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Homosexualité : malaise dans l’Eglise ?

© AFP & SHUTTERSTOCK
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Un abîme sépare la clarté du Magistère de l’Eglise sur la question de l’homosexualité et le flou autour de la réalité homosexuelle rencontrée ou vécue par des prêtres et des laïcs.

Avec la Gay Pride, les associations réunies dans l’Inter-LGBT, le mariage pour tous et les débats sur la PMA et la GPA pour tous, les Gender Theory et Queer Theory, la morale laïque, L’ABC de l’égalité, etc., l’homosexualité a pris les dimensions d’un phénomène de société.
Pourtant, demeure un fort contraste entre les démonstrations de force de la Gay Pride et du militantisme gay, et le silence, public et même privé, des catholiques à ce sujet. Non que ces derniers ne se soient exprimés haut et fort, et légitimement, contre l’ouverture du mariage civil aux personnes de même sexe. Mais la question, à la fois sous-jacente et centrale, de l’homosexualité, est rarement et timidement abordée de front.

Peur de l’homophobie ? Peur de l’accusation d’homophobie ? Peut-être. Mais aussi, mais surtout, malaise dans les rangs. En effet, l’Eglise n’est pas coupée du monde dans lequel elle vit et elle est touchée en ses membres, tant clercs que laïcs, par les grands problèmes qui traversent la société : et le fait de l’homosexualité n’y fait pas exception.
Ainsi la question de l’homosexualité touche directement ou indirectement de nombreux catholiques, qu’ils soient clercs ou laïcs, que ce soit dans les familles, dans les paroisses, dans les communautés. Mais trop souvent la gêne si ce n’est le déni règne.
C’est sans doute qu’entre les orientations, précises mais concises, du Magistère de l’Eglise (1) comme des Conférences épiscopales (2 ) sur la question de l’homosexualité, et la réalité homosexuelle vécue par les simples prêtres et les fidèles de base, reste un abîme que la bonne volonté mais hélas aussi la maladresse ont du mal à combler.

Si l’Eglise condamne avec force et clarté à la fois l’homosexualité et l’homophobie – maintenant ici comme ailleurs sa traditionnelle distinction entre acte et personne, entre condamnation du péché et miséricorde pour le pécheur , et même entre personne et tendance, parlant toujours de « personnes homosexuelles » et non d’ « homosexuels », ne réduisant ainsi jamais l’identité de la personne à son orientation sexuelle -, que faire, concrètement, face aux multiples cas d’homosexualité, chacun unique, dans la société et dans l’Eglise ? Il y a certes des initiatives locales voire internationales (3), souvent très positivement accueillies – malgré de possibles ambiguïtés. Se souvient-on des origines du « Mouvement homosexuel chrétien » David & Jonathan ?
L’ancien séminariste et professeur de philosophie André Baudry avait déjà fondé en 1954, avec le soutien discret de l’abbé Max Lionnet, auteur de vies de saints et d’ouvrages sur l’Eglise, le groupe homophile Arcadie publiant une revue homosexuelle éponyme (avec photographies et petites annonces), rebaptisé en 1975 Mouvement homophile de France. En 1972, à la suite d’une table-ronde sur l’homosexualité et le christianisme organisée par Arcadie, est fondé ce qui deviendra le groupe Christianisme et homophilie, aujourd’hui connu sous le nom de son bulletin, David & Jonathan. En 1974, le groupe devient un mouvement national avec des antennes locales. À Paris, il se divise entre le « groupe Saint-Germain », qui se retrouve dans un local de l’Institut Catholique de Paris, et l’« atelier Béthanie » inspiré clairement par Vatican II. En 1976, le mouvement dénonce dans un communiqué le contenu du document magistériel Persona humana. Très vite, le mouvement milite pour la reconnaissance de l’homosexualité au sein de l’Eglise et de la société, participe à la Gay Pride de Paris dès 1983, et est aujourd’hui membre de l’Inter-LGT, du Centre LGBT-Paris-Île-de-France, de l’International Lesbian and Gay Association (ILGA-Europe), du Réseau d’aide aux victimes d’agression et de discrimination (RAVAD) et des Réseaux du Parvis. (4)
Ainsi, entre l’accueil des personnes, l’acceptation d’une réalité, la volonté d’une évolution et la revendication d’une normalisation, la frontière est ténue et incertaine. D’où la grande prudence de l’Eglise, échaudée par des précédents, vis-à-vis de la constitution de groupes de fidèles homosexuels.

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