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Nouvelle évangélisation : une fusée à trois étages

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Philippe Oswald - Publié le 27/08/14

Qu’est-ce qui caractérise ce nouveau monde destinataire de l’annonce ? Le scientisme (les progrès de la science sauveront l’humanité),  la sécularisation (plus besoin de Dieu, c’est une projection de l’esprit humain qui est source d’intolérance – en France, cela s’appelle la « laïcité »), le rationalisme (la raison humaine est chargée de façonner l’homme nouveau). Trois idéologies-sœurs  qui mènent au même résultat : le relativisme. Tout se vaut, aucune vérité, aucune « valeur », rien ne mérite qu’on donne sa vie. On ne croit plus à rien ou plutôt on croit à n’importe quoi qui pourrait être non pas vrai ou bon mais « utile » – et que l’on rejettera tôt ou tard pour chercher une nouvelle planche de salut.
Et ce relativisme, ce petit bonheur à la carte, ce supermarché des recettes est multiplié par ce nouveau continent à évangéliser : l’univers numérique où foisonnent les prétendues planches de salut – mais aussi, Dieu merci, le navire de l’Eglise et toutes ses chaloupes !

III Comment témoigner dans ce monde qui se croit devenu maître de son destin ?

Le P. Raniero Cantalamessa, ofmcap., prédicateur de la Maison pontificale, a évoqué le rôle des laïcs et ceux qu’ils ont mission d’évangéliser dans sa quatrième prédication de l’Avent, le vendredi 23 décembre 2011. Je cite ici des passages de son intervention.

Le Père Cantalamessa reprend l’image classique du navire pour évoquer l’Eglise et sa mission :
 « … Imaginons le sillon d’un vaisseau. Celui-ci commence par une pointe qui est la proue du vaisseau, mais une pointe qui s’élargit au fur et à mesure, jusqu’à se perdre à l’horizon et finir par toucher les deux rives opposées de la mer.
Voilà ce qui s’est passé dans l’annonce de l’Eglise : celle-ci commence par une pointe: le kérygme, « Jésus, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification » (cf. Rm 4, 25; 1 Co 15,1-3); de manière encore plus synthétique: « Jésus est le Seigneur! » (Ac 2, 36; Rm 10,9).
On a une première dilatation de cette pointe avec la naissance des quatre évangiles, écrits pour expliquer ce noyau initial, et avec le reste du Nouveau Testament;
Puis vient la tradition de l’Eglise, avec son magistère, sa liturgie, sa théologie, ses institutions, ses lois, sa spiritualité. Le résultat final est un immense patrimoine qui fait précisément penser au sillon d’un vaisseau dans sa plus haute dilatation.
A ce point, si l’on veut évangéliser le monde sécularisé, un choix s’impose. D’où partir ? De n’importe quel point du sillon, ou de la pointe? L’immense richesse de doctrine et d’institutions peut devenir un handicap si nous cherchons à nous présenter avec elle à l’homme qui a perdu tout contact avec l’Eglise et ne sait plus qui est Jésus.
Il faut aider cet homme à entrer en contact avec Jésus ; faire avec lui ce que Pierre a fait le jour de la Pentecôte avec les trois mille personnes présentes : leur parler de Jésus que nous avons crucifié et que Dieu a ressuscité, l’amener au point où lui aussi, touché dans son cœur, finira par demander: « Frères , que devons-nous faire ? » et nous-mêmes répondrions, comme Pierre a répondu : « Repentez-vous, faites-vous baptiser, si vous ne l’êtes pas encore, ou confessez-vous, si vous êtes déjà baptisés. »
Nous avons un allié : l’échec de toutes les tentatives faites par le monde sécularisé de remplacer le kérygme chrétien par d’autres « cris » et d’autres « manifestes ». ( Le P. Cantalamessa fait ici allusion au célèbre tableau « Le cri » de l’artiste norvégien Edvard Munch,  comme symbole du profond désarroi de l’ homme contemporain , de son angoisse existentielle.) (fin de citation)

L’homme contemporain aspire au salut autant et plus que ses prédécesseurs car toutes les tentatives modernes pour le rendre libre et heureux ont échoué – et de quelles façons ! (cf. les totalitarismes communiste et nazi mais aussi l’hédonisme et le consumérisme contemporain : voyez encore ce mois d’août le suicide de l’acteur Robin Williams, atteint de la même maladie que Jean Paul II,et qui incarnait, notamment à travers le film « Le cercle des poètes disparus », la fantaisie inventive contemporaine pour « faire danser la vie ».) L’homme ne peut pas se sauver lui-même.

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evangelisationmissionmissionnaire
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