Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Lundi 19 avril |
Saint Léon IX
home iconActualités
line break icon

Cardinal Barbarin : « les chrétiens d’Irak avaient l’impression d’être oubliés »

DR / diocèse de Lyon

cardinal barbarin 1

Radio Vatican - Publié le 02/08/14

À peine de retour à Lyon, le cardinal Barbarin est revenu sur sa rencontre avec les chrétiens d'Irak, et ceux de Mossoul, contraints de fuir la ville sous les menaces de l'Etat islamique.

Une délégation de l’Eglise de France vient d’effectuer une visite de quatre jours auprès des communautés chrétiennes d’Irak, touchées par la guerre qui frappe le pays. Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, Mgr Michel Dubost, évêque d’Evry, et Mgr Pascal Gollnisch, directeur de l’Œuvre d’Orient, sont allés à la rencontre des chrétiens notamment à Qarakosh, Alqosh, Kirkouk et Erbil.
Parmi les centaines de personnes rencontrées, de nombreux réfugiés qui ont dû fuir Mossoul le mois dernier, suite à l’ultimatum des djihadistes de l’Etat islamique, qui voulaient expurger la deuxième ville irakienne de toute présence chrétienne.
Interrogé par Cyprien Viet pour Radio Vatican, le cardinal Barbarin, archevêque de Lyon, dit son émotion d’avoir été accueilli avec tant de joie et de chaleur par des chrétiens qui, pour beaucoup d’entre eux, ont perdu tous leurs biens, mais ont gardé intacte leur fidélité au Christ :

"Pas une seule trahison, pas un seul reniement. Quand on voit ce que Saint-Pierre a renié à Jésus au moment de la passion, eux, ils sont dans leur passion en disant « nous sommes chrétiens ». C’est quelque chose d’incroyable. Une deuxième merveille étonnante, c’est qu’aucun d’entre eux n’a été tué. Certes, ils ont été traités de manière très violente et expulsés de chez eux, de leurs magasins, de leur travail, de leurs entreprises et de leurs maisons. Ensuite, ils sont sortis, aidés par des voisins musulmans ou bien ils ont réussi à passer grâce à la ruse. Mais aucune vie n’a été supprimée. C’est quelque chose de beau dans cette ville où des quantités de musulmans ont été massacrées. Il y a eu énormément de morts musulmans à cause des conflits entre sunnites et chiites mais aucun sang chrétien n’a coulé."

Il y a quelque chose d’assez surprenant dans les images qu’on a pu voir de votre voyage. On a eu l’impression qu’il y avait une certaine joie, que les gens étaient joyeux, chaleureux. Est-ce que cette joie chrétienne peut nous interpeller, nous aussi, Français, sur notre tiédeur dans notre vie de foi ?
Cardinal Barbarin : cela vous est sûrement déjà arrivé : vous allez voir un malade à l’hôpital et vous êtes tout tremblant avant d’entrer dans la chambre en disant « Mon Dieu, il est en très mauvais état. Comment vais-je le trouver ? Qu’est-ce que je vais lui dire ? Pourvu que je ne commette pas d’impair ». Et vous en sortez fortifié par le malade. Vous avez bien meilleur moral en sortant qu’en rentrant parce que c’est lui qui vous a redonné votre propre force. On a vu cette force de la foi en eux. On a vu les larmes, on a entendu les récits, on a vu les gens profondément découragés et en même temps, hier, on a chanté dans la cathédrale de Kirkuk. On chantait avec les chorales de jeunes et leurs chants étaient magnifiques. On était heureux d’être avec eux. Moi, je leur ai promis de dire le « Notre Père » en chaldéen tous les jours, jusqu’à ce qu’ils puissent rentrer dans Mossoul. Je l’ai récité devant eux, encore un peu balbutiant parce que je ne le connais pas encore pas cœur. Ils étaient contents. Il y avait une grande allégresse avec des applaudissements, de la joie et des chants parce qu’il y a eu une vraie rencontre. Je me suis lié d’amitié avec l’évêque de Kirkuk et le Patriarche de Bagdad, tout simplement parce que je les ai reçu lors d’un colloque qui s’est tenu à Lyon et ils ont passé trois-quatre jours chez moi. On a pu parler lors du petit-déjeuner par exemple. Quand ils ont souffert, je leur ai téléphoné. Tout d’un coup, je leur ai dit « Je viens. Si je viens, est-ce que c’est bien ? ». Ils m’ont dit que non seulement c’était bien mais qu’ils avaient également énormément besoin d’une visite. Je leur ai prévenu que ce ne serait rien de mondain, qu’il n’y aurait pas de rencontre officielle avec des ministres ou des ambassadeurs mais des rencontres avec les gens. On n’a fait que cela. Pendant quatre jours, on a rencontré 50 personnes dans une école, 100 ou 200 personnes dans une chapelle et  plus de 1000 personnes dans une cathédrale. Mais une, deux, trois ou quatre fois par jour, on a rencontré les gens dans les centres principaux à Alqosh, Kirkuk, Qarakosh et Erbil. On en a plein les oreilles et le cœur. Ça a été un contact magnifique.

  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Tags:
Cardinal BarbarinChrétiens d'Orient
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
1
BENEDICT XVI
Hugues Lefèvre
Une 94e année éprouvante pour le pape émérite Benoît XVI
2
WEB2-Quentin-Bernier-Gravat-VILLE-DE-VINCENNES.jpg
Agnès Pinard Legry
Vincennes : l’élu avait aussi l’Ordre de Malte dans l...
3
Marzena Devoud
Les six choses (importantes) à savoir sur les funérailles du prin...
4
WEB2-LES-FRANGINES-YOUTUBE.jpg
Bérengère Dommaigné
« En quelques secondes, tu fais pleurer le monde », Les Frangines...
5
Funeral of Prince Philip
Marzena Devoud
L’adieu de la reine Elizabeth à son époux
6
adoption
Cerith Gardiner
Parents de cinq enfants, ils adoptent une fratrie de sept frères ...
7
La rédaction d'Aleteia
Il y avait-il un saint à bord du Titanic ?
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement