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Qu’est-ce que le purgatoire ?

© Ladida / ISTOCK

La rédaction d'Aleteia - aleteia - Publié le 17/04/14

C'est un état (et non un lieu) par lequel les âmes des défunts passent pour obtenir, au bout d’un processus de purification, cette sainteté qui leur est nécessaire pour entrer dans la Joie du Ciel.

Notre façon de vivre n’est pas sans importance. La mort n’est pas une éponge qui efface comme par magie tout le mal fait et le péché commis. Rares sont ceux qui, à l’heure de la mort, sont purifiés au point de pouvoir s’immerger directement dans la sainteté de Dieu. La grâce de Dieu qui sauve n’exclut pas la justice.

Avec la mort, l’homme se trouve devant un choix de vie définitif. L’Eglise enseigne que ceux qui ont mené une vie très pure et meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, totalement purifiés, vont directement au Ciel.

A l’inverse, il y a ceux qui sont morts en ayant commis des fautes très graves, sans s’être repentis et sans accueillir l’amour miséricordieux de Dieu. C’est cet état d’auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu qu’on désigne par le mot « enfer ».

Cependant, face à ces deux situations, nous comprenons que ni l’une ni l’autre ne sont courantes dans l’existence humaine. Le cœur de l’homme vit constamment face à ses limites et ses refus d’accueillir pleinement l’amour de Dieu.

Dans sa Lettre Encyclique Spe Salvi, le pape Benoît XVI reconnaît qu’au plus profond de la plupart des hommes, il reste « une ultime ouverture intérieure pour la vérité, pour l’amour, pour Dieu ».

Mais, dans les choix concrets de vie, cette ouverture à Dieu est « recouverte depuis toujours de nouveaux compromis avec le mal – beaucoup de saleté recouvre la pureté, dont cependant la soif demeure » (n. 45).

Même ceux qui s’efforcent de vivre en amitié avec Dieu présentent des inclinations déréglées, des failles dans leur constitution humaine, ou encore des caractéristiques incompatibles avec la sainteté de Dieu.

Bien souvent, ce que l’on appelle vertu n’est, en fait, rien d’autre qu’un « culte de soi » : la prudence se révèle comme une forme de lâcheté ; la virilité, comme de l’arrogance ; de l’épargne, de l’avarice ; et la charité comme une forme de gaspillage (Schmaus, “Katholische Dogmatik” IV 2). Que de fois s’installent dans nos cœurs égoïsme, orgueil, vanité, négligence, infidélité…

Le pape pose alors la question : « Qu’advient-il de tels individus lorsqu’ils comparaissent devant le juge ? Toutes les choses sales qu’ils ont accumulées dans leur vie deviendront-elles d’un coup insignifiantes? » (n. 44)

Le pape a dans l’esprit la question de la justice. La grâce de Dieu – son secours gratuit –, qui sauve l’homme, n’exclut pas la justice. Ce n’est pas une éponge qui efface tout, de sorte que tout ce qui s’est fait sur la terre finisse par avoir toujours la même valeur. (n. 44).

La compénétration de la grâce et de la justice enseigne que « notre façon de vivre n’est pas insignifiante »; autrement dit que le mal que nous commettons et le péché des hommes ne sont pas purement et simplement oubliés.

L’enseignement catholique considère que l’être humain, dans la mort, a encore une possibilité de se purifier et d’atteindre le degré de sainteté nécessaire pour entrer au Ciel. Le purgatoire est précisément cet état dans lequel les âmes des défunts se purifient. Il n’est pas une chambre des tortures et ne doit pas être motif de peur. Le purgatoire est la dernière chance donnée à l’homme   pour trouver la plénitude et évoluer jusqu’aux possibilités ultimes de son être.

Le mal du monde et de nos cœurs n’est pas purement et simplement oublié avec la mort. Dieu n’est pas seulement grâce, il est également justice. Et toute personne douée de liberté est, en fin de compte, responsable de ses choix et de ses comportements.

Ainsi, ceux qui meurent dans la grâce et l’amitié de Dieu, et cependant imparfaitement purifiés, ont l’occasion de souffrir cette purification après la mort.

L’enseignement catholique considère que le destin de l’être humain dans la mort n’atteint pas un point final statique de l’évolution. Autrement dit, il lui est possible de réaliser un chemin de perfectionnement – de conversion et de purification – après la mort.

Il s’agit de l’ultime conversion de la personne. Devant Dieu, à l’heure de la mort, chacun doit abdiquer, de façon radicale, tout orgueil et égoïsme, et se donner inconditionnellement au Seigneur, plaçant en Lui toute son espérance. Il doit abandonner tout ce qui l’empêche d’aimer Dieu de tout son cœur.

Ce que l’Eglise appelle purgatoire, c’est cet acte final de l’évolution humaine, cette ultime conversion et purification pour plonger dans la communion avec Dieu.

« C’est précisément dans la mort et lors de la rencontre avec Dieu que chaque personne expérimentera, avec une intensité comme jamais encore auparavant, le sens de sa vie vécue. Et en fonction de ce qu’elle aura fait durant cette vie, en fonction aussi de ce qu’elle aura fait à d’autres personnes et dans les situations historiques et structurelles de la vie ici-bas, son union à Dieu sera également liée à une purification vécue de manière plus ou moins douloureuse », affirme le théologien Reinold Bank dans son livre « Escatologia da Pessoa » (Escathologie de la personne).

Cette purification est une ultime chance offerte à l’homme de réaliser le dessein de Dieu, selon lequel nous sommes « prédestinés à reproduire l’image de son Fils, afin qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères » (Rm 8, 29).

Ainsi le Purgatoire ne doit pas être vu comme une chambre de torture cosmique ni ne doit pas inspirer la peur. Le purgatoire est fondamentalement un « nouvel acte, réitéré, de salut de Dieu, afin que l’homme puisse être sauvé » (Blank).

Dieu offre le purgatoire comme une étape pour que la personne puisse atteindre sa plénitude, évoluer jusqu’aux possibilités ultimes de son être, exploiter pleinement toutes ses capacités, et devenir ainsi apte à entrer au Ciel et dans la sainteté de Dieu.

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