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Marcello Pera : Mon ami Joseph Ratzinger

© Public Domain
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Retour sur l’amitié personnelle et intellectuelle entre le philosophe et le Pape émérite.

 

 
Entretenez-vous encore des relations avec le pape émérite ? Si oui, sous quelle forme ?
M. P. : Oui, je le vois encore, et pour moi c’est une grande joie, une bénédiction. Notre dialogue et notre communion intellectuelle perdurent. Cela me procure un immense plaisir de le voir dans son appartement et d’échanger avec lui. Il a toujours la même lucidité intellectuelle.
 
Votre amitié est entre autres très bien exprimée dans le livre que nous venons de citer Senza Radici, il s’agit d’un essai datant d’une dizaine d’années avec vos réflexions alternées sur l’Europe, le relativisme, le christianisme et l’islam. Depuis cette année 2004, est-ce que quelque chose a changé dans ces domaines en Europe? En mieux? En pire?
M. P. : Une chose a changé en particulier: on ne discute presque plus de toutes ces questions, l’islam, les relations entre les cultures, l’identité européenne, le rôle du christianisme, ni dans le monde politique, ni dans l’Eglise. C’est la peur qui a prévalu, le manque de courage. On tourne la tête et on avance, comme si le fait de masquer les problèmes pouvait aider à les résoudre. Et cela alors même que- grâce à Benoît XVI en particulier, les chefs de gouvernements européens avaient commencé à s’interroger. Vous souvenez-vous de la venue à Rome du laïc Sarkozy, qui avait déclaré que la France était une nation chrétienne et que la laïcité n’avait rien à voir avec l’anti-religieux? Peut-être ne le pensait-il pas sincèrement, mais il a tout de même soulevé la question. Aujourd’hui, plus personne ne dit ce genre de choses: on craint de perturber le dialogue, ce qui revient à se livrer à des dialogues de sourds, ou plus précisément à une rencontre entre quelqu’un qui aurait une forte opinion de lui-même, qui parlerait -voire qui hurlerait- et l’Occident  qui n’en aurait pas et qui ne voudrait pas en avoir, et qui préfèrerait donc se taire. L’Occident ne s’indigne même plus du martyre croissant des chrétiens dans le monde.
 
Comment jugez-vous les résultats des élections européennes du mois dernier, du point de vue de la problématique anthropologique? Peut-on réellement s’attendre à ce que la nouvelle Commission européenne et le Parlement s’occupent du droit à la vie, de la famille, et de l’éducation selon vos perspectives à vous ou de celles de Joseph Ratzinger ?
M. P. : J’espère que la Commission et le Parlement européen ne sont mettront pas à évoquer ces questions, compte tenu de ce qui sortirait de leurs bouches. Je ne vois personne en Europe qui veuille traiter-même de loin- les questions d’identité et de civilisation. Personne qui ait le courage de faire référence à la tradition chrétienne. Et si quelqu’un le fait, les autres, c’es-à-dire la majorité des bienpensants, des chantres du politiquement correct, et les accommodants le font taire en le qualifiant de « xénophobe » ou de « raciste ». Peut-être que dans de nombreux cas ils sont vraiment, mais comment peut-on ne pas comprendre qu’en imposant le silence sur notre identité et en la dissimulant comme si c’était une faute, on génère précisément ce genre de xénophobie?
L’Europe parle aujourd’hui de «paramètres» pour sortir de la crise économique, mais ne met à aucun moment en relation cette crise avec la crise culturelle et spirituelle. Comme si un peuple, composé de centaines de millions de personnes, était une variante à ajuster, la donnée d’un budget à corriger. Quel désastre! Et c’est un désastre encore plus grand si le nouvel esprit européen pénètre également les États-Unis!
 
Il y a des forces – vieilles et/ou nouvelles – qui au sein du nouveau Parlement européen pourraient contribuer à faire que ce point de vue soit davantage partagé ?
M. P. : Je l’ai déjà dit, il y a beaucoup de « xénophobe ». Mais comme on ne discute pas avec les xénophobes, il arrive que ceux-ci deviennent réellement xénophobe et les autres, sous couvert de l’accusation de xénophobie, restent silencieux. Aujourd’hui, l’Allemagne est dirigée par Mme Merkel et l’Italie par M.

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