Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Samedi 17 avril |
Saint Benoît-Joseph Labre
home iconCulture
line break icon

Musées du Vatican : « La charité de la beauté, c’est notre métier et notre devoir »

La rédaction d'Aleteia - Publié le 24/08/14

Le directeur des Musées du Vatican parle de l'art comme forme de charité et dévoile quelques nouveautés sur la Chapelle Sixtine.

Plus de 7 kilomètres de long, 5 459 000 visiteurs rien qu’en 2013. De 20 à 25 000 passages journaliers. Tels sont les chiffres clés des Musées du Vatican qui, avec plus de 100 000 oeuvre d’art, sont le troisième complexe muséal le plus visité au monde. 
Au-delà  la valeur artistique, historique et culturelle de ces musées, le 26 novembre 2006, Benoît XVI avait écrit que ceux-ci représentaient une vision hétérogène de l’humanité et en tant qu’institution. Avec comme conséquence directe une grande responsabilité dans la diffusion du message chrétien. Aleteia a rencontré le professeur Antonio Paolucci, directeur des Musées du Vatican depuis 2007, expert international d’histoire de l’art, qui fut par ailleurs ministre pour les Biens Culturels de 1995 à 1996 au sein du Gouvernement italien.

Pourquoi l’art est-il si important dans l’histoire de l’Eglise et de l’humanité ?
Antonio Paolucci : Il faut connaître un peu l’histoire de l’Eglise pour comprendre ce qui s’est produit entre le II et le IIIè siècle, dans les premiers siècles de l’ère chrétienne. A cette époque, il s’est produit quelque chose d’extraordinaire et d’important : à la différence des autres religions du livre, judaïsme et islam, le christianisme a choisi les figures. Cela peut paraître idiot, mais ce fut un choix plein d’avenir car il n’y aurait pas d’histoire de l’art : il n’y aurait pas la Ronde de nuit de Rembrandt, il n’y aurait pas les Tournesols de Van Gogh, ni le Guernica de Picasso si l’Eglise à cette époque n’avait pas choisi les figures. C’était un hasard, une chose très risquée, parce que le christianisme dérivait du judaïsme qui était la culture la plus férocement aniconique de la Méditerranée. Encore à ce jour, aussi bien pour les juifs que pour les musulmans, la représentation des prophètes est interdite. 

Pensons à la difficulté de Saul de Tarse, que nous connaissons sous le nom de Paul, juif d’origine, lorsque dans la Première Lettre aux Colossiens a écrit cette phrase incroyable : à savoir que le Christ est l’image du Dieu vivant. Un juif ou un musulman diraient que c’est un blasphème. Pourtant l’Eglise a eu le courage de suivre cette ligne en choisissant de représenter les vérités de la foi et les épisodes de l’Evangile avec les figures, utilisant les styles de l’époque ; le naturalisme et l’illusionnisme hellénistique, l’art des grecs et des romains. On a été jusqu’à utiliser les iconographies des cultes et religions antiques, ce qui fait que lorsque dans les sarcophages, Daniel est représenté dans la fosse au lions, il a l’apparence d’Hercule : nu et vainqueur, tel que le représentaient les sculpteurs de l’époque. Nous pensons aussi au Christ, auquel l’on donne l’image de Phoebus (Apollon). En somme, ils utilisaient les outils linguistiques et iconographiques de la culture ancienne en insérant des symboles chrétiens : c’est ainsi qu’est née l’histoire de l’art, que nous appelons chrétienne, qui a produit toutes les formes d’art successifs. Si l’Eglise de Rome avait fait le choix des musulmans et des juifs, c’est-à-dire l’aniconisme, il n’y aurait pas eu d’histoire de l’art.   

Et concernant le binôme culture-spiritualité?
Antonio Paolucci : Il convient de préciser que les deux ne sont pas en contradiction parce que la culture, si elle est ainsi, est toujours spirituelle parce qu’elle touche ce que l’on ne voit ni ne touche. La culture, la pensée, la philosophie, impliquent l’aspect de l’homme qui relève de choses invisibles et intangibles : qu’est-ce que l’homme ? Quel est son destin ? Tout cela est spirituel. Ainsi, il n’y a pas de compétition entre culture et spiritualité. Ce que nous appelons spiritualité n’est autre qu’une modulation de ce que nous appelons culture.

  • 1
  • 2
  • 3
Tags:
chapelle sixtine
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
1
adoption
Cerith Gardiner
Parents de cinq enfants, ils adoptent une fratrie de sept frères ...
2
Mathilde de Robien
Ces quatre cavaliers de l’Apocalypse qui détruisent le couple
3
Joubarbe
Marzena Devoud
Connaissez vous les herbes de saint Joseph ?
4
Mgr Benoist de Sinety
La leçon d’Istanbul : « Vous avez voulu la paix au prix du déshon...
5
WEB2-PERE-MICHEL-BRIAND-SOCIETE-DES-PRETRES-DE-ST-JACQUES.jpg
Agnès Pinard Legry
Qui sont les deux Français enlevés à Haïti ?
6
WEB2-CHURCH-SAINTJOSEPHDESNATIONS-WEB2-CHURCH-SAINT-JOSEPH-DES-NATIONS-Eleonorede-Vulpillieres.jpg
Eléonore de Vulpillières
Paris : le tabernacle de Saint-Joseph des Nations forcé par des m...
7
Camille Dalmas
Miséricorde divine : le livre qui a bouleversé le pape François
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement