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Ovules congelés : un bébé « quand je veux ? »

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Sylvain Dorient - Publié le 16/05/14

Congeler ses ovules pour avoir un enfant plus tard est une pratique « branchée ». Encore une « avancée » lucrative vers la chosification de l’être humain…

16/05/14

En décembre 2013, le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) donnait un avis favorable à la pratique de la « congélation des ovules » pour des raisons personnelles. A l’heure actuelle la congélation des ovules n’est permise qu’en cas de maladies graves, susceptibles de diminuer la fertilité de la femme. Le principe de cette pratique : congeler des ovules quand on est encore jeune, mais que l’on n’a pas de projet de maternité, puis les utiliser plus tard, pour augmenter les chances de grossesse.

Face à cette situation, les médias français sont quasi unanimes pour dénoncer un « retard français » et détaillent les raisons qui devraient plaider en faveur de cette nouvelle technique. Un argument « féministe », d’abord : les hommes et les femmes sont inégaux face à la fécondité, puisqu’elle diminue nettement moins avec l’âge pour les hommes que pour les femmes ; la pratique de la congélation des ovules « corrige » cette inégalité naturelle. Dans la même veine, un homme ayant le droit de congeler son sperme, on ne voit pas bien ce qui empêcherait une femme d’en faire autant, détaille le docteur Joëlle Belaïsch-Allart, pour l’AFP :  « Un homme peut en effet préserver du sperme avant une stérilisation masculine, ou tout simplement s’il a un empêchement professionnel le jour J d’une fécondation in vitro (FIV) pour son couple (…) Enfin, quand des hommes présentent une infertilité relative, les médecins leurs recommandent de conserver leur sperme qui risquerait sinon de se détériorer avec l’âge ».
Autre raison invoquée : les femmes peuvent déjà y avoir accès à l’étranger, l’interdire en France s’apparente donc à une discrimination à l’égard de celles qui n’ont pas les moyens de faire congeler leurs ovules à l’étranger.

Bref, c’est une nouvelle « avancée » envisagée avec gourmandise par les féministes et les laboratoires. Le Monde tique tout de même sur le financement de cette pratique. L’ouverture de ce droit serait « financièrement cataclysmique », affirme ainsi Jean-Pierre Wolf, chef du centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humain (Cecos) de l’hôpital Cochin.

Quelles en seraient les conséquences ?  Elizabeth Richards, une journaliste américaine a tenté l’expérience et la rapporte à Elle. Son conjoint ne souhaitait pas avoir d’enfant immédiatement. A 36 ans, elle prend la décision de congeler ses ovules, car elle est consciente que sa fertilité diminue « Je rêvais depuis toujours de fonder une famille. Et j’étais totalement paniquée à l’idée que la porte se ferme définitivement pour moi. A nouveau, elle était ouverte, à nouveau, j’avais un futur. » Mais elle quitte finalement cet homme « avec lequel je perdais mon temps », et finit par trouver le « futur père de ses enfants » et prévoit de décongeler ses ovules pour un premier bébé à 44 ans et un deuxième à 46 ans.

Il y aurait beaucoup à dire sur ce témoignage, celui d’une relation homme-femme conçue comme un rapport de force. L’horloge biologique de la femme la met en position de faiblesse et la science lui permet de reprendre le pouvoir ? Mais ce qui apparaît plus pragmatiquement, c’est un marché bien gras qui s’ouvre : « J’y ai investi toute mon épargne, continue Elizabeth Richards et l’argent mis de côté par mes parents pour mon mariage. Pour payer moins cher, je suis allée à Montréal et j’ai acheté les hormones pour stimuler l’ovulation en Espagne, via une pharmacie en ligne anglaise ! Ça m’a coûté 50 000 dollars, mais c’est la meilleure décision que j’ai prise. »

Cette instrumentalisation de la fécondité est saluée par la majorité des médias. Ils se trahissent par des éléments de langages connotés tels que

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