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L’affaire Kerviel : rien que du cinéma ?

Philippe Oswald - Publié le 19/05/14

La longue marche en Italie et l’arrestation à minuit, à Menton, de l’ancien trader de la Société Générale, émeuvent les uns et agace les autres, parfois les mêmes ! Reste l’affaire Kerviel, bien embarrassante pour le système bancaire.

19/05/2014

Jérôme Kerviel a donc été interpellé par deux policiers en civil dimanche à minuit une, à Menton, juste après avoir franchi la frontière. « Jérôme Kerviel n’a opposé aucune résistance, comme il l’avait annoncé dimanche soir peu avant de retrouver la France », rapporte l’AFP relayée par Orange. « Aujourd’hui je n’ai pas perdu, j’ai passé une magnifique journée auprès des miens, aujourd’hui je suis heureux, je suis libre, je me rends à la police et à la justice », a-t-il déclaré. Certains membres de son comité de soutien étaient en pleurs. Le Père Patrice Gourrier, compagnon de route de Kerviel, a jugé ce clap de fin « très violent » avant d’annoncer « un sit-in silencieux devant le commissariat de Menton ».

Tout le week-end, Jérôme Kerviel avait fait monter la pression à Vintimille, délivrant son message (« J’étais un connard à l’époque » L’Express) et en appelant au président de la République pour qu’il accorde « l’immunité aux témoins » à son procès, ce qui laisse rêveurs ceux qui connaissent le droit. Deux mois après sa condamnation définitive pour des opérations ayant fait perdre 4,9 milliards d’euros à la Société Générale, la banque qui l’employait, l’ancien courtier de 37 ans doit purger trois ans de prison (en octobre 2010, Jérôme Kerviel, jugé seul responsable de la perte subie par sa banque, avait été condamné à cinq ans de prison dont trois ferme -et a déjà passé 41 jours en détention provisoire en 2008). 
 Il se dit donc prêt à subir cette peine, au terme de deux mois et demi d’une marche en Italie accomplie après avoir rencontré le pape François à Rome (cf. Aleteia). Son dernier jour de liberté, à Vintimille, il avait participé à une messe célébrée par l’évêque de Gap et d’Embrun, Mgr Jean-Michel di Falco, président de son comité de soutien, avant de reprendre la route pour Menton.

« Certains s’étonnent de voir des prêtres au côté de Jérôme, a déclaré Mgr Di Falco pendant son homélie. J’ai répondu à ceux qui s’étonnent qu’ils n’ont sans doute pas connaissance des évangiles … Jésus a dit : "J’étais en prison et vous n’êtes pas venu". Il aurait pu dire "j’ai été condamné et vous n’êtes pas venu me voir"… ».
Ardent soutien de Jérôme Kerviel, le  Père Gourrier, prêtre du diocèse de Poitiers, arborait sur son sac à dos une citation du pape François : « Non à la dictature de l’économie sans visage », et une photo de la rencontre de Jérôme Kerviel avec le Saint-Père (cette rencontre, lors de l’audience générale du 19 février, avait décidé l’ex-trader à entamer sa longue marche, le 5 mars). Le Père Gourrier s’est engagé à terminer jusqu’à Paris la marche de son protégé si celui-ci était incarcéré avant d’arriver dans la capitale. 

De son côté la Société Générale dénonce un « tapage médiatique » où se mêlent « mensonges, amalgames et approximations », tandis que Michel Sapin, ministre de l’Economie et des Finances, sans nier « des responsabilités de la banque dans le processus », a martelé au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI : « M. Kerviel est un délinquant et un délinquant condamné par la justice française pénalement (…) C’est un escroc (…); il doit bien entendu purger sa peine ».
 La responsabilité de la banque est évidemment engagée dans cette perte colossale, comme l’a montré en mars dernier l’arrêt de la Cour de cassation qui, tout en maintenant la condamnation de Kerviel à la prison ferme, a cassé sa condamnation à rembourser cette somme astronomique.
Jérôme Kerviel réclame une expertise indépendante des pertes enregistrées par son ancienne banque. Un nouveau procès au civil doit se tenir devant la cour d’appel de Versailles. 

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