Aleteia logoAleteia logo
Aleteia
Mercredi 14 avril |
Saint Asicus
home iconActualités
line break icon

Il y a 60 ans, Diên Biên Phu tombait

DR

Dien bien phu affiche

Sylvain Dorient - Publié le 07/05/14

Le 7 mai 1954, à 18 h, la garnison française de Diên Biên Phu déposait les armes. Une défaite symbolique qui marque la fin de la guerre d’Indochine

Antoine Carenjot anime le forum http://laguerreenindochine.forumactif.org/, consacré comme son nom l’indique à la guerre d’Indochine et fréquenté surtout par des anciens combattants et leurs familles. Il recueille quotidiennement des témoignages de vétérans et revient pour Aleteia sur la bataille de Diên Biên Phu.

Aleteia : L’Indochine, c’est lointain, est-ce que les Français s’intéressaient à ce conflit ?
Antoine Carenjot : Jusqu’en 1953, non. La France se relevait de la deuxième guerre mondiale, et ce désintérêt se traduisait aussi très concrètement pour les soldats sur place. Ils avaient des équipements de bric et de broc, des uniformes peu adaptés. Mais les conditions se sont légèrement améliorées au fil du conflit.

Peut-on dire que tout change en 1953 ?
A. C. : Oui, et en particulier en raison de la bataille de Diên Biên Phu, très médiatisée dès ses prémices, à la fin de l’année 1953. Ce devait être enfin une grande bataille rangée, plus visible pour le grand public. Il y avait de gros titres dans les journaux et même des émissions de radio consacrées aux évènements.

Et le 7 mai 1954, la catastrophe est d’autant plus grande ?
A. C. : Le 8 mai, avec le décalage, tous les quotidiens titrent sur la défaite. Les images de colonnes de prisonniers rappellent des souvenirs de 1940. C’est un traumatisme.

Pourtant, les vétérans ont le sentiment d’avoir été oubliés par la métropole. Ont-ils de bonnes raisons de le croire ?

A. C. : Il y a indubitablement eu gachis d’héroïsme. Les combattants de l’armée française, qu’ils soient français « gaulois », vietnamiens, magrhébins, allemands ou autres se sont battus pieds à pied contre un ennemi supérieur en nombre. On peut raisonnablement supposer qu’avec un peu plus de soutien, ils auraient pu tenir la cuvette. Le général Giap a reconnu, après la bataille, que son armée n’aurait pas pu soutenir son effort deux ou trois semaines de plus.

Que peut-on en retenir ? Un vaste gâchis ?
A. C. : Curieusement, cette guerre d’Indochine n’a pas eu que des fruits néfastes. Tous les anciens que je rencontre conservent, malgré les souffrances effroyables qu’ils y ont subis, une affection particulière pour le Vietnam. C’est leur deuxième patrie, disent-ils. Beaucoup d’anciens combattants ont participé à des actions humanitaires dans ce pays après la guerre, et ils se privent d’une partie de leur retraite pour des associations comme Enfants du Mékong.

La mémoire du général Giap a été saluée par Laurent Fabius qui l’a qualifié « d’homme exceptionnel ». Est-il allé trop loin ?
A. C. : Je préfère la position d’un Bigeard qui a salué son vainqueur, mais qui n’a pas manqué d’ajouter : « Si vous aviez donné aux soldats ne serait-ce qu’une banane par jour, ils seraient tous revenus ». La marche des prisonniers sur 500 à 800 kilomètres, puis les camps de rééducation communistes ont causé la mort de 80% des prisonniers. C’est une partie de la réalité de cette bataille que l’on n’a pas le droit d’occulter !

Tags:
anniversairehistoire
Soutenez Aleteia !
A travers le monde, vous êtes des millions à lire Aleteia, pour y trouver quelque chose d'unique : une vision du monde et de votre vie inspirée par l’Évangile. On prétend qu'il est de plus en plus difficile de transmettre les valeurs chrétiennes aux jeunes d'aujourd'hui.
Et pourtant, savez-vous que plus de la moitié des lecteurs d'Aleteia sont des jeunes de 18 à 35 ans ? C'est pourquoi il est si important que Aleteia demeure un service quotidien, gratuit et accessible à tous. Cependant, un journalisme de qualité a un coût que la publicité est loin de couvrir. Alors, pour qu'Aleteia puisse continuer à transmettre les valeurs chrétiennes au cœur de l'univers digital, votre soutien financier demeure indispensable.
*avec déduction fiscale
Le coin prière
La fête du jour






Top 10
1
Camille Dalmas
Miséricorde divine : le livre qui a bouleversé le pape François
2
Mgr Benoist de Sinety
La leçon d’Istanbul : « Vous avez voulu la paix au prix du déshon...
3
Mathilde de Robien
Ces quatre cavaliers de l’Apocalypse qui détruisent le couple
4
Joubarbe
Marzena Devoud
Connaissez vous les herbes de saint Joseph ?
5
Mathilde de Robien
La Trinité le dimanche, son ange gardien le mardi. Chaque jour de...
6
Mathilde de Robien
Brésil : une statue du Christ plus haute que celle du Rédempteur
7
WEB2-PERE-MICHEL-BRIAND-SOCIETE-DES-PRETRES-DE-ST-JACQUES.jpg
Agnès Pinard Legry
Qui sont les deux Français enlevés à Haïti ?
Afficher La Suite
Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous gratuitement