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« Mariage pour tous » : une épine dans le pied de l’UMP

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S’il a soudé la Gauche tout en l’affaiblissant, le « mariage pour tous » divise la Droite classique où beaucoup aimeraient que l’on parle d’autre chose…Avec la PMA/GPA, le sujet est pourtant incontournable et reste d’une brûlante actualité.

Personne n’est près d’oublier l’esquive de Nicolas Sarkozy à propos de la loi Taubira, le soir du 21 septembre sur France 2, lors de l’interview inaugurale de son retour sur la scène politique : « Croyez-vous qu’avec le nombre de chômeurs, c’est le problème essentiel? » (Aleteia). Deux jours plus tard (23 septembre), l’avis de la Cour de cassation reconnaissant l’adoption de «bébés Thalys», c’est-à-dire conçus par PMA hors de France –où cette pratique est illégale pour des personnes de même sexe- démontrait, s’il en était encore besoin, que le « mariage pour tous »  conduit inéluctablement via le droit à l’adoption, à la PMA puis à la GPA, autrement dit à la « chosification » de l’enfant et à la marchandisation des corps. C’est bien ce que les « braves gens », comme dit Nicolas Sarkozy, participant aux Manifs pour tous crient dans les rues depuis deux ans tandis que Christiane Taubira le déniait avec aplomb à la veille du vote de la loi, alors qu’elle exulte aujourd’hui après l’avis de la Cour de cassation. (Aleteia)  Impossible de régler le problème de la marchandisation de l’humain sans abroger la loi Taubira et sa « réforme de civilisation ».

Mais voilà : nombre de leaders de l’opposition reculent devant l’obstacle, quand ils ne se disent pas ouvertement favorables au mariage gay. Si Hervé Mariton, candidat aux primaires de l’UMP, veut l’abrogation de la loi Taubira dans la suite logique de son engagement contre le mariage homosexuel dès la première « Manif pour tous », les principaux lieutenants de Nicolas Sarkozy tiennent des discours contradictoires : «Je veux qu’on abroge la loi Taubira», déclare Laurent Wauquiez au micro de Guillaume Durand sur LCI et Radio Classique mardi matin (23 septembre) ; «Je ne suis pas pour l’abrogation de la loi sur le mariage pour tous» affirme quelques minutes plus tard Nathalie Kosciusko-Morizet au micro de Jean-Jacques Bourdin (RMC – BFMTV). Bruno le Maire est sur la même ligne qu’elle. C’est aussi le cas d’Alain Juppé, l’un des principaux concurrents de Nicolas Sarkozy à la direction de l’UMP : il tient le « mariage pour tous » pour un acquis conforme à l’air du temps, mais soutient mordicus qu’il refuse la PMA et la GPA pour les couples homosexuels, comme, plus mollement, Nathalie Kosciusko-Morizet (« Ce n’est pas mon chemin »…). Dénégations tout à fait vaines puisqu’une fois admis le « mariage pour tous », la Cour européenne des droits de l’homme enjoint à la France de ne plus permettre aucune différence entre les couples hétérosexuels et homosexuels.

Mais abroger la loi Taubira, est-ce possible ? Oui, quoique très difficile, répond dans Le Figaro Guillaume Drago, spécialiste du contentieux constitutionnel : « D’un point de vue constitutionnel, l’abrogation est tout à fait possible. Ce qu’une loi a fait, une autre peut le défaire même si certains politiques jugent l’exercice périlleux du point de vue sociologique. Le Conseil constitutionnel n’a pas inscrit le mariage pour tous dans le marbre». Mais ce sera un parcours du combattant au bout duquel on retrouvera la Cour Européenne des droits de l’homme que pourraient saisir des couples homosexuels puisque, pour la CEDH, les personnes bénéficiant d’un statut identique doivent bénéficier des mêmes droits. Pour éviter ce couperet, « il faudrait donner aux couples de personnes de même sexe un statut proche de celui du mariage mais différent afin d’éviter d’être condamné pour discrimination » estime un autre juriste, Geoffroy de Vries. Ou alors, ajoute-t-il, « reconsidérer la participation de la France à la Convention européenne des droits de l’homme, le traité signé par les États membres du Conseil de l’Europe ».
Autant dire qu’une longue et difficile bataille s’engage qui passera peut-être par un référendum, comme l’envisage Hervé Mariton. Mais le combat en vaut la peine : il concerne la famille, l’enfant, l’humanité.