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Chrétiens au Moyen-Orient :  » Les puissances occidentales perdent de plus en plus de leur crédibilité « 

© Piotr SPALEK/CPP/CIRIC
Arcebispo Maroun Lahham 
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Interrogé à l'occasion d'une conférence sur le thème de la foi, de l'état et de l'économie en Orient et en Occident, l'ancien archevêque de Tunis est revenu sur la question des "printemps arabes".

02/05/14

L’institut Acton, qui se consacre à l’étude de la religion et de la liberté, organise une série de conférences dans le monde entier, visant à discuter des relations existant entre liberté religieuse et liberté économique. La première conférence de cette série, intitulée "La foi, l’état et l’économie", s’est déroulée à Rome le 29 avril dernier.
Mgr Maroun Lahham- ancien archevêque de Tunis, évêque auxiliaire et vicaire du patriarche latin de Jérusalem pour la Jordanie- y a donné une conférence en français, que vous pouvez revoir sur la vidéo en fin d’article, sur "les chrétiens et les défis de la liberté au Moyen-Orient". A l’issue de son intervention, ce dernier a accepté de revenir pour Aleteia sur le tournant des "Printemps arabes", du point de vue de la liberté individuelle.

Aleteia : Au déclenchement du Printemps arabe en Tunisie, un vendeur de fruits et légumes s’immolait en signe de désespoir face aux abus et aux interférences du gouvernement dans la vie des citoyens. Dans quelle mesure les politiques d’aide sociale ont pu inhiber ou au contraire faciliter les activités religieuses dans ce pays ?
Mgr Lahham : Les événements du printemps arabe n’ont jamais eu de visée religieuse, je tiens à le souligner. La Tunisie a été le berceau des révolutions, et la situation à présent y est beaucoup plus tranquille, les gens recommencent à respirer, les gens peuvent à nouveau parler. Il faut savoir qu’il y a encore quelques temps, les gens ne pouvaient même pas prononcer le nom du président, et encore moins de son épouse. À présent, les gens manifestent, organisent des grèves. Parfois ils exagèrent, évidemment, mais ces réactions sont assez assez logiques et compréhensibles, compte tenu de ces dernières années. Finalement la Tunisie reste le laboratoire de la démocratie dans les pays arabes, et la dernière constitution qui a été votée est vraiment un chef-d’œuvre d’objectivité et de progrès.

L’un des premiers effets du Printemps arabe a été la mise en péril des minorités chrétiennes. On s’interroge donc sur le rapport avec le désir d’un peuple de jouir des bienfaits d’une vraie liberté politique et d’une prospérité économique…
Mgr Lahham : Je n’approuve pas cette affirmation. Les révolutions arabes, à l’origine, n’ont pas été faites contre les chrétiens. L’origine n’a jamais été religieuse, elle a été sociale, économique, et civique. Après, des mouvements islamistes sont entrés en jeu et ont affecté la présence des personnes de confession chrétienne. Mais ce n’était pas le but des révolutions arabes : c’est une conséquence, qui selon moi s’estompera. C’est une parenthèse parce que les islamistes qui se sont emparés du pouvoir en Tunisie et en Egypte ont subi un échec cuisant. Par conséquent, le mouvement islamiste politique fait profil bas, ce qui me laisse espérer que les sociétés arabes, après ces quatre ans de tumulte, seront plus libres et plus souples vis-à-vis des chrétiens.

L’un des problèmes majeurs dans les pays arabes – exception faite du Liban, de la Tunisie et de l’Algérie – est que la liberté religieuse est entendue uniquement comme liberté de culte. La liberté de conscience n’existe pas, on ne peut choisir sa propre croyance. Et dans des pays comme le Maroc et l’Iraq, la conversation au christianisme est passible de la peine de mort. Que font les « églises du calvaire » – comme vous les avez surnommées – pour transformer cette situation ?
Mgr Lahham : Ces églises ne peuvent rien faire. Cette loi dépend des constitutions musulmanes. Et tant que le fondement de la législation sera la Charia, cela ne changera pas : la Charia interdit le passage de l’islam à une autre religion. La réponse ne peut être que dans une évolution longue et difficile, des sociétés arabo-musulmanes en des sociétés civiles, où la liberté religieuse se vit aussi en liberté de conscience.

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