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Pape François : « J’aimerais rester dans l’Histoire comme un brave type qui a fait de son mieux »

©ALESSIA GIULIANI/CPP

Religion en Libertad - Publié le 14/06/14

Dans un entretien exclusif accordé au journal catalan La Vanguardia, le Pape répond à une vingtaine de questions, même les plus personnelles et intimes.

Au lendemain de la prière pour la paix avec les présidents d’Israël et de Palestine, le pape François a reçu Religion en Libertad  avec le quotidien espagnol La Vanguardia, le lundi 9 juin au Vatican  pour une longue interview exclusive. Le pape était heureux d’avoir fait tout son possible pour l’entente entre Israéliens et Palestiniens. De la persécution des chrétiens à la violence au Moyen-Orient, en passant par l’antisémitisme, le fondamentalisme, les modèles économiques, le rôle de Pie XII, la renonciation du pape Benoît XVI …le Pape a répondu à plus d’une vingtaine de questions, même les plus personnelles…

La persécution des chrétiens ne cesse de croître             
Les chrétiens persécutés sont une préoccupation qui me touche de près en tant que pasteur. Je sais beaucoup de choses sur les persécutions, mais il ne me semble pas judicieux d’en parler ici pour n’offenser personne. Mais dans certains endroits, il est interdit d’avoir une Bible ou d’enseigner le catéchisme, ou encore de porter une croix…  Je tiens à préciser une chose : je suis convaincu que la persécution des chrétiens  est plus forte aujourd’hui que dans les premiers siècles de l’Église. Il y a plus de martyrs que par le passé. Et ce n’est pas de l’imagination, mais des chiffres.

La violence au nom de Dieu domine le Moyen-Orient.
C’est une contradiction. La violence au nom de Dieu ne correspond pas à notre époque. C’est quelque peu dépassé. Dans une perspective historique, il faut dire que, parfois, nous les chrétiens, l’avons pratiquée. Quand je pense à la guerre de Trente Ans, c’était la violence au nom de Dieu. Aujourd’hui, c’est inimaginable, n’est-ce pas? Parfois, nous arrivons, par la religion, à des contradictions très graves. Le fondamentalisme,  par exemple. Les trois religions, nous avons nos groupes fondamentalistes, petits par rapport à tout le reste.

Et que pensez-vous du  fondamentalisme?
Un groupe fondamentaliste, même s’il ne tue personne, même s’il ne frappe personne, est violent. La structure mentale du fondamentaliste est la violence au nom de Dieu.

Certains disent que vous être un révolutionnaire.
Pour moi, la grande révolution, c’est d’aller aux racines, de les reconnaître et de voir ce qu’elles ont  à dire aujourd’hui. Il n’y a pas de contradiction entre être révolutionnaire et aller à la racine. Mieux encore, je pense que pour opérer de vrais changements, il faut savoir dans la vie d’où on vient, comment on s’appelle, quelle est sa culture et sa religion,

Vous avez brisé de nombreux protocoles de sécurité pour approcher les gens.
Je sais qu’il peut m’arriver n’importe quoi, mais c’est dans les mains de Dieu. Je me souviens qu’au Brésil, on m’avait préparé une papamobile blindée….  Mais comment voulez-vous que je dise bonjour aux gens et aussi que je les aime si je suis dans une boîte à sardines…  Tout peut arriver, c’est vrai; mais, soyons réalistes, à mon âge je n’ai pas beaucoup à perdre.

Pourquoi est-il important que l’Eglise soit pauvre et humble ?
Pauvreté et humilité sont au cœur de l’Évangile et je le dis dans un sens théologique, pas sociologique. On ne peut pas comprendre l’Evangile sans la pauvreté, mais il faut la distinguer de la  misère. Je crois que Jésus veut que les évêques ne soient pas des princes, mais des serviteurs.

Que peut faire l’Église pour réduire l’écart croissant entre les riches et les pauvres ?
Il est prouvé qu’avec les restes de nourriture, il y aurait assez à manger pour nourrir ceux qui ont faim. Quand vous voyez des photographies d’enfants sous-alimentés, vous avez la gorge serrée. Je crois que notre système économique n’est pas bon. L’homme doit être placé au centre de tout système économique, l’homme et la femme. Tout le reste doit être au service de l’homme. Mais nous avons placé l’argent au centre, le dieu argent. Nous sommes tombés dans le péché de l’idolâtrie, l’idolâtrie de l’argent.

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