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Délit de solidarité au Havre : la faute de Léopold Jacquens

© Karine Labrun
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L’homme de 70 ans comparait pour son procès en appel aujourd’hui, à Rouen. Sa « faute » ? Avoir porté secours à une femme congolaise sans-papiers.

19/06/2014

Ils ont tout les deux 70 ans et leur existence aura été vécue sous le signe de la charité et de la bienfaisance, quoiqu’en dise la justice. Après la réquisition d’une amende de 12 000 euros à l’encontre du père Riffard (cf. Aleteia) pour avoir hébergé dans l’annexe de sa paroisse des demandeurs d’asile en difficulté, c’est au tour aujourd’hui de Léopold Jacquens de faire face aux juges. Sa faute ? Avoir secouru une femme sans-papiers désespérée. La justice n’a pas fini de nous surprendre…
 
Léopold Jacquens, ancien dessinateur industriel chez Renault, militant de la Croix-Rouge, membre de France terre d’asile et détenteur d’un casier judiciaire vierge depuis 70 ans, n’avait sans doute jamais pensé avoir affaire à la justice. Et pourtant, cet homme engagé et généreux comparaît aujourd’hui, mercredi 18 juin, à Rouen, pour son procès en appel. Condamné en première instance au Havre pour avoir rédigé de fausses attestations pour venir en aide à une sans-papiers congolaise, son sort est désormais entre les mains de la justice.
 
Le condamné est soutenu par un grand nombre d’associations. Lors de la première instance, une centaine de militants de la Ligue des droits de l’homme, d’Amnesty International, mais également l’ancien évêque d’Évreux, Jacques Gaillot, étaient présents. Aujourd’hui, ces mêmes associations se sont déplacées en nombre pour venir soutenir une nouvelle fois le militant havrais. Parmi elles, on y retrouve également entre autres les associations Femmes Solidaires, Attac ou la CGT, qui rejoindront le Palais de Justice de Rouen à 16 heures aujourd’hui pour un rassemblement solidaire. Selon eux, cette affaire n’est autre que le retour du délit de solidarité, qui a pourtant été abrogé le 31 décembre 2012.
 
« Quandj’ai rencontré cette femme à une permanence de la Croix-Rouge, elle était malade. Pour poursuivre ses soins au Havre, elle avait besoin de cette attestation », explique le condamné. Le prévenu plaide alors l’ « humanisme », explication légitime et évidente mais que la justice peine pourtant à accorder : « Les faits sont graves », a affirmé François Pucheus, procureur de la République adjoint, pour qui ce procès est celui d’un homme « prêt à tout et n’importe quoi pour sa cause ». La justice souhaite-elle donc montrer l’exemple, au prix de condamner un homme qui a simplement accompli son devoir ? Si cette condamnation est largement dénoncée, le ministère public, lui, ne faiblit pas et avait déclaré que « la fin ne justifie pas les moyens » (Le Monde).

Léopold Jacquens sera fixé sur son sort en septembre. La cour d’appel a mis son affaire en délibéré.