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Etats-Unis : Un prêtre risque la prison au nom du secret de la confession

Frederique Voisin Demery

Gaudium Press - Publié le 12/07/14

Le diocèse de Baton Rouge défend fermement la position de son prêtre face à une décision judiciaire.

Exceptionnellement, le Diocèse de Baton Rouge, aux Etats-Unis, a publié un communiqué officiel pour rejeter un concept de la Cour Suprême de Louisiane sur la prétendue obligation d’un prêtre de témoigner pour permettre d’éclaircir une affaire.

Le problème, rédhibitoire pour l’Eglise, c’est qu’il est demandé à ce prêtre rien moins que de révéler le contenu de la confession sacramentelle de la victime présumée. « Selon une doctrine fondamentale de l’Eglise catholique Romaine durant des millénaires, le secret de la confession est absolu et inviolable », a répondu le diocèse dans une déclaration officielle. Conformément à ce grave engagement, « le prêtre est tenu de ne jamais briser le sceau de la confession. Il n’est même pas autorisé à dire qu’il a entendu quelqu’un en confession ». C’est pourquoi, le père Jeff Bayhi, prêtre du diocèse, doit s’abstenir de témoigner dans le procès d’une fillette qui, théoriquement, lui aurait révélé dans le sacrement de la confession les détails d’une agression contre elle. En outre, le prêtre doit faire face aux accusations de n’avoir pas dénoncé les faits qui auraient été portés à sa connaissance. Le prêtre a donc refusé de témoigner à ce sujet.

Le secret de la confession doit être défendu à tout prix « Si nécessaire, le prêtre peut aller jusqu’à un procès au civil et subir une peine d’emprisonnement plutôt que de violer son devoir sacré,  de violer le secret de la confession et son devoir  à l’égard du pénitent », a déclaré le diocèse en termes clairs sur ce qui pourrait être l’avenir de P. Bayhi, qui a maintenu son refus de témoigner. « Ce n’est pas une zone grise dans la doctrine de l’Église catholique romaine », ajoute le communiqué. « Un prêtre / confesseur qui viole le secret de la confession encourt l’excommunication automatique dont le pardon est réservée au Siège apostolique  dans la Cité du Vatican ».

La liberté religieuse du prêtre et le secret de la confession ont été protégés par la Cour d’Appel américaine pour le Premier Circuit (United States Court of Appeals for the First Circuit), mais il a été fait appel par les demandeurs devant la Cour Suprême de Louisiane, laquelle à son tour a ordonné au tribunal de district (de première instance) d’effectuer l’audience polémique et de déterminer s’il y a eu un sacrement de la confession susceptible d’être protégé le cas échéant. La Cour suprême de la Louisiane ne peut ordonner au tribunal de district de faire ce qu’aucun tribunal civil ne pourrait faire : déterminer ce qui constitue le sacrement de la Réconciliation dans l’Eglise catholique, a protesté le diocèse. L’Etat et la jurisprudence fédérale affirment clairement qu’aucune juridiction n’a compétence pour statuer sur les  revendications concernant des questions purement religieuses de cette nature, a-t-il rappelé.

Le Diocèse a soutenu alors l’action de son prêtre et a affirmé que la loi de l’Eglise ne permet pas non plus que le pénitent ou autre personne révèle le contenu de la confession sacramentelle. Il a, en outre, dénoncé le fait qu’un tribunal au civil prétende déterminer si une situation est  ou n’est pas protégée par le secret de la confession,  ce qui constitue « une violation flagrante et inacceptable de la clause d’établissement de la Constitution des États-Unis ». « Cette question a de graves conséquences pour toutes les religions, non seulement pour la foi catholique», a ajouté le diocèse. “Les statuts impliqués dans cette affaire se réfèrent aux « communications sacrées » qui sont confidentielles et exemptées d’un compte rendu obligatoire ». L’Eglise locale a réclamé le respect de la liberté  religieuse et invoqué la séparation de l’Eglise et de l’Etat en même temps qu’elle annonçait qu’elle entamera toutes les actions en justice à disposition pour protéger le libre exercice de la religion par ses membres.

Article publié par Gaudium Press et traduit de l‘édition hispanophone d’Aleteia par Elisabeth de Lavigne
Sources : Diocèse de Baton Rouge et UCANews

Tags:
confession
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