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Saint Augustin (354-430) ou la soif de Dieu

Public Domain
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L’Eglise fête le 28 août le « Docteur de la grâce » dont l’œuvre n’a cessé d’irriguer les chrétiens et les chercheurs de Dieu, de siècle en siècle.

(Illustration : Saint Augustin par Antonio Rodriguez 1636-1691 )

Du blogue de Jacques Gauthier :

Né en 354 à Tagaste en Algérie, Augustin fait ses études à Carthage où il vit plusieurs aventures amoureuses. Il a un fils en 372, Adéotat, d’une jeune maîtresse à laquelle il reste lié durant quatorze ans. Il enseigne pendant neuf ans à Carthage, puis à Rome et à Milan. Il est déçu et inquiet, cherche le repos en Dieu, comme il l’écrira plus tard dans un livre personnel qui traversera les siècles, Les Confessions : «Tu nous as faits pour toi et notre cœur est sans repos jusqu’à tant qu’il repose en toi.»
Augustin cherche Dieu; là est le fondement de son désir. « Louera le Seigneur quiconque le cherche. Qui cherche, en effet, le trouvera et, trouvant, le louera » (Conf. I, 1). Ce désir de chercher et de louer Dieu est un dynamisme intérieur, une libre attraction que tout peut détourner. « C’était toi que je cherchais. Tu étais et au-dedans du plus profond et au-dessus du plus haut de mon être » (Conf. III, 11).

Le retour à Dieu
Ce Dieu intime révélé dans le Christ lui sera surtout communiqué par la prédication de saint Ambroise, évêque de Milan, et par la lecture de saint Paul, dont l’épître aux Romains lui procure « une lumière de sérénité déversée dans mon cœur » (Conf. VIII, 29). Il reçoit le baptême en 387, l’année de ses trente-trois ans, en même temps que son fils. Cette conversion, il la doit beaucoup aux larmes et aux prières de sa mère, qui deviendra sainte Monique.
Que serait devenu Augustin sans l’amour priant de sa mère qui l’enfanta une seconde fois? L’Église célèbre d’ailleurs la mère (27 août) avant le fils (28 août). En attendant l’embarquement à Ostie pour rentrer en Afrique, Augustin et sa mère aspirent à la vie éternelle dans une sorte d’extase commune. Quelques jours plus tard, Monique meurt à l’âge de 56 ans. Son fils la pleura longtemps, mais il savait qu’elle était entrée dans la joie de son Seigneur.
La tension vers Dieu creuse le désir qui devient une soif d’amour infini, malgré les limites et les peurs. Sur ce chemin du retour à Dieu, « Aime et fais ce que tu veux », dit Augustin, même si chacun fait ce qu’il peut. Pour lui, l’amour est le guide qui nous aide à aller au-delà de nous-mêmes. Comment? En plongeant en nous-mêmes par la prière intérieure et le désir. « Il est dans l’âme une autre prière, intérieure celle-là, qui n’a pas de cesse, c’est le désir. Quoi que tu fasses, si tu désires le sabbat éternel, tu ne cesses de prier. Si tu ne veux pas cesser de prier, ne cesse pas non plus de désirer » (Homélies sur les psaumes). Il s’agit de revenir à soi, au plus intime du cœur, où Dieu demeure.
Augustin vend ses biens et mène une vie de prière où il laisse l’Esprit Saint mettre en lui l’amour de Dieu pour son Église. Il sait que prier, c’est désirer, et désirer, c’est prier, aussi peut-il prier sans cesse. Il reçoit le sacerdoce, à la demande du peuple, puis est nommé évêque de la ville portuaire d’Hippone en 396. Son immense œuvre théologique fait de lui le « Docteur de la grâce » qui influencera tant de fondateurs et fondatrices de communautés religieuses. Il meurt en 430, alors que les Vandales dévastent l’Afrique et sa ville. Il est fêté le 28 août; la veille, l’Église célèbre sa mère.
 
Les Confessions : œuvre de désir et de prière
Ce plus haut que le plus haut et plus intime que le plus intime, Augustin en relate la rencontre dans son œuvre de désir que sont Les Confessions, divisées en treize livres ou chapitres. Ce classique de la littérature chrétienne est une quête du bonheur qui passe par la recherche de Dieu : « Quand je te cherche, toi, mon Dieu, c’est une vie de bonheur que je cherche. Ah! puissé-je te chercher pour que vive mon âme, puisque la vie de mon corps, c’est mon âme et que la vie de mon âme, c’est toi! » (Conf. X, 20). Plus il trouve Dieu, plus il le cherche, car son désir s’agrandit à la mesure de sa prière.

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