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Synode sur la famille : dans un mois, le grand débat

Philippe Oswald - Publié le 05/09/14



« Il faut surtout avoir à l’esprit, a-t-il ajouté, que les différents thèmes sont étroitement liés les uns aux autres et [que] pour leur bonne compréhension, leur étude et éventuellement leur résolution, ils doivent être considérés dans leur ensemble dans une égale mesure ».

Il s’agit aussi de remonter à la racine des nombreuses difficultés et blessures de la cellule conjugale et familiale. Pour Mgr Paglia, le principal ennemi qui ruine la famille, c’est l’individualisme, ainsi qu’il l’a expliqué dans un discours très remarqué (« La famille, ressource de la société et Evangile pour le monde ») lors de la dixième assemblée plénière de l’Acérac (Association des conférences épiscopales de la région de l’Afrique centrale), qui s’est tenue à Brazzaville à la mi-juillet. Et de donner cet exemple qui nous concerne directement : « En France, on a calculé qu’une personne sur trois a choisi de vivre seule, alors qu’il y a quarante ans la moyenne était d’une sur dix », rapporte-t-il pour illustrer l’individualisme croissant. En quoi celui-ci  consiste-t-il ? « Le « je » prévaut sur le « nous », l’individu sur la société (…) les droits de l’individu prévalent sur ceux de la famille. C’est une opinion toujours plus courante que de penser que le triomphe de l’individu ne pourra se faire que sur les cendres fumantes de la famille. Elle est devenue la pierre sur laquelle trébuche l’individualisme et qui doit être au moins évitée, sinon détruite ». Or, a-t-il poursuivi, « Il n’est pas bon que l’homme soit seul » ; « il est impossible à l’homme d’exprimer son « moi » aussi longtemps que n’apparait pas la perspective du « nous ». Dieu lui-même n’est pas solitude, il est une famille de trois personnes qui s’aiment au point d’être une seule et même chose ».
 Si le diagnostic vaut les sociétés dans leur ensemble, le Cardinal Gerhard-Ludwing Müller, préfet de la congrégation de la doctrine de la foi, souligne pour sa part que les chrétiens sont trop nombreux à ne plus vivre les grâces de leur mariage. Dans « L’espérance de la famille », un petit livre constitué par une longue interview du cardinal par le P. Carlos Granados , directeur général de la Bibliothèque des auteurs chrétiens  BAC, le Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi explique : « On ne vit pas le mariage chrétien, voilà le problème majeur de la famille! » . La pointe de la réflexion du cardinal préfet est résumée ainsi par le cardinal Sebastián, dans la préface de ce livre/interview : « Le problème principal que nous avons dans l’Eglise concernant la famille ne réside pas tant dans le petit nombre des divorcés remariés désireux de s’approcher de la communion eucharistique. Le grand nombre de baptisés qui se marient civilement et le grand nombre des baptisés et mariés sacramentalement qui ne vivent pas leur mariage ni leur vie matrimoniale en conformité avec la vie chrétienne et les enseignements de l’Eglise, voilà le problème. »

Quant à la solution, elle est esquissée ainsi par le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi : « Selon moi, explique le cardinal Müller, l’objectif principal du prochain Synode devrait être de favoriser la ‘récupération’ de l’idée sacramentelle du mariage et de la famille, en insufflant aux jeunes qui sont disposés à entamer un chemin conjugal, ou à ceux qui sont déjà dedans, le courage dont ils ont besoin. Au fond, il s’agit de leur dire qu’ils ne sont pas seuls sur ce chemin, que l’Eglise, toujours mère, les accompagne et les accompagnera. »
Le 1er juin 1980, au Bourget, le pape Jean Paul II avait interpellé notre pays : « France, fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême ? » Aujourd’hui, cette même question de la fidélité est posée aux chrétiens, « lumière du monde et sel de la terre », tout particulièrement à ceux qui sont liés par le sacrement de mariage : question de foi, de vérité, de charité, de courage aussi. Aux pères synodaux de trouver les mots et d’ouvrir de nouvelles voies d’un accompagnement maternel  de l’Eglise pour ranimer la flamme de l’amour conjugal dans la fidélité à cette alliance humaine et divine sans laquelle le monde s’enfonce dans la nuit.   

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FamilleMariage
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