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Indonésie : le christianisme sur la sellette dans la campagne électorale

© AFP PHOTO / Timur MATAHARI
INDONESIA, Batujajar : TO GO WITH Indonesia-election,FOCUS by Angela Dewan

This photograph taken on July 2, 2014 shows Indonesian frontrunner presidential candidate Joko Widodo (2nd L) speaking to supporters as he campaigns in Batujajar, West Bandung, in West Java province. Smear campaigns have escalated ahead of the country's presidential election on July 9, 2014 with the candidates' supporters playing dirty to control the messages swirling in the media, a trend commentators say has contributed to a steep fall in support for presidential frontrunner Joko Widodo over his main rival, Prabowo Subianto. AFP PHOTO / Timur MATAHARI
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Climat tendu sur fond d’antagonisme entre islam et christianisme à la veille de l'élection présidentielle, le 9 juillet. Tous les coups semblent permis entre les partisans du gouverneur de Djakarta, Joko Widodo, et ceux du général Prabowo Subianto.

(Légende photo : Joko Widodo en tournée électorale. Pour lui barrer la route, la rumeur le présente comme un chrétien d’origine chinoise).

Du bulletin d’information des Missions étrangères de Paris (MEP), Eglises d’Asie :

Mercredi 9 juillet, 187 millions d’électeurs sont appelés à choisir leur président. A l’approche de ce scrutin, le troisième du genre depuis la chute du président Suharto en 1998 et la démocratisation du régime, la tension monte et l’argument religieux est un argument de choix  dans une campagne où tous les coups semblent permis.

Deux candidats sont en présence (1) et, le président sortant ne pouvant briguer un troisième mandat, ils sont formés par deux hommes très différents : l’actuel gouverneur de Djakarta, Joko Widodo, surnommé Jokowi, et l’ancien général Prabowo Subianto. Chacun se présente sur un ticket président-vice-président, Widodo faisant équipe avec Jusuf Kalla, et Prabowo étant associé à Hatta Rajasa.

Sur les réseaux sociaux, des messages ont circulé présentant Widodo comme un chrétien d’origine chinoise, d’autres dénonçant ses accointances passées avec les communistes. S’il semble que la majorité de ce type d’attaques a visé Widodo, d’autres messages, sur Twitter et YouTube, ont colporté l’idée que Prabowo était un psychopathe et une personnalité violente.

Si la plupart de ces affirmations ont été démenties par les intéressés et leurs équipes de campagne, il apparaît qu’elles ont un impact sur l’opinion publique. Interrogé par l’AFP, Endy Bayuni, rédacteur en chef au Jakarta Post, déplore ainsi le fait que « le résultat du scrutin ne sera sans doute pas décidé par un choix informé des électeurs car ces campagnes de diffamation ont un impact très réel sur les électeurs ».
Il y a quelques mois encore, Widodo était crédité par les instituts de sondage d’une très confortable avance sur son concurrent Prabowo : près de 30 % d’opinions favorables en plus. Mais cette avancée a fondu et elle n’est plus aujourd’hui que de quelques points de pourcentage. Etant donné la marge d’erreur de ce type d’études, l’issue du scrutin du 9 juillet est très incertaine. Mais ce qui est moins incertain est l’impact des rumeurs semées sur les réseaux sociaux : une étude d’Indikator Politik Indonesia montre que, sur 3 000 personnes interrogées, 17 % ont entendu parler de la rumeur selon laquelle Widodo aurait des origines chinoises et serait chrétien, et plus d’un tiers de ces 17 % déclarent penser que ces rumeurs sont vraies.

Face à l’équipe de campagne de Prabowo, très organisée et richement dotée, l’équipe de campagne de Widodo, moins riche, a contre-attaqué en mettant en avant le bilan très défavorable de Prabowo dans le domaine des droits de l’homme, ne mettant pas tant en avant ses responsabilités lors de la crise qui a accompagnée le retrait indonésien du Timor-Oriental que les enlèvements et tortures de manifestants pro-démocratie lors de la chute de Suharto en 1998 (le général Prabowo avait alors ordonné ces enlèvements, suivis d’actes de torture). En dépit du fait que ce sont là des faits avérés, l’étude d’Indikator Politik Indonesia montre que le rappel de ce passé n’a eu que peu d’impact sur la popularité du candidat Prabowo.

Ce n’est pas la première fois que l’entourage de Prabowo recoure à des rumeurs visant à disqualifier son adversaire en le désignant comme un chrétien. Dans les dernières années du régime Suharto, alors que Prabowo, marié à l’une des filles de Suharto, était chargé de courtiser les groupes musulmans conservateurs, des rassemblements furent organisés et des brochures distribuées pour affirmer que la crise financière de 1997-98 faisait partie d’un complot antimusulman orchestré par des intérêts chrétiens, sionistes et chinois ; l’adversaire d’alors de Prabowo était le chef de l’armée, Moerdani, un catholique, et Prabowo était dépeint comme la victime malheureuse d’un complot chrétien ourdi par Moerdani.

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