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Boeing abattu : la faute qui isole les rebelles russes d’Ukraine

Pro-Russian militants, Ukraine, 20140425 – fr

AP Photo/Sergei Grits

Philippe Oswald - publié le 22/07/14

Avec l’énorme « bavure » que le monde entier leur impute, les séparatistes russes d’Ukraine ont sans doute perdu l’appui de Moscou.

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(Légende photo : des séparatistes pro-russes d'Ukraine)

Cinq jours après le crash du Boeing 777 de Malaysia Airlines à l’est de l’Ukraine, les dépouilles des victimes de cette « bavure » de guerre civile – un «crime odieux» selon l'Association internationale du transport aérien, l'Iata, organisation qui regroupe l'ensemble des compagnies aériennes dans le monde- ont enfin quitté la zone de la catastrophe pour examen et identification.

Le train de wagons réfrigérés a quitté la zone tenue par des séparatistes russes. Ils sont arrivés en fin de matinée à Kharkiv, ville contrôlée par le gouvernement de Kiev. Les premières dépouilles doivent arriver mercredi aux Pays-Bas.

Cédant à la pression internationale et sans doute aussi aux injonctions de Moscou, « les rebelles ont remis les deux boîtes noires de l’appareil à des experts malaisiens et annoncé un cessez-le-feu autour du site du crash dans un rayon de 10 km », rapporte Le Parisien. Ce sont les Pays-Bas, pays d’où a décollé l’avion et qui compte le plus de victimes (193 de ses ressortissants sur les 298 victimes), qui mèneront l’enquête à la suggestion de Kiev.
Profitant du désarroi du camp adverse, l'armée ukrainienne a lancé l'assaut contre les insurgés à Donetsk, ville de l'est du pays et bastion rebelle.

La Russie, sur la sellette de l’opinion internationale, pourrait être la cible de sanctions économiques de la part des Européens (le conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne les annoncera sans doute dans les prochaines heures). Mais la situation économique de beaucoup de membres de l’Union, et notamment de la France, incite à ne pas « pousser le bouchon » trop loin.

Celle-ci, après avoir vendu un premier navire de guerre « Mistral » à la Russie, perdrait la bagatelle d’un milliard d’euros si elle renonçait à livrer le second, comme l’y invitent avec insistance Américains et Britanniques. Il y a fort à parier que Paris se contentera de déclarations « musclées » pour gagner du temps avant de convenir que Poutine sera devenu un interlocuteur raisonnable avec lequel on pourra continuer à commercer (François Hollande a déclaré hier que la livraison du 2e navire Mistral à la Russie «dépendra de l'attitude» de Moscou dans le conflit ukrainien). (cf Le Monde)

Le Président russe a une fameuse épine dans le pied avec les séparatistes russes d’Ukraine qui le considèrent comme un traître parce qu'il refuse depuis des mois de s’engager plus avant à leurs côtés (cf. Le Monde). Mais amateur d’échecs et judoka, il saura sans doute se servir de son actuelle position de faiblesse et de l’énorme « bourde » commise par ses protégés pour les larguer.

En attendant, il fait profil bas en assurant que « la Russie fera tout ce qui est en son pouvoir pour une enquête complète, impliquant toutes les parties, en profondeur et transparente» (cité par les agences russes lors d'une réunion du Conseil de sécurité russe). Mais il ajoute aussitôt : «On nous appelle à faire pression sur la rébellion. Nous ferons bien sûr tout ce qui est en notre pouvoir, je le répète, mais cela ne suffira pas», relevant l’actuelle attaque de blindés des forces ukrainiennes contre Donetsk, où sont retranchés les rebelles.(Mediapart estime que « loin d’apaiser les tensions ou de conduire les parties à la raison, le crash du MH17 dans l'est de l'Ukraine risque au contraire de conduire à une nouvelle escalade. Le Kremlin s'enferme dans sa rhétorique et continue de nier tout lien avec les troupes séparatistes…» : mais c’est donc bien que Poutine les juge infréquentables, me semble-t-il).

Terminons avec cette anecdote qui en dit long sur l’état  du monde : pour éviter désormais de survoler l’Ukraine, les avions de Malysia Airlines reliant l’Europe du Nord à Kuala Lumpur passent au-dessus…de la Syrie (« … un espace aérien approuvé par l'Organisation de l'aviation civile internationale (l'ICAO)» assure la compagnie…) (cf. Europe 1

Notons que l'administration de l'aviation civile américaine "déconseille vivement" aux compagnies aériennes américaines de survoler la Syrie, comme l’Ukraine…

Tags:
Guerre en UkraineMalaisieRussie
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