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Sorties cinéma : Cristeros, un film à voir

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Cristeros

Père Cédric Burgun - Publié le 15/04/14




Les images, tournées à partir d’archives, montrent comment l’armée exécutait des cristeros ou de simples citoyens à travers tout le pays et suspendaient les cadavres aux pylônes du chemin de fer pour montrer l’exemple et terroriser la population. La petite armée précaire doit se trouver un chef : c’est le général Enrique Gorostieta.

D’abord hésitant, tout en se déclarant athée, l’humble chemin de cet homme dur qui va défendre la liberté de croire ou de ne pas croire, va se transformer en chemin de foi : pourquoi des hommes et des femmes sont-ils capables de donner leur vie ? Sous ses ordres, la petite armée hasardeuse deviendra forte et organisée, comptant près de 50.000 hommes.

Le Vatican, sans approuver la prise d’armes, mais sans la réprouver non plus, condamnera fermement, par la voix du Pape, les agissements du Président Callès. Après une guerre de 3 ans ayant coûté la vie à près de 90.000 hommes dans tout le pays, un accord est trouvé en 1929 grâce aux États-Unis qui font pression, tout en cherchant à préserver leurs intérêts pétroliers au Mexique. Les cloches des églises mexicaines peuvent alors de nouveau sonner et appeler au culte, tandis que les pratiques religieuses sont acceptées, sans toutefois abroger les lois Callès, dont le parti politique, le Parti Révolutionnaire Institutionnel, restera au pouvoir pendant près de 70 ans après cette guerre interne. Il faudra donc attendre 1992 pour que la Constitution mexicaine redonne un statut légal aux communautés religieuses et lève toute restriction à l’égard des prêtres.

Des témoignages de foi et de courage
Ce n’est pas cette histoire, si terrible qui soit, qui m’a ému. Mais à nouveau le témoignage récent et bouleversant de ces martyrs du XXe siècle. La vie, sans être donnée, ne vaut pas la peine d’être vécue. C’est bien le cas de ce général, athée, qui va avoir l’humilité de se laisser interroger et notamment par la figure de ce jeune garçon, José Luis Sanchez. Jouée parfaitement par Mauricio Kuri (cf. la photo), la figure de ce petit martyr, mis à mort parce qu’il refusait de renier sa Foi, ne peut que toucher les cœurs. Il a 13 ans quand la guerre contre les chrétiens commence. José arrive alors à se faire engager par les Cristeros, comme simple aide de camp. Mais il est capturé par l’armée gouvernementale. Il refuse de renier sa Foi et fut torturé, puis assassiné le 10 février 1928, en proclamant « Viva Cristo Rey ! » Il fut béatifié le 20 novembre 2005 avec Joseph Anaclet Gonzales Flores et ses compagnons, laïcs martyrs au Mexique.

Au cœur de ce carême, ce film fut donc pour moi comme un grand témoignage ; un témoignage de plus de la victoire du Christ par la Croix. Il y a dans ce film quelque chose de la lente montée au calvaire du Christ, allant jusqu’au bout de son combat pour la vérité. Une certaine violence, dans ce film, heurtera sans doute les plus jeunes. Elle interpelle aussi et interroge. Jusqu’où pourrions-nous aller pour défendre la vérité ? jusqu’où pourrions-nous aller pour contrecarrer l’injustice ? Le dilemme de ces prêtres cristeros en interrogera plus d’un. Le recours aux armes en choquera d’autres. Mais la légitime défense ne requiert-elle pas, parfois, que l’on cesse d’être naïf ?

Si la réponse à cette question n’est pas si simple (et je laisse le soin à chacun d’y répondre), l’interrogation a au moins un mérite : nous rappeler que la vérité mettra toujours en lumière les parts d’ombres et de violences qu’il y a en ce monde. Et cette mise en lumière ne se fera jamais – ou trop peu souvent – de manière pacifique. Malheureusement, le chemin de la croix sera toujours le chemin de l’humanité pour laquelle la recherche de la vérité et de la paix n’est qu’un inévitable combat. Mais au cœur de ce combat, « les hommes tirent les balles, mais c’est toujours Dieu qui décide où elles atterrissent » (parole du père Reyes Vega, dans le film).
Sous-entendu : nos vies sont dans les mains de Dieu, et, quelle que soit la dureté du combat, Dieu décidera toujours que nous portions du fruit à travers lui.

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ChrétienscristeroscroixFoiliberte religieusemartyrsmexique
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