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Pape François : « J’aimerais rester dans l’Histoire comme un brave type qui a fait de son mieux »

©ALESSIA GIULIANI/CPP

Religion en Libertad - Publié le 14/06/14




L’économie est mue par le désir d’avoir toujours plus et, paradoxalement, alimente une culture de l’exclusion, de la mise à l’écart. On met de côté les jeunes quand on limite la natalité. On met à l’écart aussi les personnes âgées, considérées comme une classe passive, qui ne produit  plus … Ce sont ainsi les forces vives et la mémoire des peuples qui sont mises à l’écart….

Je suis vivement préoccupé par le taux de chômage des jeunes qui, dans certains pays, est supérieur à 50%.  Ce sont ainsi 75 millions de jeunes de moins de 25 ans qui seraient au chômage. Une monstruosité !  Nous mettons à l’écart toute une génération pour maintenir un système économique intolérable ; un système qui, pour survivre, doit faire la guerre, comme l’ont toujours fait  les grands empires.
Comme on ne peut pas faire une troisième guerre mondiale, on fait des guerres locales.  Et qu’est-ce que cela signifie? Qu’on fabrique et vend des armes, les grandes économies mondiales sacrifient l’homme sur l’autel de l’argent roi. Cette pensée unique nous enlève la richesse de la diversité de pensée et, par voie de conséquence, la richesse d’un dialogue entre personnes. La mondialisation peut être une richesse. Une mondialisation mal comprise est celle qui annule les différences […]

Le conflit entre la Catalogne et l’Espagne vous préoccupe-t-il ?
Toute division me préoccupe. Il faut distinguer les indépendances par émancipation et  par sécession. Les premières, par exemple, sont celles utilisées par les Etats latino-américains. Les secondes opèrent un démembrement, qui parfois est très clair. Evidemment il y a des peuples avec des cultures si diverses que même avec de la colle il est difficile de les raccrocher. Le cas de l’ex-Yougoslavie est très clair, mais je me demande  si c’est  aussi clair pour d’autres peuples qui jusqu’à présent étaient unis avec d’autres. Il faut voir au cas par cas. L’Ecosse, la Padanie, la Catalogne. Il y a des cas qui seraient justes et des cas qui ne le seraient pas, mais la sécession d’une nation sans un passé d’unité forcée, il faut la prendre avec beaucoup de pincettes.

La prière pour la paix  du dimanche n’a pas été facile à et n’avait pas de précédents au Moyen-Orient ni dans le monde. Qu’avez-vous ressenti ?
Vous savez que cela n’a pas été facile parce que vous étiez dans le coup. Je sentais que c’était quelque chose qui nous échappait à tous. Au Vatican, 99% disaient que ça ne se ferait pas et ensuite le 1% a augmenté. Je sentais que nous étions poussés à  une chose qui ne nous était jamais arrivée et que, petit à petit, cette chose prenait forme. Ce n’était en rien un geste politique – je l’ai senti d’emblée –  mais un acte religieux : ouvrir une fenêtre sur le monde.

Pourquoi avez –vous voulu aller dans l’ouragan qu’est le Moyen-Orient ?
Le véritable ouragan, en raison de l’enthousiasme soulevé, fut la Journée mondiale de la jeunesse l’an passé.  J’ai décidé de me rendre en Terre Sainte parce que le président Shimon Peres m’a invité. Je savais que son mandat finissait ce printemps, aussi j’ai dû avancer mon voyage. Son invitation a précipité le voyage.

Pourquoi est-ce important pour un chrétien d’aller en Terre sainte?
Pour la Révélation. Pour nous, c’est là que tout a commencé. C’est comme “le Ciel sur la terre”. Un avant-goût de ce qui nous attend dans  l’au-delà, dans la Jérusalem céleste,

Vous et votre ami le rabbin Skorka vous vous êtes embrassés devant le mur des Lamentations. Quelle importance ce geste a-t-il eu pour la réconciliation entre chrétiens et juifs?
Devant le Mur il y avait aussi mon bon ami le professeur Omar Abu, président de l’Institut du Dialogue interreligieux de  Buenos Aires. J’ai voulu l’inviter. Il est ami aussi du rabbin Skorka et je les aime beaucoup tous les deux, et j’ai voulu que cette amitié entre nous trois soit perçue comme un témoignage.

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