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Albanie : Les larmes du pape François face aux martyrs du communisme

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L'Albanie et ses martyrs ont touché le cœur du Pape. Il a pu rencontrer deux d'entre eux lors des vêpres en la cathédrale saint Paul.

L’Albanie, une terre de martyrs, un paradis athée à la cruauté sans limites… Le dictateur communiste Envier Hoxha, mort en 1985, avait banni toute religion en 1967. Sous ce régime, plus de 1800 églises ont été détruites, tandis que les autres étaient transformées en salles de danse ou en cinémas. Plus de 100 prêtres catholiques ont été exécutés, sont morts sous la tortures ou dans les camps de travail. Déjà bouleversé par les portraits des 40 martyrs du communisme qui ornaient le grand boulevard de Tirana, lors de son passage, le pape François a été ému aux larmes en écoutant deux témoignages forts, ceux d’un prêtre et d’une religieuse âgés de plus de 80 ans, qui ont connu les temps de la persécution et raconté leur histoire. « Cela a été très fort, a-t-il dit, nous étions tous émus. »

Dix huit ans de travaux forcés au nom du Christ
Le père Ernest Troshani, 84 ans, a raconté comment, après 8 ans de sacerdoce, il a été arrêté par quatre communistes. Jeté en prison, il y a passé "trois mois inhumains", frappé et torturé pour lui faire renier le Christ. Envoyés aux travaux forcés, condamné à mort mais sans être exécuté, lui qui a passé en tout 18 ans en prison avait gravé sur le mur de sa cellule : "Ma vie est Jésus". En prison, le père Troshani disait la messe en latin de mémoire, distribuait la communion et confessait en cachette.
Soeur Maria Kaleta, 85 ans, a quant à elle témoigné de l’appel du Christ qu’elle a entendu à l’âge de dix ans. Entrée chez les soeurs Franciscaines Stigmatines, elle a vu la maison fermée par les communistes sept ans après. Même sous le communisme, elle continuera d’annoncer le Christ, ressentant un grand désir de retrouver la messe et l’eucharistie. Elle aussi a vécu l’épreuve des travaux forcés, expliquant : "Je ne sais pas comment nous avons enduré tout cela, mais Dieu nous a donné la force, la patience et l’espoir." Le pape, ému aux larmes, les a tous deux embrassés avec affection.

Improvisation et émotion
Le Saint-Père a été tellement bouleversé par ces rencontres qu’il a décidé de ne pas prononcer le discours prévu pour la célébration des vêpres, mais d’improviser, avec le cœur, dans la cathédrale Saint-Pau : "J’avais préparé quelques mots (…) mais maintenant, j’ai quelque chose à vous dire…" "Ces deux derniers mois, je me suis préparé pour cette visite, en lisant l’histoire des persécutions en Albanie. Et pour moi, ce fut une surprise : je ne savais pas que votre peuple avait tant souffert ! (…) on voit que ce peuple garde ses martyrs en mémoire. Un peuple de martyrs… Et aujourd’hui, au début de cette célébration, nous en avons rencontré deux. Ils nous ont parlé de leur vie avec des mots simples, mais si douloureux ! Et nous pouvons leur demander : "Mais comment avez-vous survécu à tant de mal ?" (…) Ils ont trop souffert. Ils ont souffert physiquement, psychologiquement, et même dans l’angoisse de l’incertitude : si oui ou non, ils seraient abattus. Et le Seigneur les a consolés…

Aujourd’hui, nous avons touché des martyrs
Le Pape François s’est remémoré à cette occasion quand les premiers chrétiens, réunis, priaient pour Pierre : "Je pense à Pierre, en prison, chargé de chaînes ; toute l’Église priait pour lui. Et le Seigneur réconforta Pierre. Ces martyrs, et les deux que nous avons entendus aujourd’hui, le Seigneur les a consolés parce que l’Église, le peuple de Dieu – des vieilles dames saintes et bonnes, de nombreuses religieuses… ont prié pour eux." (…) "Excusez-moi, si je vous utilise aujourd’hui comme exemples, mais nous devons tous être des exemples les uns pour les autres. Rentrons chez nous en nous rappelant bien qu’aujourd’hui, nous avons touché des martyrs." Poursuivant sa méditation sur la consolation que Dieu donne, le Pape François a cité Saint Paul : "Que soit béni Dieu le Père, le Dieu de toute consolation qui nous console en toute tribulation pour que nous puissions nous aussi consoler ceux qui se trouvent dans l’affliction, grâce à la consolation par laquelle nous mêmes nous avons été consolés par Dieu."

 

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