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Le manuscrit copte sur la femme de Jésus était bien un faux

© HO / Karen L. King / AFP

Corrado Paolucci - Publié le 07/05/14

Des chercheurs ont facilement prouvé qu’il s’agissait de l'œuvre d’un habile faussaire à l’Université de Harvard.

07/05/2014

Jésus n'est donc toujours pas marié. Mais pourquoi un tel engouement des médias autour de ce faux manuscrit de plus ? L'occasion de remettre en cause les Saintes Ecritures était sans doute trop belle.  L’ « Evangile de la femme de Jésus » est très certainement un faux.  Une énième confirmation à ce sujet, comme l’indique le quotidien italien  Tempi du 6 mai, vient d'une étude publiée récemment par Christian Askeland, chercheur américain de l'Université de l'Indiana Wesleyan, spécialiste dans les versions coptes de l'Évangile de Jean. Le texte, écrit sur un morceau de papyrus daté entre le VIIIe et le IX siècle (700-800), et découvert il y a deux ans par la Harvard Divinity School, est en fait l’œuvre d'un faussaire du XXIe siècle. En langue copte, on peut y lire la phrase qui a particulièrement intrigué les scientifiques : « Et Jésus leur a dit, ma femme… ».

Un faisceau d'incohérences
Dans une étude jugée correcte et intéressante par l’auteur même de la découverte du papyrus, Karen King, Askeland a démontré que l’ « Evangile de la femme de Jésus » est un faux, par comparaison avec un deuxième fragment, une version copte de l’Evangile de Jean, acquise par Harvard  avec le fragment sur la femme de Jésus, et publiée par la suite dans la Harvard Theological Review.

Askeland a montré que le deuxième fragment est incontestablement un faux. Le texte est en fait une copie partielle d’une authentique relique retrouvée en 1924, publiée récemment sur Internet, rédigée dans un dialecte copte particulier (le Lycopolitan), mais  que les scribes de 700-800 (époque à laquelle remonte le papyrus) n’auraient jamais pu connaître : en effet, ce dialecte s’était totalement éteint …trois à cinq siècles plus tôt. En comparant le fragment faux avec celui qui évoque la femme de Jésus, Askeland a trouvé plus qu'une simple similitude. Serait-il écrit de la même main ?

Le pot aux roses dévoilé
Mais alors, comment le faussaire a-t-il pu tromper ainsi les experts de Harvard et les outils de recherche de la prestigieuse université américaine? Tout simplement, selon les experts, parce que le morceau de papyrus utilisé est vraiment ancien, et que l’encre particulière utilisée, à base de suie, dans les deux textes de l’Evangile, est susceptible d’induire en erreur les tests de  spectroscopie Raman  destinés à calculer leur âge. Et pour écrire le texte de l’Evangile de Jean, comme le démontre l’étude de Askeland, le faussaire s’est librement inspiré d’une étude de 1924,  téléchargeable depuis peu sur Internet, en format pdf.

Des erreurs grammaticales
Le scepticisme quant à l’extrait copte dans lequel Jésus présente sa femme hypothétique tient aussi à la forme inhabituelle  des caractères et des lettres qui contiendraient nombre d’erreurs grammaticales dans le texte. Et aussi au fait que l'écriture des mots, à l'exception de "la femme de Jésus", soit identique à celle de l'évangile de Thomas. Dans un article paru également dans la Harvard Theological Review,  l'égyptologue Leo Depuydt, expert en  religion de la Brown University,  explique que l’usage de ces caractères inédits semble destiné à produire un certain effet comique. « Comme s’il disait plus ou moins –écrit Depuydt – ‘ma femme eh oui, j’ai dit ma femme, vous avez bien entendu!’ ». Pour l’expert, le fragment « pourrait convenir pour un sketch des Monty Python », pas pour une étude scientifique.

Lors de sa découverte, qui avait fait rapidement le tour de la presse mondiale, le Vatican avait contesté immédiatement l’authenticité de ce papyrus, considéré  comme un faux, évoquant notamment des erreurs grammaticales et la forme des caractères inappropriée. C'est aujourd'hui prouvé.

Article traduit de l'édition espagnole d'Aleteia par Eisabeth de Lavigne

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