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Stauffenberg, l’homme qui accepta de « perdre son âme pour en sauver des milliers »

Tom Cruise joue l’officier Claus von Stauffenberg dans le film Walkyrie.

© TFM Distribution

Tom Cruise joue l’officier Claus von Stauffenberg dans le film Walkyrie.

Sylvain Dorient - publié le 22/07/14 - mis à jour le 20/07/22

Le 21 juillet 1944, Claus von Stauffenberg mourait sous les balles d’un peloton d’exécution. L’officier qui fut le principal instigateur de l’attentat contre Hitler avait puisé sa résolution dans la Somme Théologique de Thomas d’Aquin.

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On connaît un peu mieux son histoire depuis le film Walkyrie, avec Tom Cruise dans le rôle de l’officier renégat, mais Stauffenberg a longtemps été un résistant obscur. Jean-Louis Thiériot, historien qui a consacré une biographie au personnage explique : « Conservateur, aristocrate, militaire, chrétien, misogyne, il n’est pas taillé dans le bois dont le siècle aime faire ses héros ».

Pourtant ce fut l’auteur de la conjuration la mieux structurée et la plus sérieuse jamais orchestrée contre Hitler. Comment cet officier brillant, militaire de carrière a-t il put se retourner contre le Führer du troisième Reich ?

Rejet de l’antisémitisme

Stauffenberg choisit le métier des armes et la cavalerie pour servir le Reich. Il ne cachant pas sa répugnance pour la République de Weimar, persuadé qu’il doit « servir l’Allemagne au premier rang ». Disciple du poète Stefan Jorge, il se rend avec le vieil homme sur le plateau de Thuringe où selon la légende dort « l’empereur caché », Barberousse. Il rêve avec la confrérie de romantiques établie autour du poète à un nouveau Reich, dirigé par un homme providentiel, qui incarnerait les vertus du grand croisé.

Mais quand Hitler monte en puissance, il ne le confond pas avec Barberousse, comme on pourrait le craindre. Les SA en particulier lui répugnent profondément et on ne trouve chez lui aucune trace d’antisémitisme. En revanche, c’est un anticommuniste farouche. Dans sa jeunesse, il a connu les manifestations spartakistes de Stuttgart, la crainte des « battues aux aristocrates », plusieurs de ses cousins sont tombés sous les balles communistes en Bavière… Et sa tante qui a dû fuir la Russie lui a donné un aperçu de la barbarie rouge.

D’abord troublé par le pacte germano-soviétique, il découvre lors de la campagne de Pologne le massacre de 37 juifs par les SS. Révolté, il dépose une plainte énergique qui n’aboutira jamais. Cette première exaction sera suivie de nombreuses autres. Elles porteront progressivement l’officier de la Wehrmacht à se retourner contre le Führer.

« Perdre son âme pour en sauver des milliers »

En 1942, alors que l’offensive allemande atteint son apogée à l’Est, il récolte des renseignements en Ukraine sur les massacres commis par ses compatriotes en Russie. Il écrit à de nombreux officiers allemands, parmi lesquels Ernst Jünger qui demeure incrédule, pour les avertir et les convaincre de monter un coup d’état. « Par moment, écrit-il, ces choses m’apparaissent comme un cauchemar, un rêve démoniaque. Il est pourtant utile de regarder les symptômes pathologiques avec les yeux du médecin ; il ne faut pas se dérober. Le bourgeois, lui, rentre dans sa coquille pour ne pas voir. »

Lecteur de la Somme Théologique de saint Thomas d’Aquin, il partage sa justification du régicide dans certaines circonstances. Et quand on lui reproche de vouloir briser le serment qu’il a prêté à Hitler, il réplique « il faut perdre son âme pour en sauver des milliers ». Plusieurs de ses compagnons sont saisis par la Gestapo. Des héros méconnus comme Molkte et Leber ont été torturés à mort sans donner le nom de Stauffenberg.

Ces sacrifices sont importants car ils ouvrent un espace intérieur et empêchent la nation de sombrer, tout entière, d’un seul bloc, dans les profondeurs effroyables du destin.

Malgré sa résolution, l’attentat tarde à se concrétiser et il se rapproche de l’état-major d’Hitler pour poser lui-même la bombe. Il ne se contente pas de vouloir couper la tête de la bête nazie, il prévoit aussi l’après IIIe Reich, orchestrant un coup d’état réaliste, qui retourne contre elle-même l’administration allemande. Par une succession incroyable de malchance, la bombe ne tue pas le dictateur. Le Führer a été victime d’une quarantaine tentatives de mètres, dont cinq très sérieuses, un grain de sable a sauvé Hitler. Les conjurés sont arrêtés, et la rébellion est écrasée dans le sang.

Dans son journal du 22 juin 1944, Ernst jünger salue « les dernières figures chevaleresques, des libres esprits, de ceux qui pensent et sentent au-delà des mornes passions (…) ces sacrifices sont importants car ils ouvrent un espace intérieur et empêchent la nation de sombrer, tout entière, d’un seul bloc, dans les profondeurs effroyables du destin. »

Tags:
NazismeSeconde guerre mondialeTerrorismeThomas d'Aquin
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