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Syrie : 130 000 Kurdes ont fui devant l’offensive djihadiste

© Al Furqan
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Réfugiés en Turquie, ils fuient l’attaque massive des troupes de l’État Islamique, qui ont conquis des dizaines de villages

C’était l’un des effets à craindre des frappes aériennes en Irak : les djihadistes se sont reportés vers le nord de la Syrie. Une soixantaine de villages kurdes sont tombés aux mains de l’État Islamique et les combats se poursuivent notamment autour de la ville de Aïn al-Arab (Kobané en kurde). Cette ville située sur la frontière syrio-turque représente un axe stratégique de première importance pour les belligérants, et des Kurdes de Turquie sont venus prêter main fortes aux défenseurs de la ville.
 
La Turquie ne sort pas de son ambiguïté (voir notre article Alliance contre le Califat : le double jeu de la Turquie). Elle a cessé officiellement de soutenir l’État Islamique, mais montre des restrictions à son soutien à la coalition. Une bonne nouvelle dans ce contexte extrêmement tendu : les 49 citoyens turcs détenus par l’État Islamique ont été relachés samedi 20 septembre. Cette libération peut porter à croire que des relations continuent à exister entre la Turquie et l’État Islamique. Récemment, pour justifier la molesse de la participation turque, le ministre de la défense Ismet Yilmaz expliquait : « Nos mains sont liées à cause de nos citoyens retenus en Irak ». Pourquoi l’État Islamique s’est-il privé d’un moyen de pression à l’égard d’un pays de toute première importance dans le conflit ? Certainement pas sans contrepartie.
 
L’une des pistes pour expliquer la connivence d’Ankara avec l’État Islamique est l’antagonisme qui oppose depuis longtemps Kurdes et Turcs. Lors de la fuite des Kurdes vers leur territoire, les gardes frontières turcs ont commencé par refuser l’accès aux fuyards. Ils ont notamment tiré des gaz lacrymogènes et employé des lances à incendie pour les faire revenir côté syrien, mais ils ont finalement dû céder sous la pression de la masse.
 
La position de la Turquie pourrait toutefois bouger. Il y a une semaine, le président Recep Tayyip Erdogan envisageait le déploiement de son armée pour constituer une zone tampon à la frontière de la Turquie avec la Syrie et l’Irak. Si la Turquie contrôlait réellement sa frontière, l’avenir de l’État Islamique serait compromis : il suffit de voir une carte du pseudo Califat pour constater que le débouché commercial le plus évident pour son pétrole est actuellement la Turquie. Plusieurs centaines de pipelines rudimentaires ont d’ailleurs été trouvés dans un village turc, rapporte Houston Chronicle. Le pays détient la clé de la lutte contre l’État Islamique : aura-t-il le désir de s’en servir ?