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Le père d’une petite fille trisomique répond à l’eugénisme du professeur Dawkins

Image Courtesy of Jamie McCallum

Susan E. Wills - Publié le 11/09/14

Pour le professeur britannique athée Richard Dawkins, ne pas avorter un bébé atteint de trisomie 21 serait immoral.

« Avortez ça, et essayez de nouveau. Il serait immoral de le mettre au monde si vous avez le choix » : la phrase que le scientifique britannique athée le plus célèbre, Richard Dawkins, a écrite sur Twitter, diffusant ses conseils moraux sur les bébés atteints de trisomie 21. Scientifique peut-être, mais apparemment n’y connaissant pas grand chose sur les bébés. Car il existe deux “variétés” de bébés : lui ou elle. “Ça” n’existe pas, comme il l’a écrit sur le réseau social. Dawkins a rédigé ce tweet cruel en réponse à un autre tweet, dans lequel une jeune femme avait avoué  qu’elle ne savait pas honnêtement ce qu’elle ferait si elle était enceinte d’un enfant atteint de trisomie 21. Un vrai  dilemme éthique.

Le commentaire de Dawkins n’est pas surprenant. En fin de compte, il a derrière lui un long passé d’utilitarisme. L’auteur de “The God Delusion”, qui signifie littéralement « L’illusion de Dieu» (titre français : « Pour en finir avec Dieu »),  a une conception du monde que voici : « Dans un univers peuplé d’électrons et de gènes égoïstes, de forces physiques aveugles et de gènes qui se répliquent, certaines personnes seront meurtries, d’autres auront plus de chance, sans rime ni raison, ni la moindre justice. L’univers que nous observons a très exactement les propriétés attendues, dans l’hypothèse où il aurai été conçu sans aucun dessein, sans but, sans mal, sans bien, sans rien à part une impitoyable et aveugle indifférence. »

Outre cette vision du monde, il est bon de rappeler aussi que Dawkins soutient l’infanticide, quel qu’en soit le motif : « L’infanticide ? D’un point de vue strictement moral, je ne vois pour ma part aucune objection à cela. Je serais en faveur de l’infanticide ». Les utilisateurs de Twitter ont été horrifiés par le commentaire de Dawkins  sur l’ « impératif moral » d’avorter des enfants trisomiques. Un commentaire qui va bien au-delà du fait de défendre la possibilité pour les femmes d’avorter un enfant affecté d’un handicap. Il est clair que d’autres partagent les vues de Dawkins. Virginia Ironsides, écrivaine et polémiste britannique, a provoqué une vive réaction par sa déclaration sur la chaîne BBC : « Si un bébé devait naître avec un grave handicap ou n’est absolument pas désiré, l’avortement est bien évidemment l’acte d’une mère aimante ». Et elle ne s’est pas arrêtée là : « Si j’étais la mère d’un enfant qui souffre profondément, je serais la première à vouloir lui mettre un oreiller sur la figure. Si j’aimais réellement cet enfant, et qu’il était à l’agonie, je crois que toute bonne mère le ferait."

Pour en revenir à Dawkins, devant le tollé provoqué par son tweet, l’universitaire  s’est vaguement excusé sur Twitter et a tenté de justifier son point de vue, affirmant  de façon peu convaincante : « Ce que je recommande découle logiquement de la position en faveur du droit à choisir que la majorité d’entre nous, je présume, soutient »,  écrit-il. « Ma phraséologie, par manque de finesse, a pu provoquer un malentendu, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’au moins la moitié du problème réside dans l’envie effrénée, l’avidité,  de ne pas comprendre » . Autrement dit : ses paroles étaient « sujettes à malentendu », mais la faute nous revient parce que nous sommes « avides de mal comprendre ».

Comment ? Ce que recommande Richard Dawkins n’était pas si compliqué au point que les gens ordinaires seraient « avides de mal interpréter » ses propos : « Avortez ça et essayez de nouveau. Il serait immoral de le mettre au monde si vous avez le choix ». Une déclaration parfaitement claire. La meilleure réponse à cette « recommandation »  est venue d’une source inhabituelle: d’un scientifique et, de surcroît, amateur des livres de Dawkins. Ce lecteur a avoué qu’il aurait été d’accord avec la recommandation d’ « avorter ça », s’il l’avait lue 18 mois plus tôt. Il s’explique : « Je comprends implicitement le point de vue du professeur. Tout ce qu’il dit a encore tout son sens logique pour moi.

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