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Albert Schweitzer, le ‘guérisseur blanc ‘

© Public Domain
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Médecin, missionnaire, musicien, Prix Nobel de la paix… Il est parti il y a cent ans en Afrique, animé par une seule idée : le respect de la Vie.

09/04/2014

« Je ne peux plus ouvrir les journaux missionnaires  sans être pris de remords ». Albert Schweitzer (1875-1965), le « grand docteur », expliquait ainsi très clairement sa décision irrévocable de partir en Afrique. Médecin et missionnaire, mais également musicien, philosophe et théologien, il n’est véritablement devenu célèbre qu’après avoir reçu le Prix Nobel de la paix en 1952 pour son œuvre humanitaire sur le continent africain.

Fils d’un pasteur luthérien, comme le rappelle un article du 1er janvier 2013 du « Mondo e Missione », Schweitzer était doté d’un esprit très ouvert, qu’il a développé dès son enfance dans la communauté de Gunsbach en Alsace, dans laquelle son père s’occupait d’une paroisse partagée entre catholiques et protestants, francophones et germanophones. « De cette église, écrit-il, ouverte à deux cultes différents, j’ai reçu un profond enseignement que j’ai gardé toute ma vie : la conciliation ».

Une valeur qu’il portera en lui durant toutes les longues années d’études philosophiques et théologiques, accompagné par une profonde passion pour la musique classique et en particulier pour Bach, jusqu’à réaliser des disques et à écrire une édition critique des œuvres d’orgues du compositeur allemand. La médecine est arrivée ensuite, telle une vocation dans la vocation.

Il part pour l’Afrique en 1913. Destination : le Gabon. Et notamment la ville de Lambaréné, où accompagné de sa femme Hélène, infirmière, il ouvre un dispensaire dans un ancien poulailler qui deviendra par la suite un grand hôpital, jusqu’à accueillir plus de 150 malades avec leur famille. Puis, grâce à l’argent du Prix Nobel, il construit le « Village de la lumière » pour les lépreux.

On l’appelait le « docteur blanc » et était payé en nature par ses patients : volaille, chèvres, porcs… « Lui, qui était rigoureusement végétarien, distribuait son ‘salaire’ aux plus nécessiteux » (Corriere della Sera, 12 janvier).

Mais au-delà de ses œuvres humanitaires, de ses grandes capacités, de ses nombreux talents et de son charisme, Schweitzer continue de fasciner pour son grand héritage de réflexions et idéaux qu’il a laissé derrière lui et qui apparait encore comme très actuel.

Alors qu’il se rappelait d’un voyage le long du fleuve Ogooué, il écrivit « Le soir du troisième jour, au coucher du soleil tandis que nous passions au milieu d’un troupeau d’hippopotames, j’ai soudain songé à l’expression ‘respect de la vie’. Je cherchais comment lier l’idée de vie et d’éthique ».

Traduit de l’édition italienne d’Aleteia par Mathilde Dehestru.