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La canonisation : quel symbole pour l’Église ?

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Le biographe de Jean Paul II, Bernard Lecomte, explique la portée symbolique et politique de la canonisation.

23/04/14

Interrogé par Manuela Affejee de Radio Vatican, le journaliste Bernard Lecomte, spécialiste de la papauté contemporaine et biographe de Jean-Paul II, nous livre son éclairage sur la portée symbolique et politique de la prochaine canonisation de Jean Paul II et de Jean XXIII. 

Le 17 avril prochain, le pape François, sans doute en présence du pape émérite Benoit XIV, canonisera deux de ses prédécesseurs, et pas des moindres : Jean XXIII et jean Paul II. Pourquoi l’Église choisit-t elle de canoniser en même temps deux figures aussi immenses, deux papes ?

Bernard Lecomte : Il y a dans le projet de cette double canonisation d’abord, le fait de proposer à la vénération des fidèles et de proposer comme exemple au monde entier deux personnalités incontestablement exceptionnelles, qui ont fait le bien, qui sont des images, des incarnations du message évangélique, cela ne fait aucun doute. Mais ce sont des papes. Et quand on canonise des papes, on se heurte forcément à un problème. Bien que ce soit l’homme, la personne, qui est canonisée – et d’ailleurs, l’Église canonise bien la personne de Roncalli et de Wojtyla – l’Église ne canonise pas le pontificat de chacun de ces hommes là. Moyennant quoi, on ne peut pas s’empêcher de constater que si le pape François a choisi ces deux papes là, c’est vraisemblablement pour mettre fin une bonne fois pour toute à tout ceux qui critiquent le concile. En effet, s’il y a bien deux figures qui sont éminemment conciliaires, c’est vraiment Jean XXIII et Jean-Paul II. On ne peut pas s’empêcher de faire ce parallèle.
 
De même, on ne peut pas s’empêcher de rappeller que ici ou là, l’Église, la Curie ont eu des tentations un peu « politiciennes », je dirai. Rappelons-nous que lorsque Jean Paul II lui-même a béatifié Jean XXIII, la Curie avait souhaité qu’il béatifie également le pape Pie IX. Jean XXIII était considéré comme un grand réformateur à cause du concile, et le pape Pie IX était lui plutôt considéré comme un conservateur puisqu’il était le pape du Syllabus [recueil rédigé par Pie IX publié en 1864, NDLR] et de l’anti-modernisme. Il y a donc ces équilibres un peu politiciens qui, ma foi, sont un petit peu gênants. Mais après tout, l’Église, ce sont des hommes. Elle est aussi politique, et elle se heurte à ce genre de problème.
 
Quel est le message que l’ont veut adresser au monde, par ces canonisations ?
Bernard Lecomte : Je m’en réfère à Jean Paul II, qui est le pape qui a « relancé », en quelque sorte, cette tradition des béatifications et des canonisations puisque lui-même a béatifié et canonisé plus de personnes que tous ses prédécesseurs. Mais je me rappelle que Jean Paul II, lui le communicant, lui l’homme du monde moderne, avait cette idée que dans le monde, dans notre société d’aujourd’hui, hyper-individualiste et un peu « people » l’Église pouvait proposer des modèles de vertu, des modèles de vie. Et il n’y a rien de plus moderne que de justement proposer des figures à ses contemporains. Au fond, pour caricaturer, […] c’était ça son projet : « après tout, les médias, les entreprises, les dirigeants, la societé donne bien en exemple des gens comme Madonna, tout à fait estimables d’ailleurs, et bien pourquoi ne pas leur donner à la place Mère Teresa ? […]
 
Par ces canonisations, l’Église veut proposer des vrais modèles de sainteté au monde, mais ne prend elle pas également le risque d’exacerber un peu un culte de la personnalité dont le pape François lui-même est victime ?
Bernard Lecomte : Le pape François, on le voit bien, a une peur bleue du culte de la personnalité. Il déteste ça, à l’évidence, et il a déjà mis en garde contre ce défaut là. Alors évidemment, quand il canonise quelqu’un comme Jean Paul II, il prend un risque, puisque Jean Paul II lui-même suscite dans certains pays et pas seulement en Pologne, une sorte de culte de la personnalité. On a beaucoup aimé ce Pape, il a suscité une « génération JP II », il y a des statues de lui, des rues à son nom… C’est d’ailleurs probablement pour ça, me semble-t-il, que le pape François n’a pas voulu se contenter de canoniser Jean Paul II, et qu’il a également joint Jean XXIII. Cela permet de minimiser un petit peu le coté excessif du culte rendu à Jean Paul II. Comme il y a deux Papes, on est obligé de diviser le culte de la personnalité par deux. Cela atténue un petit peu cet impact que le pape François redoute absolument. 

Écouter l’interview sur Radio Vatican en cliquant ici. 

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