, au risque de tomber dans un pharisaïsme et un élitisme qui est non-évangélique et les autres, sous prétexte d’ouverture et de miséricorde, ouvrent un champ au relativisme et finalement contredisent les paroles de Jésus. Pour nous, le pharisaïsme comme la mondanité, ce sont deux attitudes qui sont néfastes dans ce débat et que dénonce d’ailleurs avec force le Pape François. Nous sommes persuadés, parce que nous le vivons, que l’Église prend tout à fait la mesure des difficultés actuelles des couples et des familles. Le problème n’est pas là. Le problème, c’est la façon d’y répondre. L’Église se trouve encore trop dans une réponse partielle et périphérique. Par exemple, dans la préparation au mariage, on construit très rarement des pastorales qui sont évangélisatrices et qui ont pour but de conduire le couple au Christ. Un autre exemple, c’est que dans les conflits conjugaux, on reste très souvent à un accompagnement psychologique ou des outils de communication. On ne conduit pas le couple à goûter le cœur de l’expérience du mariage chrétien. Et qu’est-ce que ce cœur ? Jésus vient nous sauver et se donne dans le sacrement du mariage pour être celui qui guérit, qui libère et qui dilate nos couples. Donc, toute la question, c’est plutôt qu’est-ce qu’on propose et comment on le propose. Ca renvoie finalement au cœur de ce qu’est ou n’est pas le sacrement du mariage. Est-ce que c’est juste un mariage civil saupoudré de quelques rites religieux et de quelques valeurs ou est-ce que c’est vraiment un baptême conjugal, comme le disait Jean-Paul II, qui donne au couple la vie même de Dieu, les dons de Dieu pour les rendre capables d’accomplir ce à quoi ils s’engagent ?

Au final, ne pensez-vous pas que le modèle de l’Église en termes de couples et de familles n’est pas trop idéaliste par rapport à la situation réelle contemporaine de nos sociétés ?
Maud et Alex Lauriot : Nous sommes absolument certains que non. L’Église n’est pas idéaliste. Pourquoi ? Parce qu’elle rejoint la soif existentielle de chacun. Pourquoi ? Parce qu’on est tous marqué par cette image de Dieu. On a tous soif d’un amour qui soit aussi intense que l’amour trinitaire parce qu’on a été fait comme cela. Donc, tout être porte en lui cette attente, cette soif-là. Par contre, là où nous avons peut-être un progrès à faire, c’est que comme disait Jean-Paul II « Ne rabaissons pas le sommet mais éclairons le chemin ». Nous avons une œuvre de pédagogie à faire, intégrer vraiment le temps qu’il faut pour que les personnes arrivent à découvrir la totalité de la bonne nouvelle du mariage. Effectivement, c’est plutôt un travail de pédagogie que nous avons à faire pour apprendre à chacun à grandir dans un amour qui croît et dans un mariage qui devient de plus en plus sûr.

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Tags:
Famille

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