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Cardinal Barbarin : « les chrétiens d’Irak avaient l’impression d’être oubliés »

DR / diocèse de Lyon

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Radio Vatican - Publié le 02/08/14





Quel est le regard qu’il porte sur la France ? Vous êtes un évêque, vous représentez l’Église catholique mais aussi un évêque venu de France. Quel est le regard qu’ils portent sur la France et quelles sont leurs attentes ?

Cardinal Barbarin : Ils avaient l’impression qu’ils étaient oubliés. Depuis des siècles et des siècles, ils sont persécutés et chassés. Le Patriarche m’expliquait que c’était vraiment dans l’histoire de leurs familles et que son papa avait vécu trois exils dans sa vie. En fait, ils étaient contents qu’on soit là. Je me suis dit que c’était comme dans la parabole du Bon Samaritain. On sait qu’il y a une souffrance, il ne faut pas passer en disant « oh les pauvres ! ». Il faut s’arrêter, se pencher, aller dans le caniveau et écouter. Par exemple, hier, à Kirkuk, on m’a fait pencher sur un enfant qui était malade. On est allé voir les endroits où il logeait : « ici, on loge à 24 dans cette pièce ». On a vu d’autres personnes qui étaient hébergés dans des familles, un peu partout, avec une très grande attention de tout le monde. Je montrais sur mon portable, les photos qu’on m’avait envoyé par sms des manifestations devant la cathédrale Saint-Jean à Lyon, devant Notre-Dame de Paris pour les chrétiens d’Irak. Et quand ils voyaient que les Français avaient des affiches. « Moi aussi je suis un « N », un chrétien », c’était pour eux  un titre de fierté. Ils étaient très contents. Moi je portais cet insigne sur ma propre chemise. Ils ont vu qu’on était vraiment avec eux. Hier, l’évêque de Kirkuk a dit dans sa cathédrale « Avant, nous étions sans joie et maintenant, notre voix est entendue ». C’est la plus grande joie de ce voyage. Hier soir, quand on rentrait sur Erbil, le Patriarche m’a dit que de jour en jour, ils ont vu leur moral remonter. Ils ont vu qu’on était une délégation de l’Église de France et ils ont compris qu’en France, les gens se mobilisaient beaucoup pour eux. Ça les a beaucoup touchés. Ce n’est pas d’argent qu’ils ont besoin. Ils ont besoin d’amitié, de chaleur fraternelle, de proximité humaine. C’est surtout cela dont ils avaient besoin.

Chez vos diocésains de Lyon, est-ce que vous sentez une prise de conscience et une volonté de mettre en œuvre une chaine de solidarité, de fraternité pour leur venir en aide ?
Cardinal Barbarin : Oui, tout à fait. Dès que mon voyage a été annoncé, il y a des quantités de dons qui sont arrivés. Les gens disent « Pour les chrétiens d’Irak ». Je suis sûr qu’il y a encore des sous qui arrivent et ça ira pour les réfugiés de Mossoul. La situation de l’évêque de Mossoul est touchante. C’est un évêque et il n’a même pas le droit d’être dans sa ville. C’est un évêque exilé ainsi que tous ces chrétiens. Il y a entre 8000 et 10000 chrétiens qui ont été expulsés de Mossoul et qui sont maintenant accueillis dans des quantités d’endroits. Il y a 30 familles par ici, 25 familles par là.
L’évêque y va et les visite. Hier soir je l’ai vu et je lui ai donné l’argent des chrétiens de France, donné par l’œuvre d’Orient et  par le  diocèse de Lyon qui se jumelle avec eux. Ils nous diront dans les prochains mois ce qu’ils en auront fait. Petit à petit, il nous exprimera aussi les besoins. Moi, je leur ai promis de dire tous les jours le Notre Père en chaldéen, dans leur langue liturgique. J’espère que je vais finir par le savoir par cœur à force de le répéter, jusqu’à ce qu’ils puissent revenir à Mossoul. Mais en français ou en chaldéen, c’est toujours le « Notre Père ». Les gens peuvent très bien s’associer à cela et dire un Notre Père pour tous les chrétiens d’Irak, pour que la volonté du Dieu se fasse et qu’ils puissent revenir dans leur ville, leurs maisons, à leur place, dans leur église. C’est une toute petite minorité qui n’a rien avoir avec les trois gros blocs de ce pays qui sont les sunnites, les chiites et les kurdes. Elle est présente dans ces trois milieux très opposés entre eux et partout, elle fait œuvre de paix. Ce sont des artisans de paix. Il y a quelque chose de très touchant dans la présence des chrétiens.

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Tags:
Cardinal BarbarinChrétiens d'Orient
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