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Birmanie : l'archevêque de Rangoun dénonce la traite des êtres humains

Eglise d'Asie

Eglises d'Asie - Publié le 17/09/14

Cet esclavage moderne " couvre de honte la Birmanie ", alors, que monte "un capitalisme de « copinage » qui enrichit les riches et appauvrit les pauvres".

"Qu’une nouvelle ère de liberté se lève sur notre pays, par l’abolition de toutes les formes de l’esclavage moderne !" Mgr Charles Bo, archevêque de Rangoun (Yangon)appelle à faire cesser le trafic des êtres humains, considéré par les ONG internationales comme l’un des pires fléaux sévissant en Birmanie aujourd’hui. Son constat est sévère : "Le nouveau Myanmar a échoué sur trois plans : construire l’Etat, construire la nation et construire la paix. " Pour l’archevêque de Rangoun, "la montée d’un capitalisme de « copinage » qui enrichit les riches et appauvrit les pauvres, mais aussi la confiscation progressive des terres ainsi que la disparition du droit coutumier laissent présager l’augmentation inexorable des exactions qui se produisent journellement à l’encontre des plus vulnérables. Après cela, la paix ne sera plus qu’un rêve…"

Sa déclaration intervient alors que la Birmanie vient « d’interdire temporairement à ses ressortissantes de travailler comme domestiques à Singapour » jusqu’à la signature d’ un protocole d’accord avec la Cité-Etat « sur les questions notamment des droits et des salaires des travailleurs. »

Cette décision, survenant un an à peine après la modification de la loi sur l’émigration a été motivée, selon le gouvernement, par des rapports alarmants concernant « des abus et exploitation du personnel de maison » dans la Cité-Etat. Les ONG dénoncent quant à elles, à des pressions internationales suite aux scandales qui ont été médiatisés récemment, soulignant que ces faits « étaient connus depuis longtemps des autorités birmanes ». Voici le texte intégral de l’intervention de Mgr Charles Bo :

Protéger la jeunesse de la traite et de toutes les formes d’esclavage
par Mgr Charles Maung Bo

Le trafic d’êtres humains est un enfer virtuel pour des millions de personnes vulnérables. Chaque année, plus d’un million d’êtres humains sont victimes de ce trafic et environ 400 000 femmes sont forcées à devenir des esclaves sexuelles.
Le monde est déjà responsable de la honte de la perpétuation de l’esclavage sous toutes ses formes modernes ; mais l’Asie du Sud-Est demeure la partie du monde la plus vulnérable dans ce domaine, pour les populations pauvres.
Les pays englués dans des décennies de guerre et de pauvreté doivent sacrifier leurs fils et leurs filles sur l’autel de la cupidité. Cette région a perdu toute dignité à cause des barons de la drogue, des trafiquants qui manipulent avec cynisme les gouvernements et de tous les systèmes mis en place pour gagner le plus d’argent possible, au Laos, en Birmanie et au Cambodge.

Le Myanmar a un triste passé dans le domaine de l’exploitation de ses filles et de ses fils dans différentes parties du monde. Nous sommes la nation de l’exode. Un exode dû à des catastrophes provoquées par l’homme, soit six décennies d’une dictature sans pitié qui a instauré un inévitable sous-développement.
Ces vingt dernières années, plus de trois millions de gens ont été contraints à l’émigration dans des conditions très dangereuses. Nos jeunes ont fui la pauvreté, la guerre, la persécution, le manque d’éducation, le manque d’emploi. En tant que déplacés ou en tant que réfugiés, trois millions de nos concitoyens ont dû quitter leur foyer. Et des centaines de nos filles croupissent dans des bouges oubliés en pays étranger.

Ceux qui pratiquent la traite des êtres humains ont beaucoup à gagner par le trafic de nos innocents jeunes du Myanmar. Ils les vendent comme des marchandises : ils sont travailleurs sans-papiers dans les plantations en Malaisie, bonnes à tout faire sous-payées et exploitées en Thaïlande, objets de désir dans les marchés du sexe de Thaïlande et de Chine, ou encore « femmes provisoires » jetées en pâture aux hommes riches des pays voisins, afin qu’elles leur donnent un enfant avant d’être jetées comme un mouchoir sale à la poubelle et qu’elles rentrent à la maison, brisées dans leur corps et dans leur âme.

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Tags:
birmanieesclavage
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