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Rwanda : 20 ans après le génocide, des blessures encore béantes

AFP PHOTO/STEVE TERRILL
RWANDA, Kigali : Photos of victims of the 1994 Rwandan Genocide hang in the Kigali Genocide Memorial in Kigali, Rwanda on April 7, 2012. In the quickest and bloodiest massacre since the Holocaust, the 1994 Rwandan Genocide claimed approximately 800,000 mostly Tutsi lives in the span of 100 days. AFP PHOTO/STEVE TERRILL
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Le 6 avril 1994 débutait un massacre qui allait faire près de 800 000 victimes en trois mois, majoritairement des Tutsis. Après vingt ans et de multiples procès, la lumière n'est pas faite sur toutes les responsabilités du dernier génocide du XXe siècle.

31/03/2014

Jadis le Rwanda, aujourd’hui la Centrafrique ? La question semble incontournable en ce vingtième anniversaire du génocide rwandais au cours duquel périrent, dans des conditions atroces, quelque 800 000 personnes, hommes, femmes, enfants, en grande majorité des Tutsis.

Que s’est-il passé dans ce petit pays de la région des Grands lacs réputé être la « Suisse de l’Afrique » avant la tragédie ?  Qu’est-ce qui a soudain transformé des personnes paisibles en tueurs massacrant à coups de machette ou par arme à feu leurs voisins, parfois leurs amis, chez eux, au bord des routes, et les traquant partout, forêt ou marais, et jusque dans les églises ? Leur seul « crime » était d’appartenir à l’ethnie tutsie contre laquelle fut soudain lancé un appel à l’extermination, à la « solution finale », au génocide. Mais il y eut également parmi les victimes des Hutus accusés d’être complices de Tutsis parce qu’ils avaient voulu les protéger ou seulement parce qu’ils avaient refusé de prendre part aux massacres. Il fallait tuer pour ne pas être tué.
Les bourreaux étaient des gens ordinaires, certains occupant des postes de responsabilité, policiers, militaires, enseignants, mais aussi, car on aura tout vu dans cette folie collective, des prêtres, des religieux et religieuses ! C’est ce qui frappe le plus dans les procès des « génocidaires » qui ont lieu épisodiquement depuis vingt ans, au Rwanda et ailleurs.

Trois juridictions très différentes : les « gacaca », le TPIR, et les tribunaux ordinaires
1°) Les gacaca : La majorité des Rwandais jugés pour génocide ont comparu au Rwanda, devant des juridictions populaires, les « gacaca », entre 2001 et juin 2012, date de leur clôture. Il s’agit d’assemblées villageoises traditionnelles, présidées par des anciens, et chargées de régler les litiges de la vie courante, mais dont les compétences avaient été élargies au génocide, les faits s’étant souvent déroulés entre habitants d’un même village. 12200 « gacaca » ont permis le jugement de près de deux millions de prévenus dont 65% ont été condamnés à des peines diverses allant jusqu’à la mort : 22 personnes ont été exécutées au Rwanda entre 1996 et 2007, année où la peine capitale fut abolie dans le pays. Il est malheureusement notoire que certains de ces procès ont servi à régler des comptes ou à éliminer des opposants comme l’a dénoncé Human Rights Watch, ONG de défense des droits de l’homme.
2°) Le Tribunal International pour le Rwanda : Les principaux « gros bonnets » du génocide ayant trouvé refuge à l’étranger, c’est dans divers pays occidentaux qu’ils ont été arrêtés ou continuent d’être traqués. Le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) qui devrait  fermer à la fin de cette année 2014, vingt ans après sa création par une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, a condamné des dizaines de responsables du massacre, certains à la prison à vie, tandis que d’autres étaient acquittés. Mais son fonctionnement n’a pas été au-dessus de toute critique : on a dénoncé sa lenteur et même sa partialité, certaines personnalités rwandaises du pouvoir en place à Kigali étant manifestement intouchables…
3°) Les juridictions ordinaires : D’autres génocidaires enfin ont été jugés pour crimes de guerre ou crimes contre l’humanité par les juridictions ordinaires des pays où ils avaient trouvé refuge en Europe, aux Etats-Unis ou Canada…). C’est ainsi qu’en France, l’ancien capitaine de la garde présidentielle Pascal Simbikangwa a été condamné le 14 mars dernier à 25 ans de réclusion pour « complicité de génocide » et « complicité de crimes contre l’humanité ». Il était jugé par la cour d’assises de Paris en raison de la règle de la « compétence universelle ». Celle-ci permet aux tribunaux français, dont la juridiction se limite en principe aux infractions commises sur le territoire national et à celles dont les auteurs ou les victimes sont français, de juger toute personne se trouvant en France quand elle est accusée d’actes réprimés par des conventions ou juridictions internationales, tel précisément le Tribunal international pour le Rwanda.

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