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Chine : la transmission de la religion interdite… dans les orphelinats religieux

© joan vila
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Le gouvernement communiste vient de dévoiler un nouveau texte ambigu visant à réduire la liberté religieuse.

19/05/14

Une nouvelle restriction à la liberté religieuse en Chine a été annoncée le 5 mai dernier par le Ministère des affaires civiles et l’administration d’état des affaires religieuses. « Les groupes religieux qui travaillent avec les enfants orphelins ou dans de graves conditions ne doivent pas imposer leurs croyances aux jeunes », exige une nouvelle directive en date du 30 avril 2014, signalée par Asia News.

L’avertissement du gouvernement chinois peut être interprété de plusieurs façons, et son application pourrait se transformer en véritable menace pour la liberté religieuse. Tout dépendra en fait de la façon dont seront traitées ces règles, a expliqué une source catholique anonyme à Asia News. « Nous sommes tous d’accord que les orphelinats ne peuvent pas être contraints à suivre la religion du groupe qui s’occupe de l’orphelinat », a-t-elle observé. « Cependant, il ne serait pas juste d’empêcher, par exemple, que dans un orphelinat dirigé par des chrétiens, l’on enseigne aux enfants à prier et à faire le signe de croix ».

Selon d’autres sources religieuses, la nouvelle norme bloque une tendance naturelle à partager les convictions que l’on considère comme étant justes et bonnes pour l’enfant. Pour Zhang Liu, analyste à l’Institut de recherche sur la philanthropie chinoise, la législation devrait promouvoir ces initiatives religieuses qui sont d’un grand aide aux enfants. « Au contraire, les récentes directives restreignent cette volonté », a-t-elle déclaré. En Chine, il existe 463 orphelinats d’état et 870 privés, 583 d’entre eux sont administrés par des groupes religieux. L’état s’occupe des 95 000 des 570 000 orphelins et enfants abandonnés du pays.

Au-delà de l’interdiction d’ « imposer » ses convictions religieuses aux enfants, la nouvelle directive établit également la nécessité d’une approbation de l’activité par un fonctionnaire de l’état. Ce nouveau contrôle est, en théorie, inoffensif, a expliqué la source anonyme à Asia News. « Mais il s’agira de voir comment se comporteront les fonctionnaires gouvernementaux, c’est-à-dire s’ils agissent de façon juste et selon la loi, ou s’ils opèrent arbitrairement ».

Traduit de l’édition italienne d’Aleteia par Mathilde Dehestru

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