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Syrie: le combat de Mgr Jeanbart pour son programme humanitaire à Alep

Alain PINOGES/CIRIC
Mgr Jean-Clément JEANBART, archevêque melkite d'Alep (Syrie), lors du colloque "Quel avenir pour les chrétiens d'Orient ?" organisé par l'Institut Européen en Sciences des Religions (IESR), à l'Institut du Monde Arabe, à Paris (75), France. 17 Nov 2007
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Malgré la situation quotidienne à Alep, l’archevêque grec melkite poursuit quotidiennement son combat pour les chrétiens. Dans un récent témoignage envoyé à l’Oeuvre d’Orient, ce dernier évoque les détails de sa mission.

06/05/15

Pour la rentrée scolaire, en octobre 2013, Mgr Jean-Clément Jeanbart avait évoqué toute la difficulté qu’il avait à maintenir les école ouvertes, dans un chaos généralisé à Alep. Huit mois plus tard, le récit de l’archevêque n’est guère plus réjouissant. Nous rapportions il y a quelques jours le calvaire enduré par deux chrétiens crucifiés à Maaloula (cf. Aleteia). A Alep, la terreur est telle que plus personne ne s’aventure dans les rues : “De nouveau et depuis plus d’un mois, le courant électrique et les lignes téléphoniques sont perturbés, l’eau manque et cela fait bientôt dix jours qu’Alep est assiégée et coupée du reste du monde”, raconte Mgr Jeanbart.

Outre les lourdes pertes humaines, les dégâts matériels rendent impossible toute activité professionnelle, la ville qui fut jadis un modèle de prospérité et de bien-être est réduite à néant. Et les nombreux établissements religieux et églises ne sont pas épargnés. Cinq des douze églises du diocèse ont été gravement endommagées: “L’église Saint Michel a reçu deux roquettes, le siège de l’Archevêché et la Cathédrale attenante ont été touchés à six reprises et ont subi de grands dégâts, rapporte l’archevêque. Notre église dans la ville de Tabaka sur le grand barrage de l’Euphrate est en ruines, et celle de la ville de Rakka a été dévastée par des groupes Djihadistes, elle est toute fissurée et son curé a dû la quitter pour cause de menace à sa vie. Quant à notre église de Saint Démétrios, située dans un quartier populaire sur la ligne de démarcation, elle avait été la cible de plusieurs projectiles de mortiers”.

Néanmoins, les chrétiens ne sont pas abandonnés et leur protection s’organise depuis la fin 2011 à Alep, apprend-on dans ce témoignage. Le diocèse a pour sa part anticipé les risques de pénurie en procédant au stockage de grosses quantités de vivres. Un Comité ad hoc a été créé pour venir en aide aux fidèles les plus touchés par la guerre, organisant les actions humanitaires de secours :
– La distribution de paniers de provisions auprès de 1 500 familles dans trois centres paroissiaux. 
– Une caisse d’urgence pour les familles que la guerre a laissées sans emploi et sans revenus financiers. 400 familles en bénéficient à ce jour.
– L’élargissement du dispensaire communautaire et de l’équipement médical. 
– L’ouverture des couvents et institutions pour accueillir les familles sans logement. Une centaine de familles, en majorité musulmanes, y sont actuellement logées.
– La création d’un fonds de bourses scolaires à l’intention des élèves dont les parents sont devenus incapables de payer leurs frais scolaires. 550 bourses d’études ont été attribuées en 2013.

Mgr Jeanbart a fait de l’école un de ses principaux combats. Leurs écoles, dit-il, sont leur unique espoir pour l’avenir de la Syrie, et c’est à cet effet qu’il lutte quotidiennement et depuis le début du conflit afin que celles-ci puissent poursuivre leur mission éducative et culturelle. “Ces écoles qui comptaient avant la guerre quelques quatre mille élèves, en accueillent aujourd’hui, dans leur ensemble, moins de trois mille”, prévient-il.  A la rentrée 2013, les efforts de l’archevêque pour le maintien des établissements catholiques en état de fonctionnement ont encouragé le retour de familles en fuite au Liban.
Retrouvez l’intégralité du témoignage sur Oeuvre d’Orient.

S.T.