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Interview. Pour le père Riffard, le combat en faveur des demandeurs d’asile continue

DR / diocèse de St Etienne

père Gérard Riffard 2

Radio Vatican - Publié le 11/09/14

"Dans la rue, on ne vit pas !" Le père Gérard Riffard, poursuivi pour avoir hébergé des demandeurs d’asile, a été relaxé mercredi.

La justice reprochait à ce prêtre âgé de 70 ans, d’accueillir depuis des années des demandeurs d’asile dans la salle paroissiale de son église à Saint-Étienne, dans le sud-est de la France. Une salle qui selon la municipalité ne respecte pas toutes les normes de sécurité pour y loger des personnes. En juin dernier, le procureur avait requis près de 12 000 euros d’amende contre ce prêtre du quartier Montreynaud.

Audrey Radondy, de Radio Vatican, l’a joint par téléphone juste après le jugement du tribunal. Très heureux de cette décision, il se prépare néanmoins à un nouveau combat, le parquet ayant fait appel. Depuis le début de cette affaire, le père Gèrard Riffard a reçu beaucoup de témoignages de soutien. L’un des premiers a été celui de Mgr Dominique Lebrun, l’évêque de Saint-Étienne. Ce dernier s’est d’ailleurs réjoui de cette décision de justice, dans un communiqué publié mercredi sur le site du diocèse : " Je me réjouis de cette décision de justice. Elle reconnait que l’état de nécessité prime sur d’autres normes. Cet été la paroisse, avec l’aide du diocèse, a réalisé des travaux dans les locaux objets de l’arrêté. Ils ont nettement amélioré les conditions d’accueil, d’hygiène et de sécurité. Faut-il rappeler que cet accueil n’est qu’une mise à l’abri provisoire d’hommes, de femmes et d’enfants, demandeurs d’asile ? Sans ce toit offert, leur domicile serait la rue, les marchands de sommeil ou l’entassement dans des appartements voire dans des squats. Seraient-ils plus en sécurité ? Sous d’autres formes, une dizaine de paroisses du diocèse de Saint-Etienne procurent un logement à des familles en grande difficulté. Les uns comme les autres ne pourraient-ils pas être encouragés par les pouvoirs publics ?"
"Les normes de sécurité sont importantes et nécessaires, poursuit Mgr Lebrun. Mais l’Evangile demeure notre norme absolue. Je souhaite que notre société s’appuie davantage sur la Parole de Dieu : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », socle de notre vivre ensemble, et ne poursuive pas ceux qui s’y emploient avec générosité."

Comment avez-vous réagi à l’annonce du jugement ?
Père Riffard :
C’était un sentiment de satisfaction et de soulagement parce que l’accueil d’urgence qu’on vivait a finalement été reconnu comme n’étant pas contraire à la loi. Le président a dit que l’État ne pouvait pas demander de condamner quelqu’un qui faisait le travail que lui, l’État, devait faire et qu’il ne faisait pas. C’était la reconnaissance de notre travail et du bien-fondé de notre travail.

Et depuis que cette affaire a été portée devant la justice, comment s’est passé l’accueil des demandeurs d’asile ?
Père Riffard :
Ça a continué normalement, c’est-à-dire qu’il y en a quelques-uns qui ont été hébergés et qui nous ont quittés et il y en a d’autres qui sont arrivés et qu’il a fallu accueillir. La situation n’est pas pour autant réglée mais il semble que le procureur ne soit pas du tout satisfait du jugement et veut donc un nouveau procès. Ma foi, on va y aller !

Par rapport à cet accueil, est-ce que vous pouvez revenir sur votre décision d’agir là où l’État n’agit pas ?
Père Riffard :
Comme association, on est en contact avec des demandeurs d’asile pour essayer de les accueillir, d’organiser une solidarité et pour les accompagner dans leur demande d’asile et dans leurs démarches administratives. Et puis, comme association liée à l’Église, on est aussi là pour les aider à garder une foi qui les tient debout dans l’épreuve. Et quand ces personnes souffrent et viennent nous demander de les aider, je ne vois pas comment on peut faire pour se défiler. Donc, dans la mesure où on peut les accueillir ou leur permettre de dormir avec au moins un toit sur la tête, on le fait tout simplement !

Parce que justement, si vous ne les accueillez pas…
Père Riffard :
Ils sont à la rue. Et dans la rue, on ne vit pas. On n’y vit pas avec des enfants. Du fait qu’ils soient ici, les enfants peuvent être scolarisés. Je me dis que c’est important qu’ils aient un endroit pour poser leurs affaires, même si ce n’est pas tout à fait conforme aux règles de sécurité des structures d’hébergement. Mais nous, nous sommes une église et nous ne sommes pas une structure d’hébergement. On fait de la mise à l’abri en urgence.

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