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Abandon d’un enfant trisomique : le vrai visage de la GPA

AFP PHOTO / Nicolas ASFOURI
THAILAND, Siriracha : Thai surrogate mother Pattaramon Chanbua (L) holds her baby Gammy, born with Down Syndrome, at the Samitivej hospital, Sriracha district in Chonburi province on August 4, 2014. The surrogate mother of a baby reportedly abandoned by his Australian parents in Thailand because he has Down Syndrome was a "saint" and "absolute hero", Australian Immigration Minister Scott Morrison said. AFP PHOTO / Nicolas ASFOURI
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L'abandon d'un enfant trisomique à l'issue d'un contrat de mère porteuse a suscité l'émoi du monde entier. Pour Jean-Marie Le Méné, le rejet de cet enfant handicapé fait voler en éclats le mythe d'une GPA éthique.

(Légende photo : Gammy, le bébé atteint de trisomie 21, dans les bras de sa mère)

Tribune publiée le 04/08/2014 sur le site de la Fondation Lejeune et dans les média :      
 
Comment la naissance d’un enfant trisomique ruine la GPA

L’affaire de la GPA, dans laquelle un couple australien s’est emparé de l’enfant sain et a rejeté son jumeau trisomique qu’il a abandonné à la mère porteuse thaïlandaise, suscite des commentaires plutôt embarrassés. On comprend pourquoi.
Le mythe de la GPA vient d’être pulvérisé en plein vol.

D’un coup de baguette magique, la GPA quitte les strass et les paillettes qui la présentaient en bonne fée pourvoyeuse de Bébés-Cadum pour gentils couples en mal d’enfants. Voilà que «le-couple-à-qui-nul-ne-saurait-imposer-une-souffrance» se transforme en client-roi parfaitement odieux qui bouffe ce qui lui plait et laisse le reste sur le bord de l’assiette.

Voilà que le refus par la mère porteuse de l’avortement du jumeau handicapé devient un acte de résistance.

Voilà que l’enfant trisomique devient une victime symbolique qui déclenche un élan international de générosité et le rend bénéficiaire – pour l’aider à vivre – d’une somme dix fois supérieure à celle promise à sa mère infortunée.
Bref, c’est l’horreur pour les promoteurs de la GPA qui sont pris à contre-pied. Les stéréotypes se retournent, la logique de la GPA s’inverse, Pierre Bergé peut se remettre à la couture.

Pourtant, rien ne devait poser de problème. Le couple était bien comme il faut, à l’ancienne, composé d’un homme et d’une femme, et frappé d’infertilité. Il s’agissait donc d’une indication quasiment médicale pour laquelle certaines bonnes âmes seraient tentées d’être accommodantes (le fameux «cas où» le GPA serait acceptable). La mère porteuse avait plus qu’honoré son contrat puisqu’elle avait donné naissance non pas à un, mais à deux enfants. N’était-ce pas une bonne nouvelle, pour tout couple en mal d’enfants, que d’être comblés par une surabondance imprévue?
Nul complot n’a été ourdi pour faire dérailler ce train d’une transgression si bien partie. Mais la nature humaine (qui, rappelons-le, ne devrait plus exister) a subrepticement repris ses droits. La réalité de la GPA a montré son vrai visage, à savoir qu’il s’agit d’une vraie grossesse dans le ventre d’une vraie femme.
 
D’abord, la biologie nous enseigne que la procréation assistée occasionne davantage de grossesses gémellaires. Ce genre de situation risque donc d’être fréquent. Ainsi, on rencontrera des couples qui, sans même que l’un de leurs jumeaux soit malade, refuseront tout simplement d’avoir deux enfants parce qu’ils n’en avaient commandé qu’un seul auprès de la mère porteuse. Qu’à cela ne tienne, nous dira-t-on, il y a l’avortement sélectif portant sur l’un des jumeaux, comme cela a été proposé à la jeune Thaïlandaise? Ce n’est pas si simple. L’acte consiste en une injection létale sur l’un des fœtus qui, une fois mort, restera in utero jusqu’au terme du développement de l’autre fœtus. Et la mère accouche à la fois d’un bébé vivant et d’un bébé mort. Faut-il préciser qu’il s’agit d’une pratique extrêmement contestée…

Ensuite, la mère porteuse reste une femme. Et l’appartenance à la nature humaine, qu’on le veuille ou non, se caractérise par la liberté. En l’occurrence, la parturiente s’est vue immédiatement proposer l’avortement du jumeau atteint dès que le diagnostic prénatal de la trisomie a été posé. Mais manque de «chance» pour ses clients, cette jeune maman de 21 ans, qui avait déjà deux enfants, a refusé d’avorter, fût-ce sélectivement, assumant les risques qui en découleraient pour elle et sa famille.

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