Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Et si vous receviez de bonnes nouvelles chaque matin ? Inscrivez-vous à la newsletter d'Aleteia !
Je m'inscris!

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

Etat islamique : quel danger pour la Jordanie ?

© yousef Allan / Chatham House CC
https://www.flickr.com/photos/chathamhouse/6436574483
Partager

De nombreux experts et politiques jordaniens redoutent des représailles islamistes face à l’engagement du royaume hachémite dans la coalition anti-Daech.

Le roi Abdallah II de Jordanie semble prendre au sérieux les ambitions expansionnistes du pseudo-califat. Il s’est placé la semaine dernière au premier rang de la coalition internationale anti-EI (Etat islamique). La Jordanie s’est ainsi associée aux bombardements américains en Syrie mercredi dernier, et a accueilli samedi dans une de ses bases six chasseurs-bombardiers F-16 en provenance de Belgique. 

Mais tandis que le roi promet que son pays continuera à « déployer tous les efforts pour lutter contre le terrorisme, cerner les terroristes et assécher leurs sources» de financement, de nombreux analystes et membres du gouvernement jordanien redoutent de graves représailles sur le territoire, qui confine avec la Syrie et l’Irak. Début septembre déjà, une vingtaine de députés avaient demandé au roi de ne pas impliquer le royaume dans le conflit contre Daech.
« Certaines cellules pourraient mener des attaques en représailles », a averti Hassan Abou Hanieh, expert des groupes islamistes, rappelant les attentats suicide perpétrés par des membres d’Al-Qaïda contre trois hôtels d’Amman en 2005, et qui avaient fait 60 morts.

Les services de sécurité jordaniens ont en outre annoncé dimanche, selon l’agence de presse Chine Nouvelle, l’arrestation de onze membres de l’EI accusés de préparer des attentats « contre des institutions vitales afin de semer l’anarchie dans le pays ».
 
Consulté par Radio Vatican sur les dangers concrets entourant le royaume hachémite, Jalal al-Husseini, chercheur à l’Institut français du Proche-Orient à Amman, a dans un premier temps validé les inquiétudes concernant une éventuelle riposte djihadiste : «Des milliers de djihadistes jordaniens sont allés s’engager non seulement auprès de l’Etat islamique mais surtout auprès du front Jabhat al-Nosra, qui compte 2000 jordaniens. C’est le retour, à terme, de ces djihadistes aguerris sur le territoire national qui pose problème», a-t-il averti.

La ville de Maan notamment, située au sud du pays et marginalisée par les autorités locales depuis la création du Royaume, constituerait un bastion de l’intégrisme religieux. L’on redoute ainsi une infiltration de djihadistes par cette ville en mal d’offre politique et en proie à une agitation sociale depuis des années, faisant le lit de Daech. Il n’y a donc rien de surprenant à voir fleurir des drapeaux noirs sur plusieurs maisons de Maan…
 
Néanmoins, comme le souligne également Jalal al-Husseini, la Jordanie demeure un pays solide, peu enclin à se laisser déstabiliser par le terrorisme : « Ce qui empêche la Jordanie de devenir un foyer d’instabilité est d’une part le fait que sa population soit sunnite. Elle est relativement homogène, ce qui éloigne les risques de divisions religieuses, que l’on connaît déjà en Irak ou en Syrie. D’autre part, la vie politique dans le pays est peu dynamique, le seul parti de masse véritablement structuré est incarné par les Frères musulmans, mais ils n’ont pas le vent en poupe et ne sont pas non plus djihadistes. La Jordanie offre très peu d’espace et de prise aux mouvements déstabilisateurs. Elle applique une politique répressive à l’égard extrémistes religieux, et tout djihadiste soupçonné de vouloir rejoindre les rangs de l’EI ou d’Al-Nosra risque la prison.»
Dans un communiqué publié dimanche soir, le ministre de l’Intérieur Hussein al-Majali a pour sa part estimé « infondées » les rumeurs de représailles islamistes sur le territoire, précisant néanmoins qu’il prenait celles-ci « très au sérieux ».

Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]