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Europe 2014 : un nouveau commencement est-il possible ?

EU 2013 - European Parliament

Liberté politique.com - Publié le 09/05/14


Descendre jusqu’à la racine de la crise en cherchant à comprendre quels sont tous les facteurs en jeu : voilà le seul chemin possible pour regagner cette conscience dont l’Europe d’aujourd’hui a tellement besoin.

C’est notamment pour nous Européens qu’il est devenu essentiel de promouvoir une discussion réelle quant au présent et à l’avenir du Vieux Continent, en évaluant si les tentatives faites jusqu’ici ont été adaptées à la nature de cette crise. Cela concerne autant l’économie que les défis anthropologiques. Il est aussi inefficace qu’illusoire de prétendre résoudre les graves questions anthropologiques que nous devons affronter uniquement avec des instruments juridiques.

Comme cela devient évident face aux problèmes les plus radicaux de l’existence humaine, on arrive à une solution « non pas en affrontant directement les  problèmes, mais en approfondissement la nature du sujet qui les affronte » (don Giussani, 1976).

L’oubli de ce niveau de la question est à l’origine de cette crise de l’humain qui a affaibli la conscience du but. De sorte que, au fil du temps, le moyen (économie, profit, finance) est devenu le but et l’union économique s’est transformée dans un pur compromis entre des intérêts inévitablement opposés.

Voilà donc que refait surface l’Europe des États, qui ne se font plus la guerre avec des canons mais plutôt avec les armes de l’économie et de la finance et sont divisés sur tant de questions cruciales : le rapport avec les pays du pourtour de la Méditerranée, l’immigration clandestine, la dette publique, les missions de maintien de la paix, la solidarité envers les partenaires le plus en difficulté.

La crise de l’élan idéal et de la conscience du but a également eu des conséquences sur le fonctionnement de l’Europe en tant qu’institution: les organismes européens n’ont pas cessé de s’agrandir, devenant souvent hypertrophiques et en générant une sorte de monstre technocratique qui semble décidé à plier la réalité pour qu’elle se conforme à ses exigences. L’idée que les structures européennes soient inefficaces se diffuse donc de plus en plus.

Jusqu’en 2008 (c’est-à-dire jusqu’au moment de l’explosion de la crise financière), le jugement porté sur la fiabilité des institutions européennes était encore très positif, bien meilleur que celle des États nationaux. Aujourd’hui, en revanche, selon les sondages, 70 % des citoyens européens considèrent les structures européennes (la Commission, le Conseil, le Parlement) comme inadaptées aux exigences des personnes et de la vie sociale.

Selon l’universitaire américain Joseph Weiler (L’Europe chrétienne, une excursion, Cerf 2007), une des plus grandes autorités sur les dynamiques européennes, l’Europe souffre d’un déficit politique. Elle manque d’une véritable vie politique propre faute d’idéal. Puisqu’on a tout misé sur l’économie et que celle-ci n’a pas pris son envol, les gens se demandent : « Elle sert donc à quoi, l’Europe ? »

En même temps s’affirme une idée de l’Europe en tant qu’espace culturel et politique relativiste dont les structures cherchent à rendre licite et même à transformer en droit toute aspiration individuelle faisant abstraction de ce qu’est la personne humaine. Les eurosceptiques qui veulent quitter l’Union européenne parce qu’ils considèrent que le rêve des pères fondateurs serait anéanti et dépassé ont-ils donc raison ?

3/ La personne comme condition de l’Europe

Y a-t-il une issue à cette impasse ? Oui, il faut repartir de cette position dont sont issues l’Europe et l’Europe unie. Les intérêts économiques ne suffisent pas à eux seuls pour repartir : il est nécessaire de redécouvrir que « l’autre est un bien et non un obstacle, qu’il est un bien pour la plénitude de notre “moi” aussi bien en politique que dans les relations humaines et sociales » (père Carrón).

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électionsEurope
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