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Thaïlande : la crise s’envenime, les chemises rouges sont dans la rue

AP Photo/Sakchai Lalit

Mathilde Dehestru - publié le 13/05/14

Les tensions en Thaïlande ne faiblissent pas : suite à la destitution de la première ministre pour abus de pouvoir, des milliers de manifestants défilent dans les rues contre le gouvernement.

Ci dessus Yingluck Shinawatra, avant sa destitution, entourée de ses partisans – les chemises rouges.

13/05/2014

En janvier, les manifestations étaient restées pacifiques. Depuis, les élections de février ont été contestées, la première ministre a été destituée, et les manifestations plongent le pays dans un climat de troubles et de tensions.  Les deux camps qui divisent le pays ne semblent pas trouver un terrain d’entente. Alors que les chemises rouges soutiennent un gouvernement qui n’existe plus, le mouvement des chemises jaunes ne se résigne pas à l’instabilité de la situation.

Un avenir instable
Le 7 mai dernier, la première ministre Yingluck Shinawatra était destituée de ses fonctions. C’est le troisième chef de gouvernement évincé par la justice. Alors que le pays avait connu plusieurs semaines d’accalmie, la destitution du numéro un du gouvernement accompagnée de celle de neuf de ses ministres, marquent un nouveau rebondissement dans une crise politique désastreuse qui agite le pays.

« On a à faire à une grave crise politique et l’avenir du pays reste incertain pour tous les thaïlandais (…) On se demande maintenant ce qui va arriver d’un côté, comme de l’autre », a expliqué lors d’une interview donnée à Aleteia Damien Verny, directeur opérationnel des Enfants du Mékong d’Asie basé à Bangkok.

Les tensions entre les deux camps ont déjà fait plus de 25 morts et des centaines de blessés en six mois. Face à l’ampleur que prend la situation, l’évêque de Bangkok, monseigneur Francis Xavier Kovithavanj, a appelé au dialogue et aux manifestations pacifiques.

Des nouvelles tensions
Les manifestations antigouvernementales qui secouent le pays depuis plus de six mois accusent la première ministre d’être la marionnette de son frère aîné, Thaksin Shinawatra, également ancien premier ministre, désormais en exil depuis 2008 après avoir été accusé d’avoir monté un système de corruption généralisé. Mais si les chemises jaunes, soulevées contre le système, ont franchi une modeste étape ce 7 mai dernier, le conflit s’est accéléré avec l’entrée en jeu de nouveaux acteurs : « Aujourd’hui, on n’a plus seulement des manifestants qui contestent un gouvernement, mais deux partis qui s’affrontent, sans gouvernement, et qui semblent difficilement réconciliables », explique Damien Verny. Si « les populations Bangkok et du Sud se révoltent contre un gouvernement dans lequel elles ne se reconnaissent pas », les chemises rouges, qui ont soutenu l’ancien gouvernement, n’ont pas dit leur dernier mot et font désormais monter les tensions, ajoute-il.

La Thaïlande, au cœur des conflits
Parallèlement, des séparatistes musulmans ont conduit plus de trente attaques dans le sud de la Thaïlande, provoquant l’incendie d’un centre commercial, des fusillades et des attentats à la bombe. Le bilan à cette heure est d’un mort et d’une dizaine de blessés. La paralysie du gouvernement favorise  les débordements dans le pays.

Plongé dans un conflit séparatiste au bilan désastreux depuis 2004, la situation du sud du pays s’aggrave de jour en jour : « L’armée thaïlandaise est très monopolisée sur le conflit de Bangkok et est obligée de se détourner un peu des provinces du Sud. On assiste alors à une recrudescence de la violence dans le sud du pays, ce sont des problèmes liés », déplore Damien Verny. 

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