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L’Etat islamique expliqué à mes enfants

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La rédaction d'Aleteia - Oasis Center - Publié le 28/08/14

L’EI persécute violemment les chrétiens et les autres communautés religieuses: comment intervenir pour freiner cette violence?
Michele Brignone : Naturellement, plus l’EI gagne du terrain, plus il sera difficile de l’arrêter. D’un côté, il est nécessaire de mener une action politique immédiate qui envisage également l’usage de la force. Plus le front international de protection des victimes de l’EI sera ample et multilatéral, plus il aura de possibilités de succès non seulement d’un point de vue militaire mais également de la légitimité juridique. L’Etat Islamique marque le point le plus élevé de la menace jihadiste, en disposant désormais d’’une base territoriale et d’une dimension politique effective. Mais cela pourrait en même temps causer une crise dans le mouvement, parce que beaucoup de musulmans le contestent aujourd’hui et en subissent directement la violence. Le vaincre serait un signe d’espoir pour les mêmes musulmans, mais cette entreprise a une dimension culturelle et éducative bien plus importante que la dimension stratégique et militaire. 

Quelle leçon enseigne le cas de l’EI à l’Europe et à l’Occident en général ?
Martino Diez : L’histoire de l’Etat Islamique enseigne pour la énième fois aux occidentaux, mais aussi aux quelques puissances moyen-orientales, qu’il n’est pas possible d’utiliser les fondamentalistes islamiques pour obtenir des résultats politiques. Les Américains nous l’ont prouvé en Afghanistan et en Libye et ont été à deux doigts de le refaire en Syrie il y a un an. Les fondamentalistes religieux n’obéissent qu’à des logiques propres: l’alliance avec eux s’avère tout contreproductive au long terme. 

L’on évoque des centaines de milliers de réfugiés moyen-orientaux qui cherchent à échapper à leurs pays et à entrer en Europe: comment gérer ce problème? Est-il réaliste de penser qu’ils puissent un jour retourner chez eux ou n’ont-ils un futur qu’à l’étranger?
Michele Brignone : Si l’on regarde l’histoire de l’émigration du Moyen-Orient, il est difficile de penser à un retour des réfugiés dans leurs territoires d’origine. Pour que cela se produise, il ne suffira pas de rétablir des conditions minimales de sécurité, une entreprise en soi délicate, mais il faudra repenser de façon radicale les institutions politiques et économiques sur lesquelles se sont fondées bon nombre de pays du Moyen-Orient.

Les évêques et patriarches orientaux demandent depuis longtemps de l’aide et des interventions aux pays occidentaux. Comment y répondent-ils? Pourquoi cette hésitation ou cette lenteur?
Michele Brignone : Le chrétien, disait le théologien Balthasar, se distingue aussi parce qu’il est “sans défense”. Les chrétiens sont une composante sociale et culturelle fondamentale du Moyen-Orient, mais ils ne disposent pas d’un poids politique autonome et sont restés les otages de la complexe et impitoyable situation de la région. L’Europe est en outre aux prises avec une crise qui n’est pas seulement économique, et qui semble la rendre incapable d’agir. Les Etats-Unis et Obama ne brillent pas par leurs choix de politique extérieure, bien qu’une certaine hésitation soit compréhensible après les années “exportons la démocratie”.

Les chrétiens d’Orient sont-ils en train de disparaître définitivement ? Ou est-il encore possible d’arrêter l’hémorragie ?
Martino Diez : Nous en sommes au “dernier appel” pour toute la chrétienté irakienne. Les chrétiens sont un facteur de pluralisme au Moyen-Orient. S’ils disparaissent, le Moyen-Orient sera plus pauvre encore. Et la plus grand homogénéité ne réduira pas le conflit parce qu’une fois chassés les non-musulmans et les musulmans “hérétiques” ou tièdes, il y aura toujours quelqu’un de “plus fondamentaliste qu’un autre”. C’est un jeu sans fin, qui risque de plonger l’entière région dans le sang. Le pape François, dans ses interventions publiques, continue d’attirer l’attention sur cette blessure. Déjà aujourd’hui, tous ceux qui le peuvent quittent le Moyen-Orient parce que dans de nombreuses régions, il devient impossible de vivre, même pour les musulmans.  

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djihadisteÉtat islamiqueIslam
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