Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Samedi 23 janvier |
Saint Alphonse de Tolède
home iconActualités
line break icon

Irak : après Mosul, prochain objectif Kirkuk ?

DR / AED

Kirkuk AED

Aide à l'Eglise en Détresse (AED) - Publié le 20/07/14

À Kirkuk, les chrétiens ont peur : l'ISIL n'est plus qu'à 20 kilomètres. Faut-il partir ou rester ?

Kirkouk : l’Irak en modèle réduit. Cette ville multiethnique au nord du pays est la patrie de Kurdes, Arabes, Turkmènes et chrétiens. Depuis des années, des attentats ébranlent la ville, d’autant que la région possède d’importantes ressources pétrolières. Après la progression de l’État Islamique en Irak et au Levant (EILL) en juin, les Kurdes ont occupé la ville. Mais les djihadistes de l’EILL, qui sont à seulement une vingtaine de kilomètres, veulent aussi s’en emparer. Les habitants craignent à nouveau des combats. Comment vivre dans une telle situation lorsqu’on est chrétien ? Deux frères, deux points de vue différents.  L’AED a rendu visite à deux jeunes chrétiens de Kirkouk qui décrivent leur situation.

Choisir sa patrie ou la sécurité de sa famille ?
« Le réservoir de ma voiture est toujours plein. Si la situation s’empire, je prends ma femme et mon enfant et nous nous enfuyons d’ici. Je ne veux prendre aucun risque. » Karam a 23 ans. Comme environ 5 000 autres habitants de Kirkouk, le jeune père de famille est chaldéen catholique. Sa femme est enceinte de leur deuxième enfant. « Je n’aurais jamais cru que j’envisagerais de partir un jour. Mais maintenant, je ne suis plus seul, je suis en charge d’une famille. » Mohand opine de la tête. Le jeune homme de 26 ans est le frère aîné de Karam. Il est séminariste. « Je comprends mon frère. Il a une femme et un enfant. Nous en parlons beaucoup au séminaire. L’émigration de nos fidèles est vraiment le plus grand défi auquel nous devons faire face. »

Selon le jeune séminariste, il n’y a pas de solution unique à cette situation. « Les gens ont peur pour leurs enfants. Lorsque je dis à une jeune famille : Restez, ne partez pas !, ils me répondent : Et que ferons-nous s’il y en a un qui vient pour nous tuer ? Qui assurera leur sécurité ? ». Ces derniers jours, le dilemme de devoir échanger la sécurité contre leur patrie, préoccupe de nombreux chrétiens irakiens. « Surtout que ce sont en majorité les familles bien formées et aisées qui envisagent d’émigrer. En Occident, ils peuvent facilement reprendre pied en tant qu’ingénieurs ou médecins. Ceux qui restent sont ceux qui n’ont pas les moyens de partir », affirme Mohand.

Depuis qu’il a 14 ans, le jeune homme sait qu’il veut être prêtre. « Je conçois le prêtre comme une bougie brûlante de la foi et de l’espérance. Si elle s’éteint, alors la foi s’éteindra aussi. » Selon Mohand, il faudrait éduquer les chrétiens à mieux comprendre leur foi. « Souvent, ce n’est qu’une croyance par pure habitude. Cependant, il faut qu’elle devienne une conviction en toute conscience », poursuit-il. « Nous autres chrétiens devons être la lumière du monde et le sel de la terre. Un repas sans sel n’a aucune saveur. C’est la vocation chrétienne, également ici en Irak. »

De la difficulté de trouver un travail quand on est chrétien
Karam confirme les propos de son frère. « J’aime ma patrie et ma foi. Mais ce n’était déjà pas facile de vivre ici en tant que chrétien même avant la progression d’EIIL. » Le jeune homme a fait des études d’agronomie. « J’étais le deuxième meilleur étudiant de ma promotion, mais je ne trouve pas d’emploi. » Maintenant, il travaille comme chauffeur de l’évêque de Kirkouk. « L’Église nous aide autant qu’elle peut. Mais tous les bons emplois vont aux musulmans. Pour les chrétiens, il est difficile de trouver quelque chose. J’ai par exemple présenté ma candidature chez Northoil, une grande entreprise pétrolière de Kirkouk. Mais ici, ce sont les chiites qui sont aux commandes, et qui positionnent leurs coreligionnaires. Nous, les chrétiens, en sommes pour nos frais. Seules l’armée et la police proposent du travail aux chrétiens. Mais seulement parce que c’est tellement dangereux et que personne ne veut le faire. »

  • 1
  • 2
Tags:
ChrétiensChrétiens d'Orient
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
1
WEB2-Farah Shaheen-ACN
Agnès Pinard Legry
Pakistan : Farah, chrétienne de 12 ans, enlevée, violée et réduit...
2
Cerith Gardiner
Mariée pendant la pandémie, elle choisit ses grands-mères comme d...
3
Domitille Farret d'Astiès
Le dernier compagnon de Padre Pio est décédé
4
Agnès Pinard Legry
Bioéthique : le texte qui arrive au Sénat a bien changé
5
web2-mgr-chauvet-afp-000_1hh3qc.jpg
Caroline Becker
Mgr Chauvet : "Face au drame de Notre-Dame, le Seigneur m'apprend...
6
I.Media
10 ans après son ralliement à l'Église catholique, un ancien évêq...
7
Domitille Farret d'Astiès
Sans-abri, "Neneuil" a eu une fin de vie royale
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement