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Mgr Tomasi : « Certaines ONG ont parfois un comportement fondamentaliste »

Photo/Jean-Marc Ferre
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Dans un entretien exclusif accordé à Aleteia, Mgr Tomasi, observateur du Saint-Siège aux Nations-Unies, revient notamment sur les mesures de prévention des abus sur mineurs prises par le Vatican, de nouveau critiquées par l’ONU.

08/05/2014

Pour la rédaction d’Aleteia, Mgr Silvano Maria Tomasi revient sur l’engagement du Saint-Siège dans la lutte contre les abus sexuels sur mineurs, sur la rencontre du Pape avec le secrétaire général de l’Onu, Ban ki-moon, vendredi 9 mai,  ainsi que sur les critiques  émises sur les positions éthiques du Saint-Siège.
 
Au lendemain de la présentation du rapport du Saint-Siège contre la torture, à Genève, l’observateur permanent du Saint-Siège aux Nations Unies revient sur les questions et critiques qui ont été faites au Vatican quant à sa manière de gérer les agressions sexuelles commises par des membres du clergé à travers le monde, que certaines associations de défense jugent "comparable à de la torture".
 
Aleteia : Le Comité de la Convention contre la torture s’occupe de peines ou de traitements cruels commis et en quelque sorte admis à l’intérieur d’un Etat. Pourquoi, dans le cas des abus sexuels par des membres du clergé, donc liés à l’action personnelle d’individus,  le Vatican est-il mis en cause ?

Mgr Tomasi : Comme d’autres Etats membres de la Convention contre la Torture, le Saint-Siège a présenté son rapport, comme le demande la Convention, qu’il a ratifiée en 2002. Au cours de la rencontre, le Comité a ouvert la porte, pour ainsi dire, à une série de questions sur les abus sexuels commis par des personnes qui travaillent pour l’Eglise, parce que l’article 16 de la convention parle de « traitements cruels, inhumains, ou dégradants ». Les abus sexuels ne sont pas des actes de torture à proprement dit car, selon la définition de l’article 1, il doit être question d’actes commis « par un agent de la fonction publique ou toute autre personne agissant à titre officiel, ou à son instigation ou avec son consentement exprès ou tacite ». L’article 16, avec une certaine légitimité, me semble-t-il, permet de parler des abus sexuels sur mineurs en termes d’actes dégradants. D’où les questions soulevées sur la responsabilité de l’Eglise par rapport aux prêtres pédophiles, ou certaines affaires survenues dans différents pays du monde. Mais il s’agit là de comportements inhumains et non de torture, qui supposerait la participation de fonctionnaires de l’Etat, ce que les prêtres ne sont pas.
 
Dans un long éditorial, le Wall Street Journal a pointé du doigt les associations qui, ces jours-ci,  demandent à cor et à cri que les Nations-Unies se prononcent contre le Vatican et contre la ligne qu’elle suit afin de gérer les cas de pédophilie en son sein. En particulier, le Center for Reproductive Rights fait pression pour que les enseignements du Vatican concernant l’interruption de grossesse soient considérés au même titre que « des tortures psychologiques ». Quel est votre avis à ce sujet ?

Mgr Tomasi : Que des représentants de la société civile participent aux activités des Nations Unies me paraît une bonne chose. Malheureusement, certaines de ces organisations non gouvernementales sont un peu fanatiques ou bien adoptent une méthodologie plutôt fermée à une lecture objective de la réalité. Autrement dit, alors que les Nations Unies fonctionnent sur une base démocratique à travers la représentation d’Etats membres, il y a des ONG ou des fonctionnaires qui ont pris d’autres pistes, ne suivant que leurs convictions personnelles, un agenda qui reflète une vision de l’homme fondée sur un individualisme extrême et égoïste. Mais cela ne touche en aucune façon la position juridique du Saint-Siège à l’intérieur des Nations Unies. Je dirais même qu’au cours de ces derniers mois, selon ma petite expérience, ici à Genève, il a rencontré beaucoup de respect et de solidarité de la part des représentants des Etats. Au contraire, les représentants de certaines organisations non gouvernementales ont parfois un comportement fondamentaliste, en ces sens qu’ils ferment les yeux devant l’évidence des faits, devant tout ce qui a été fait et que l’on fait encore vis-à-vis de ces problèmes d’abus sexuels et au changement de culture survenu dans la manière de les traiter. La torture, me semble-t-il, s’applique plutôt à l’enfant qui est tué ou souffre des conséquences. Par ailleurs, essayer d’obliger le Saint-Siège à changer ses convictions serait une violation directe de la liberté d’opinion et de croyance, un droit humain fondamental.

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