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Panis Angelicus : Andrea Bocelli interprète une des plus belles prières sur l’Eucharistie

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Composée pour la fête du Corps du Christ par saint Thomas d’Aquin, écoutez-la magnifiquement interprétée par Andrea Bocelli, sur une musique de César Franck.

Découvrez cette superbe vidéo musicale d’Andrea Bocelli interprétant Panis Angelicus avec le chœur de l’Académie nationale de Santa Cecilia.
Panis Angelicus, paroles de saint Thomas d’Aquin et musique du compositeur César Franck, est une interprétation de quelque chose de plus qu’un concept théologique surgi du puissant génie intellectuel de Thomas d’Aquin, comme de la créativité harmonieuse du compositeur franco-belge.

Il n’est personne qui, l’ayant entendu interpréter par Pavarotti, Placido Domingo, Bocelli ou même la petite Jackie Evancho, puisse nier que cette hymne atteint au sublime. C’est vraiment un chant pour que celui qui le chante, comme ceux qui l’écoutent, se laisse porter un long moment par son propre ange gardien.

Qu’il résonne sous les plus hautes voûtes d’une église gothique ou  à travers les lames acoustiques d’un auditorium moderne d’Occident ou d’Orient, ce chant évoque le plus grand mystère du christianisme authentique, et le plus surnaturel : la transsubstantiation. Il faut que l’âme soit  bien obscurcie,  et endurcie, pour ne pas se laisser toucher par ses paroles et son harmonie.

Tandis que s’ouvrent doucement comme une rose ses notes et les magnifiques paroles en latin, le chant transforme les visages en un mélange indescriptible de gravité et de figé qui confère aux visages hiératiques des expressions pensives, s’envolant vers des paysages extraterrestres. Il suffit d’observer attentivement les visages de l’auditoire dans n’importe quelle salle  de concert ou lieu où  il est chanté, pour se sentir conforté dans le fait que l’éternel existe et que l’homme y aspire. Ce ne sont que quelques minutes d’un encens invisible, sans odeur ni  couleur, comme s’il était fait uniquement  pour être perçu en état de grâce.

Panis Anglelicus est l'une des cinq hymnes eucharistiques  écrites par saint Thomas d'Aquin, telles cinq morceaux de coton doux pour tamponner les cinq plaies de Jésus. Réparation, bien qu’insuffisante, au moins dans une bonne intention, de la part d’une humanité liée par ce grand acte d’amour que fut notre rédemption. Peut-être que si César Franck ne l’avait pas harmonisé dans cette magnifique composition, nous n’aurions pas compris avec tant d’émotion que le Christ est en fait pain des anges, pain du ciel que mangent le serviteur et les humbles.

L’hymne a été composée en 1872, dans une France amère vaincue par les Prussiens et accablée par les atrocités de de la commune de Paris. Il est incroyable que, parmi les décombres fumants d’une période aussi douloureuse pour la fille aînée de l’Eglise, ait surgi un tel chant, composé pour  ténor, orgue, violoncelle, contrebasse et harpe. Voix et instruments de musique d’une civilisation comme il n’y en a jamais eu auparavant sur toute la terre, à l’exception très probablement de celle du Paradis. Et c’est justement par une nostalgie légitime que ces deux chrétiens – un théologien saint et un simple laïc organiste d’église – ont composé hymne et musique à plus de cinq siècles de distance entre les deux, reflet d’une continuité impérissable, encore jusqu’à nos jours.
 

Panis angelicus
fit panis hominum;
Dat panis coelicus
figuris terminum:
O res mirabilis!
ma
nducat Dominum
Pauper, servus, et humilis.

Te trina Deitas
unaque poscimus:
Sic nos tu visita,
sicut te colimus;
Per tuas semitas
duc nos quo tendimus,
Ad lucem quam inhabitas.
Amen.

 
Traduction :
 
Le pain de l’ange
Devient le pain des hommes;
Le pain du ciel met fin
aux figures d’hier:

O, mystère admirable!
il mange son seigneur

Le pauvre, l’esclave et l’humble.
O Déité trine et une

nous t’en supplions,
visite-nous,
tandis que nous t’honorons

Par tes chemins
conduis-nous où nous tendons,
A la lumière que tu habites.
Amen

Article traduit de l'édition hispanophone d'Aleteia par Elisabeth de Lavigne

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