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« La Souffrance désarmée » de Véronique Dufief, témoignage d’une bipolaire

© forum Salvator
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Gagnante du Prix du livre de spiritualité 2014, Véronique Dufief explique que c’est l’Évangile qui lui a permis de transcender la maladie, pour enfin trouver la paix.

03/06/2014

Pour sa septième édition, le Prix du livre de spiritualité a été remis à Véronique Dufief pour La Souffrance désarmée. Publié aux éditions Salvator, l’ouvrage autobiographique narre le combat physique et spirituel de Véronique, normalienne et professeur d’université âgée de 50 ans, atteinte de bipolarité.

Remarqué par le jury 2014, présidé par François Sureau, le récit propose une véritable plongée dans l’âme et la vie intérieure de l’auteur qui, depuis 25 ans, lutte contre les troubles psychiques que lui inflige sa maladie. En proie à une grande souffrance, rythmée par de nombreuses hospitalisations, elle discerne toutefois une « Présence vivifiante » qui petit à petit va l’aider à « guérir », c’est-à-dire à « transcender sa maladie en s’abandonnant dans les mains de Dieu. »  Car, selon ses mots, « Guérir, ce n’est pas ne plus être malade, c’est être dans la Vie, être vivant jusqu’à l’incandescence de la fragilité ». 

La bipolarité est une maladie grave, une « maladie de l’excès ». Les bipolaires souffrent d’une très grande sensibilité, les faisant passer sans compromis de l’angoisse à l’euphorie. Aussi, en France, on compte environ 600 000 bipolaires. Du fait des troubles psychiques dont ils sont victimes, leur taux de suicide est plus élevé que celui du reste de la population française.

En octobre dernier, dans l’émission l’Esprit des lettres animée par Jean-Marie Guénois, Véronique Dufief analysait les voies offertes aux patients bipolaires. Elle expliquait ainsi que la chimie a fait de très grands progrès par rapport à la situation des malades des siècles précédents. Mais si les cachets sont désormais efficaces pour vivre une vie à peu près normale, ils nécessitent une grande régularité. Faire une analyse peut aussi parfois aider, mais cela suppose de nommer ses propres maux et d’accepter de se dévoiler. Finalement, concluait-elle, « le grand remède qui est accessible à tout le monde, c’est l’Évangile. » Pour elle, la Parole permet de donner un sens à la souffrance et à la vulnérabilité.

Dans le cas de l’auteur, la voie de l’apaisement et de la paix intérieure a été déclenchée par une rencontre, celle d’un moine de l’abbaye de Saint Wandrille. C’est comme une « orthopédie de l’âme » qui s’est opérée. À travers lui, elle a perçu « une humilité confondante et une paix. » Et depuis, la peur en elle est partie. « J’ai compris que je pouvais être dans la main de Dieu, même quand je dérape. » « Je peux être là », « être une petite fleur parmi les autres ».

Concluons avec ces mots de François Maillot, directeur de La Procure : « Si ce livre est si beau, si touchant, si juste, c’est qu’il permet au lecteur, même pour celui qui n’est directement ou indirectement pas concerné par la maladie, de s’autoriser lui aussi à accepter son propre et singulier chemin de croix et d’espérance qui donne à chaque vie humaine son poids et son prix. » 
 

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