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Inde : Assez d’appels à la haine !

Eglises d'Asie
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Chrétiens et musulmans unissent leurs voix pour demander au gouvernement une politique de « tolérance zéro » face aux tensions intercommunautaires.

Samedi 27 septembre dernier, alors que le Premier ministre Narendra Modi entamait une visite de cinq jours aux Etats-Unis, une trentaine d’organisations chrétiennes et musulmanes de la société civile ont tenu un meeting à New Delhi pour dénoncer la montée des tensions interreligieuses dans le pays depuis l’arrivée au pouvoir du leader nationaliste hindou et exiger de son gouvernement une politique de tolérance zéro en matière de tensions intercommunautaires (photo).

Musulmans et chrétiens dans le collimateur du gouvernement
« Nous espérions que la rhétorique venimeuse en usage lors de la campagne électorale prendrait fin avec la déclaration des résultats [électoraux], et la formation d’un nouveau gouvernement à New Delhi. Mais les cent premiers jours du nouveau régime ont vu une hausse allant crescendo des discours de haine dirigés contre les musulmans et les chrétiens. Leur identité est moquée, leur patriotisme mis en doute, leur citoyenneté questionnée, leurs croyances tournées en dérision », peut-on lire dans le communiqué publié par la trentaine d’instances chrétiennes et musulmanes organisatrices de la manifestation.

La haine et les menaces se propagent comme un incendie
Un rapport de 92 pages a été rendu public à cette occasion. Intitulé Report on Attacks on Minorities, compilé par le catholique John Dayal, secrétaire général du Conseil chrétien pan indien, ce texte recense plus de 600 incidents qui se sont produits dans toute l’Union indienne entre le 16 mai 2014, date de la victoire historique des nationalistes hindous lors des dernières élections législatives, et septembre 2014 (1). Il identifie en particulier le fait que les actions violentes menées à l’encontre des minorités religieuses connaissent un pic dans les territoires où une élection locale ou partielle doit avoir lieu. Il précise également que ces violences touchent désormais des régions rurales où, jusqu’ici, chrétiens, musulmans et hindous vivaient en bonne intelligence. Il analyse enfin que les violences, les discours de haine et les menaces ne visent plus seulement les membres des minorités religieuses mais prennent aussi pour cible les acteurs de la société civile, les universitaires et les membres des professions juridiques dans le but de faire pression sur eux et de les réduire au silence.

Le rapport met ainsi en évidence des violences répétées contre les musulmans et leurs lieux de culte en Uttar Pradesh et au Maharashtra, contre les chrétiens en Uttar Pradesh à nouveau, ainsi qu’au Madhya Pradesh et au Chhattisgarh. Il signale que les milieux hindouistes font circuler des appels à « nettoyer » telle ou telle région des chrétiens qui y habitent à l’occasion de dates-clefs, tel le jour de Noël. Il dénonce le fait que l’appareil étatique, la police en particulier, ne fait pas son travail et en vient à arrêter les victimes des attaques à caractère religieux plutôt que de pourchasser les agresseurs.

L’impartialité du Premier ministre est en cause
Pour les responsables chrétiens et musulmans réunis ce samedi à New Delhi, l’appel lancé le 15 août dernier, à l’occasion d’Independence Day, la fête nationale, par le Premier ministre ne suffit pas. Ce jour-là, Narendra Modi a désigné le communautarisme et l’esprit de caste comme autant d’obstacles au progrès en Inde, et a appelé à « un moratoire de dix ans » pour que l’Inde se débarrasse des violences commises au nom du communautarisme et de l’esprit de caste. Les responsables chrétiens et musulmans répondent en disant qu’un moratoire de dix ans « ne suffit pas ». Ce qu’il faut, ont-ils déclaré, c’est « la fin » des violences ciblant les minorités religieuses, et ils appellent pour cela le Premier ministre à se dissocier des organisations qui incarnent l’extrémisme hindou, telle le Sangh Parivar (2).

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