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GPA : Delors et Jospin rappellent à Hollande que « les êtres humains ne sont pas des choses »

Judikael Hirel - Publié le 14/07/14

Enfin, la gauche se réveille dans le combat contre les contrats de mères porteuses. Une soixantaine de personnalités, dont Delors et Jospin, s'engagent contre la GPA.

"Louer son ventre pour faire un enfant ou louer ses bras pour travailler à l’usine, quelle différence", avait déclaré Pierre Bergé, fidèle à l’esprit de tolérance qui le caractérise. Sur ce sujet comme sur bien d’autres, il semblait jusque-là difficile au Parti Socialiste de se détacher des positions extrêmes du milliardaire militant.

"Le contrat de mère porteuse est contraire au principe de respect de la personne, aussi bien celui de la femme, qui porte l’enfant commandé, que celui de l’enfant, commandé par une ou deux personnes, qui se développe dans le ventre de la «porteuse», puis est livré. Les êtres humains ne sont pas des choses." Cette fois, le propos est clair : enfin, sur la GPA, des personnalités de gauche osent réagir et prendre clairement position, alors que Mme Agacinsky, la compagne philosophe de Lionel Jospin, se sentait jusque-là bien seule en pointe sur ce sujet.

C’est sans doute la dernière jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme qui a conduit une soixantaine de personnalités, pour la plupart de gauche, à publier une tribune le 14 juillet dans les colonnes du quotidien Libération. Aux côtés de Lionel Jospin ou de Jacque Delors figurent ainsi, aux côtés de nombreux élus de gauche, des personnalités telles que Sylviane Agacinski, José Bové, Olivier Poivre d’Arvor, Catherine Dolto, Jacques Testart, Catherine Tasca, Nicole Notat, et même les coprésidentes de la Coordination lesbienne en France, ou la Coordination des associations pour le droit à l’avortement et à la contraception (Cadac).

La CEDH a récemment estimé que le refus de la France de transcrire des actes de filiation réalisés aux États-Unis à la suite de naissances par mère porteuse portait atteinte à "l’identité" des enfants. Une telle décision ouvre littéralement la porte à un "marché des ventres" à l’international, celles et ceux qui en ont l’envie et les moyens pouvant louer le corps de femmes à l’étranger pour porter un enfant à leur place.  "Si la France plie, si les filiations des enfants issus de contrats de mère porteuse faits à l’étranger sont inscrites à l’état civil français, alors le marché des bébés devient de fait efficace", dit notamment cette tribune signée par de grands noms de la gauche tels que Jacques Delors, Lionel Jospin, mais aussi Yvette Roudy, ministre des Droits des femmes sous François Mitterrand, ou l’ancienne secrétaire nationale du PCF, Marie-George Buffet. Autant de personnalités dont on aura du mal à disqualifier la parole.

Pour ces signataires, le fait que le gouvernement ne fasse pas appel de cette décision de la CEDH aura pour conséquence directe que "le contrat de mère porteuse fait à l’étranger sera aussi efficace que s’il était licite."Une fois cela acquis, monsieur le Président, comment allez-vous expliquer aux Françaises et aux Français que, s’ils ont de l’argent, ils pourront aller acheter un bébé à l’étranger et le faire inscrire comme leur fils ou leur fille sur l’état civil français tandis que, s’ils ne sont pas assez fortunés, ils devront subir l’interdiction qui demeurerait en droit français applicable aux contrats de mère porteuse réalisés en France ? Et comment interdire cette pratique en France si l’on en reconnaît les effets sous le prétexte qu’elle aurait été mise en œuvre dans un pays où elle est autorisée ?"
 "C’est pourquoi, Monsieur le Président, nous vous demandons, au nom de votre engagement constamment exprimé, de vous opposer publiquement à l’admission par le droit des contrats de mère porteuse", poursuivent les signataires, qui demandent également au chef de l’État de "renforcer le dispositif législatif de lutte contre la prospection de clients français par les agences de mères porteuses". Enfin, il est "concevable de trouver des solutions techniques pour améliorer la situation juridique des enfants présents sur le sol français, sans succomber à ce qui est un triomphe de l’industrie de l’enfantement sur commande".

Lire cette lettre ouverte sur le site de Libération

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